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HARD ROCK  |  LIVE

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1969 Kick Out The Jams
1970 Back In The Usa
1971 High Time
 

- Style : The Runaways
 

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MC5 - Kick Out The Jams (1969)
Par BAAZBAAZ le 30 Août 2012          Consultée 4680 fois

Est-on obligé d’aimer ce disque ? Vu le concert de louanges qui lui est adressé depuis plus de quarante ans, oser le critiquer est presque une hérésie : "Kick Out The Jams" serait – au choix – l’un des plus grands live de tous les temps, l’essence du Rock, un brûlot contestataire et subversif et le précurseur du Punk et du Metal… C’est beaucoup. Et surtout, c’est faux. Mais faire entendre une voix discordante sur ce soi-disant monument n’est pas si facile. Parfois, le passage du temps suffit à dégonfler comme une baudruche la réputation exagérée d’albums que seule la consommation excessive de drogues a pu faire prendre pour des chefs d’œuvre : l’affreux Tommy des WHO, dieu merci, ne trompe plus personne. Mais ce MC5, pour sa part, fait encore illusion.

Et pourtant… Dès 1969, à peine deux mois après sa sortie, Lester Bangs – qui n’était pas le premier venu – tirait la sonnette d’alarme et éreintait magistralement ce disque dans les pages de Rolling Stone. Ses arguments étaient limpides : "Kick Out The Jams" n’était à ses yeux qu’un vulgaire produit consumériste à destination d’une jeunesse crédule se faisant refourguer ici une musique hideuse jouée par des plagiaires. Il dénonçait ainsi la nette ressemblance entre "Come Together" et "I Can See For Miles" des WHO, ou entre "I Want You Right Now" et "I Want You" des TROGGS. Les contrefaçons étant très inférieures aux originaux, la seule raison du succès des MC5 était selon lui leur arôme pseudo-contestataire.

La plume de Bangs était savoureuse, mais il s’agit en partie d’un faux procès. Dès le milieu des années 60, la scène garage américaine naît en imitant les groupes anglais. Sans compter qu’à l’époque, tout le monde copie tout le monde et reprend les mêmes chansons ("Gloria" de THEM est jouée par des milliers de gamins), parfois ouvertement ou le plus souvent en volant discrètement un riff ou une mélodie. Les MC5 de Detroit, qui ne sont à la base qu’un groupe garage parmi d’autres, bricolent leurs compositions de la même façon. Pas de quoi fouetter un chat, donc. Mais ce qui étonne avec le recul est qu’ils aient eu une telle postérité alors même qu’ils n’étaient pas plus doués que la moyenne.

Or, là où Bangs avait raison est que la renommée du disque repose sur deux coups de génie marketing : c’est un enregistrement live, censé incarner l’énergie rock par excellence, et le discours du groupe – qui a pris comme manager le poète et militant d’extrême-gauche John Sinclair – se veut insurrectionnel. Et c’est là qu’un peu de lucidité ne fait pas de mal. Un live mythique ? Vraiment ? Certes, pour leur premier album, les MC5 ont fait preuve d’un certain culot. Mais le résultat est tragique : le groupe n’a pas de répertoire et aucune composition digne de ce nom. Il patauge dans le Blues ("Motor City Is Burning") ou s’embourbe dans d’interminables élucubrations hippies ("Starship"). Peu importe que ces musiciens aient été de vraies bêtes de scène. Peu importe que leurs concerts aient été foudroyants. Car pour ceux qui n’étaient pas au Grande Balroom ces soirs-là, il faut une sacrée dose d'auto-persuasion pour aimer ces chansons informes, plus ou moins improvisées, souvent répétitives et paradoxalement très monotones.

Qu'en est-il alors de la fameuse "Kick Out The Jams" ? Tout comme "Borderline" (sortie en single en 1968 dans une version studio), c’est une chanson assez solide, un bon Hard Rock. Et les MC5 la jouent avec une concision bienvenue au regard de ce qu’on entend ailleurs sur le disque. Est-ce suffisant pour crier au chef d’œuvre ? Certainement pas, d’autant plus qu’il faut faire un sort à l’idée que l’on aurait ici la naissance du Punk ou de quoi que ce soit d’autre. Mille groupes garage américains ont affiché la même violence et la même énergie, allant parfois plus loin. Dès le milieu des années 60, les SONICS faisaient preuve de bien plus de folie et de fureur. Sans parler des SEEDS, des COUNT FIVE… Ennuyeux et inégal, "Kick Out The Jams" n’est fondateur de rien de tout.

Reste que les MC5 ont su échapper à l’anonymat en jouant les subversifs. A une époque où la moindre posture contestataire faisait vendre, ces rebelles de pacotille ont alimenté le bon vieux mythe du Rock révolutionnaire. Comme si gratter une guitare ou taper sur une batterie avait jamais eu le moindre impact politique… Un peu comme les CLASH – autres guérilleros d’opérette –, ils ont enrobé leur musique de vagues diatribes protestataires (ces "brothers and sisters" ridicules…) destinées à ébranler l’esprit fragile de leur jeune public bourgeois. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Live médiocre, chansons bâclées et trop longues, digressions indigestes, marxisme en toc… Non, vraiment, il n’y a aucune raison de se sentir obligé d’aimer ce disque.

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   (2 chroniques)



- Rob Tyner (chant)
- Wayne Kramer (guitares, chant)
- Fred 'sonic' Smith (guitares)
- Michael Davis (basse)
- Dennis Thompson (batterie)


1. Ramblin' Rose
2. Kick Out The Jams
3. Come Together
4. Rocket Reducer No. 62 (rama Lama Fa Fa Fa)
5. Borderline
6. Motor City Is Burning
7. I Want You Right Now
8. Starship



             



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