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DEATHCORE  |  STUDIO

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BRING ME THE HORIZON - Count Your Blessings (2006)
Par PINPIN le 4 Décembre 2014          Consultée 2696 fois

L'attention portée à l'égard de ce groupe est beaucoup trop grande, c'est le moins qu'on puisse dire. Entre les adeptes de Death traditionnel qui se moquent et les néophytes qui crient au génie, on a l'impression de revivre la guéguerre du Neo Metal, beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Ce disque aurait dû être considéré comme une œuvre mineure, pas un ratage, une tentative honnête mais sans grandes prétentions, et le monde du Metal s'en serait mieux porté. C'est un peu dommage qu'une aussi grande communauté soit divisée – notamment par les nouvelles sorties comme celle-ci – le fait qu'elle s'étende sur plus d'une génération ne facilite pas l'union, et pourtant c'est aussi une de ses forces. Quelque part on peut comprendre la surprise du public, entendre un groupe d'apparence emo sortir des sonorités plus proches du Death, sur un label de Screamo (visible Noise) est assez perturbant quand on a Corpsegrinder comme référence en matière de visuel. En bref, si l'on s'efforce d'oublier la médiatisation du groupe et de juste se concentrer sur ce premier disque on constate qu'on est face à une sortie modeste mais pas complètement naze, contrairement à ce qu'on pourrait croire.

Pour comprendre l'inspiration de BMTH, il faut remonter au long échange d'influences entre les USA et la Suède concernant le Death. Comme chacun sait, fin 80', les Floridiens inventent le Death, début 90', les Götebourgeois se l'approprient avec le Death Mélodique qui est lui-même réinjecté début 2000 dans le Metalcore américain pour créer ce qu'on devrait appeler Metalcore Mélodique, et enfin vers le milieu des années 2000 de nouveaux groupes de ce dernier genre ont cette idée étrange : "Et si on chantait en death growl ?" (Le serpent qui se mord la queue) créant ainsi ce qui est appelé aujourd'hui Deathcore* et dont BMTH est parmi les premiers à sortir un LP. Cette démonstration a pour but principal de montrer le peu d'originalité de la démarche stylistique de BMTH, il est donc franchement difficile de défendre l'aspect novateur du groupe tant il pourrait être qualifié de KILLSWITCH ENGAGE avec une voix death.

Par contre ce qu'on peut lui reconnaître c'est une qualité certaine en matière de riffs (nombreux sonnent suédois d'ailleurs) et une science du break, breaks innombrables qui sont en fait la seule et unique raison pour laquelle ce disque n'est pas classé dans Death Mélodique. Une sorte d'ARCH ENEMY farci de breaks, donc. Voyez ce que je veux dire par manque d'originalité ? Mais si on met ça de côté, ça n'est pas mal du tout, "Pray For Plague" entame le disque sur le meilleur morceau, et ensuite ça reste assez constant. Les mélodies sont accrocheuses sans être guimauves ou trop faciles, le riffing monocorde – pratique courante dans le Deathcore récent – n'est pas au rendez-vous et c'est tant mieux. Globalement, à part quelques passages lourdingues et irritants c'est plutôt bien fait, et pour couronner le tout ça ne dure pas trop longtemps, 40 minutes, c'est largement suffisant.

Bon là vous commencez à douter de ma capacité à entendre les mediums, je n'ai toujours pas évoqué le chant. Comment parler de BMTH, sans parler de Oliver Sykes ? Son growl est aigu, parfois plus qu'Angela Gossow, c'est dire ! Il arrive qu'il pousse la chansonnette du côté caverneux grave à de nombreuses reprises, comme quoi quand il veut, il peut, son timbre le plus naturel doit être assez clair ce qui expliquerait que ces passages sont assez courts. On pourra dire ce qu'on veut sur sa manière de chanter aujourd'hui, mais sur cet album son growl est très correct, à comparer avec ladite Angela, je ne sais pas si c'est flatteur pour lui, mais c'est le meilleur moyen que j'ai trouvé pour le défendre vu que j'aime beaucoup le chant d'Angela. À l'attention de ceux qui rejetterait Sykes pour son chant, je tiens à préciser que sur "Count Your Blessings" c'est assez différent du reste de sa carrière, jetez une oreille, on ne sait jamais.

Vous l'aurez compris, je joue le rôle de la Suisse, ni très enthousiaste et entièrement conquis à l'écoute de cet album, ni vraiment déçu pour ne pas me faire l'avocat du diable. On tient là un album correct, qui se base sur l'efficacité : le riff plaisant et le break qui fait mosher. J'y attribue un 3,5/5 de sympathie qui me laisse de la marge de manœuvre pour la suite de la discographie. To be continued…


*Version moderne, DYING FETUS et compagnie sont plus vieux et ont la chance d'être reclassés dans la catégorie plus respectable Brutal Death Grind.

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- Oliver Sykes (chant, clavier)
- Lee Malia (guitare)
- Curtis Ward (guitare)
- Matt Kean (basse)
- Matt Nicholls (batterie)


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