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SOLEFALD - Norrøn Livskunst (2010)
Par MEFISTO le 6 Décembre 2010          Consultée 6147 fois

Le problème, et aussi l'avantage, avec le Metal avant-gardiste, est que chaque album ne se ressemble pas. Il est donc quasi impossible de remarquer une progression ou une logique derrière le travail de ces orfèvres du grand n'importe quoi (i.e. des mélanges improbables qui déplaisent aux puristes mais qui ravissent les amateurs de découvertes et de chaos). SOLEFALD ne fait pas l'unanimité depuis ses débuts planants sur "The Linear Scaffold", où on sentait déjà l'amour du groupe pour le Black, les claviers et les ambiances disjonctées rappelant vaguement une imagerie épique… viking. Les années ont passé et depuis la sortie de leur duo "Red/Black", les Norvégiens n'ont pas que des amis. Surtout pas sur NiME, mais ça, c'est la vie.

Loin d'être mauvais, ces deux albums (même ensemble) n'arrivent pas à la cheville de cette cuvée 2010, un opus incroyable qui marquera certainement l'année. Divisé en trois sphères distinctes, ce "Norrøn Livskunst" est une synthèse, disons-le ainsi, des meilleurs stratagèmes du groupe… avec quelques surprises complètement folles. Le concept gravite autour d'une nation scandinave du début du 20e siècle qui découvre ses racines culturelles, son « art de vivre ». Eh bien laissez-moi vous dire que les vétérans ont enfin trouvé les leurs pour de bon avec ce joli capharnaüm écrit presque entièrement en vieux norvégien pour coller au concept. SOLEFALD offre aussi son premier solo de guitare (!), joué par Vangelis Labrakis. Je vous laisse le trouver…

Bon, la décortication de ce savoureux homard maintenant…

Il y a tout d'abord les morceaux tendres, mettant en valeur Lars Nedland, la douceur du groupe et sa disposition à coucher de vibrantes mélodies bien aérées, où les chœurs et voix féminine ne se gênent pas pour en rajouter. Lars Nedland alias Lazare, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, est une des plus belles voix claires de Norvège. Il a officié notamment dans le combo progressif AGE OF SILENCE, dans ASMEGIN, CARPATHIAN FOREST et fait toujours partie de BORKNAGAR et SOLEFALD, son principal bébé dont il a la garde partagée depuis 1995 avec Cornelius, le maître des cordes du duo. Je lui trouve même des airs de Jon Anderson, leader de YES, entre autres sur "Waves Over Vallhalla".
Mais ne vous attendez pas à de longues litanies/narrations comme sur les albums précédents, SOLEFALD a appris de ses erreurs. Lazare parle peu en roulant ses R et se contente de chanter comme un vrai barde à la gorge multicolore.

L’album décolle avec "Song Til Stormen" et "Norrøn Livskunst", une plage sur laquelle un vent doux et une bruine froide s’entremêlent. Un baume cotonneux où les jeux de voix sont fameux, qui fait rétro un peu avec ses atmosphères léchées. Si on se réfère au concept, les jeunes artistes débutent leur quête culturelle en fouillant dans leurs tripes pour en extraire les plus profonds sentiments. Cette tendresse et profondeur ne seront jamais plus vraies que sur la clôture "Til Heimen Yver Havet" (lente comme une planante procession) et la jazzy/prog "Eukalyptustreet", longue de 8 minutes, qui fait très piano-bar. Surveillez la montée en puissance des chœurs, véritable crescendo de jouissance auditive durant lequel les Norvégiens font comprendre le sens du terme « avant-garde ». Au diable les préjugés, SOLEFALD s’assume, l’a toujours fait et le fera toujours. Écoutez ses premiers albums, vous comprendrez !

Il y a ensuite les morceaux « carapace », ceux qui ont la « couenne dure » comme on dit par chez nous. Il en faut toujours de ceux-là pour contrebalancer la douceur, non ? Eh bien SOLEFALD enfonce le clou comme jamais. La pièce-titre met la table pour la lourdeur et le caractère hétéroclite dont SOLEFALD est facilement capable de faire preuve sur ce "Norrøn Livskunst". L'orgue très 70's à la ELP fait aussi son apparition. "Raudedauden", l'excellente et sombre "Waves Over Vallhalla" et ses claviers déments ainsi que "Hugferdi" (qui contient de belles parties aériennes), complètent ce carré d'as. On y retrouve un Black soyeux, organique et hurleur aux riffs et mélodies instantanément mémorables. Vous aimiez le travail des guitares et des claviers sur les skeuds précédents ? Vous ne pourrez résister à ceux de "Norrøn Livskunst" !

Finalement, et c’est là que SOLEFALD passionne et surprend, les morceaux bizarroïdes. On y retrouve le « vrai » avant-gardisme des Norvégiens, sa vraie folie et sa grande originalité. À commencer par Tittentattenteksti, la plus hallucinante performance de la part d’une chanteuse Metal dont j’aie pu être témoin depuis belle lurette. Agnete Kjølsrud est foutrement excitée, l’entendre chanter comme une enfant est une expérience en soit. Surtout qu’elle nous gratifie du refrain le plus accrocheur de la galette ! Sa participation sur "Gateways" sur le dernier album de DIMMU était certes solide, mais ce n’est rien comparativement à ce "Tittentattenteksti". Décidément, c’est l’année d’éclosion de la blonde criarde !

La suivante sur la liste est "Stridsljod (Blackabilly)", qui swingue à qui mieux-mieux et qui vous fera dire « what ze fuck ?!!!» pour la deuxième fois. Du rockabilly en Metal ? DIABLO SWING ORCHESTRA n’est pas loin ! Un peu quand même, SOLEFALD a sa griffe et sait bien utiliser le saxo. On déplorera toutefois l’absence du violon, présent sur les autres albums et qui conférait une petite touche vieillotte et épique. Mais les Norvégiens compensent par une fougue incroyable et une imagination percutante, dont le summum est traduit par "Vitets Vidd I Verdi". Morceau à tiroirs sur lequel Agnete est invitée une deuxième fois à cracher son venin, par-dessus un clavier prog et un saxo entraînants. Ses chœurs sur les couplets foutent des frissons…

En nous gratifiant d’un plat contenant autant de saveurs différentes, SOLEFALD fait parler son expérience et confirme sa place parmi les meilleurs combos de Black avant-gardistes. Et le pire est que ce "Norrøn Livskunst" est assez accessible malgré son excentricité.

Un skeud qui frôle la perfection et qui amuse durant de longues heures en boucle. « Amuser ». Un verbe qu’il ne faut pas oublier lorsqu’on parle de Metal et de toute musique, car c’est la base de tout. SOLEFALD maîtrise dorénavant cet aspect fondamental en atteignant le pic de sa montagne pour y planter le drapeau du plaisir.

Note : 4,5/5.

Podium : "Norrøn Livskunst", "Tittentattenteksti" et "Vitets Vidd I Verdi".

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   (2 chroniques)



- Lazare (chant, synthé, batterie)
- Cornelius (chant, guitare, basse)
- Agnete Kjølsrud (chant sur 'tittentattenteksti' et 'vitets vidd i verdi')


1. Song Til Stormen
2. Norrøn Livskunst
3. Tittentattenteksti
4. Stridsljod, (blackabilly)
5. Eukalyptustreet
6. Raudedauden
7. Vitets Vidd I Verdi
8. Haugferdi
9. Waves Over Vallhalla (an Icelandic Odyssey Part 3)
10. Til Heimen Yver Havet



             



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