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DARK METAL  |  STUDIO

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TRIPTYKON - Melana Chasmata (2014)
Par MEFISTO le 5 Mai 2014          Consultée 8167 fois

La bête groovy, que dis-je, le mammouth grésillant est de retour. L'ovni vole de nouveau pour nous insérer de force une expérience multisensorielle, intellectuelle et artistique marquante et surtout, unique. Tom Fischer et sa bande de grands malades possédés par le génie ont l'audace d'offrir un petit frère à "Eparistera Daimones", un des albums les plus transcendants des dernières années, une pépite d'or noir issue des profondeurs qui vous malaxe les tripes autant avec ses lyrics que ses rythmiques lourdes et ses mélodies hypnotisantes. Voici le dauphin, le troisième d'une lignée débutée avec "Monotheist" de CELTIC FROST, "Melana Chasmata". Si vous connaissez la formule, vous ne serez pas déçus : ça envoie des tonnes de décibels et ça laboure les organes comme un rotoculteur fauche les blés.

Au programme : 73 minutes d'un mélange de suffocation, de moments « tendres », de descentes de manche monstrueuses, de Death/Black/Doom à grande amplitude, bref de Dark Metal pesant et planant. "Eparistera Daimones" numéro 2 !

Outre la qualité et le cachet de leurs grattes, de leurs ambiances cauchemardesques et de leur capacité à nous attirer vers un nihilisme irrésistible, les Suisses de TRIPTYKON sont rapidement devenus pour moi une référence en « Metal enragé ». C'est pas croyable, j'ai envie de tout démolir quand j'écoute les parties musclées de ce "Melana Chasmata", comme les bombes "Tree Of Suffocating Souls", "Altar Of Deceit", "Breathing", "In The Sleep Of Death" et "Black Snow". Je dois me retenir pour ne pas hurler et frapper dans le mur de toutes mes forces !

Les cordes incendiaires et obèses du combo, jumelées à l'intensité du son et des atmosphères, sans oublier la voix de dingue de Tom, rendent l'écoute irréelle. On a parfois de la difficulté à ingérer tout ça, tellement la violence de la musique nous frappe de plein fouet. Pourtant, le combo ne prend pas le TGV, ses accélérations sont souvent à mid-tempo. Alors, quel est le secret pour foutre la trouille ainsi sans verser dans le Funeral Doom poisseux ou le Black/Death horrifique ? Je vous laisserai trouver vos propres réponses, car pour moi, TRIPTYKON est juste malsain et envahi d'une grâce peu commune ; tout ce qu'il touche se transforme en or.

Le groupe sublime même sa recette déjà infaillible en incorporant un ange dans ce brouhaha, cette démolition. Je parle bien sûr de Simone Vollenweider, qui nous invitait à la fin d'"Eparistera Daimones" à s'endormir dans ses bras pour ne jamais se réveiller. Putain, cette voix… TRIPTYKON ne pouvait trouver meilleure antithèse à sa fougue et son courroux que cette gorge cristalline, qui apparaît comme un flocon de neige dans cette marée noire sur "Boleskine House" et "Waiting".

La magie du Dark Metal de TRIPTYKON réside aussi dans les images et lieux infinis qu'il évoque. Tour à tour, on peut s'imaginer et se transporter cent pieds sous terre en train d'agoniser, en asphyxie à des millions de kilomètres dans l'espace, dépressif à l'intérieur d'une âme en peine, enchaîné au-dessus d'une piscine d'acide dans un entrepôt désaffecté… Sur "Melana Chasmata", on sort de soi, on devient un accessoire, un réceptacle pour cette haine musicale. On devient un pantin heureux de se faire planter des aiguilles dans le dos.

TRIPTYKON se positionne facilement dans le top de l'année jusqu'à maintenant. Mon instinct me dit qu'il y restera, car il est trop seul sur son île et supplante la concurrence avec sa carapace en titane, ses griffes rasoir et sa gueule de prédateur quasi impossible à terrasser. On ne peut que s'agenouiller devant un tel massacre, rendre les armes et espérer ne pas sortir trop ensanglanté de la confrontation. On n'entendra pas quelque chose d'aussi inédit avant des lustres, je vous le garantis.

Si vous trouvez un défaut à ce groupe et cet album, merci d'éclairer ma lanterne ! Car objectivement, oui, objectivement, TRIPTYKON est ce que le Metal peut produire de mieux en 2014 en frais d'agressivité sonore et de déboulonnage de certitudes. J'erre encore, je cherche mon ombre que les Suisses ont piétinée.

Podium : (or) "Black Snow", (argent) "Boleskine House", (bronze, ex-aequo) "Tree Of Suffocating Souls" et "Altar Of Deceit".

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- Tom Gabriel 'warrior' Fischer (chant, guitare)
- Victor 'v. Santura' Bullok (guitare, basse)
- Norman Lonhard (batterie)
- Vanja Slajh (basse)
- Simone Vollenweider (chant)


1. Tree Of Suffocating Souls
2. Boleskine House
3. Altar Of Deceit
4. Breathing
5. Aurorae
6. Demon Pact
7. In The Sleep Of Death
8. Black Snow
9. Waiting



             



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