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BLACK ATMO PSYCHÉ  |  STUDIO

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A FOREST OF STARS - Opportunistic Thieves Of Spring (2010)
Par MEFISTO le 18 Juin 2010          Consultée 4778 fois

On nous promettait avec "Opportunistic Thieves Of Spring" de nous projeter dans un « monde caché », « a world beyond ». Un autre monde. Comme si "The Corpse Of Rebirth" ne nous avait pas assez sidéré…

N'eut été de son égérie Black, A FOREST OF STARS me ferait replonger dans le genre de truc que pondait IN THE WOODS : cette ambiance baroque, forestière, cirquesque, qui plane constamment. Cette folie sous-jacente, je dirais même cet humour, ce lâcher-prise, cette attitude joyeuse du groupe à faire de la musique pour s'amuser, à avoir un sacré plaisir à créer. S'amuser à se surprendre, à sursauter en se regardant dans le miroir, à prendre des chemins parallèles et perpendiculaires, comme le faisait IN THE WOODS et son Gothique caméléon. Et je vous préviens, certains critiques y voient du AGALLOCH, alors… Tout est possible !

Se surprendre en faisant croire à l'auditeur qu'il n'avait pas d'objectifs clairs en composant telle pièce, qu'il se donnait une marge de manœuvre immense, un espace d'improvisation où les breaks pulluleraient comme les lilas au printemps. Oui, les lilas, car ce ne sont pas les fleurs noires qui prédominent sur "Opportunistic Thieves Of Spring", il y a de la couleur anti-dépression. Le son s'est raffiné autour de la diversité, encore la reine du bal de cet étourdissant conte... Et il se dégage de ce capharnaüm béni une aura positive décidément Dark Metal. Oui, positive, même si ses guirlandes ne sont pas que fluos.

Se surprendre à accumuler de la note douce ou excitée (mais toujours fuzzée, sauf lors des envolées éthérées sèches) à la guitare sous couvert d'une voix de loup pas dégriffé, ou de chœurs qui se chamaillent (chapeau à Mister Curse pour ses trouvailles mirobolantes), de violon magnifique sonnant parfois comme de l'harmonica, de flûte enchantée, de piano de saloon et de clavier ambivalent... Je continue ? N'oublions pas cette batterie souvent jazzée, tempérée, lorsque les trémolos des gratteurs s'estompent pour laisser la place à une propension surabondante de couches atmosphériques.

AFOS est libre, poussé par cette volonté de ne pas être étiqueté. C'est pour cela que les Anglais sont si difficiles à qualifier, car ils sont tantôt touchants, planants, agressants, tribaux, absurdes, expérimentaux… Pas besoin de vous faire un dessin. De toute façon, mes esquisses sont si pourries que vous ne comprendriez pas, alors… On a inventé le terme « Dark » pour cela : c'est flou comme image, ça ratisse large et ça qualifie presque parfaitement l'inommable.

Je peux comprendre les points d'interrogation qui poussent sur le visage des amateurs de Black Atmo à l'écoute de AFOS, style que pratique de temps en temps le quintette, mais son puzzle est bien plus complexe que cela. Il recèle plus de questions que de réponses, pas mal plus de sentiments profonds que de sourdes colères, de souffles tendres que d'agitation cardiaque. A FOREST OF STARS est un trouble-fête, ça oui, surtout auprès des métalleux à la recherche de style clair et défini (oui, je sais, c'est la norme maintenant, pas besoin de sortir votre ironie mal placée, mes frères et sœurs…).

La manière dont je vois les choses est simple : AFOS est tiraillé entre le branlage de manche mélodique à la WITTR et l'ambiant/gothique à l'eau de rose tirant sur l'horrifiant (merci au violon, au clavier et au chant pour ce point). Il ne sait s'il préfère que les amateurs le prennent pour un assassin ou un romantique. Et c'est là toute sa beauté, sa profondeur, son unicité. Il vous assènera le riff de votre semaine ou vous plombera de longs bridges vaporeux que vous auriez sans doute biffés au montage... dépendamment de votre écurie.

Sauf que le patron, c'est pas vous, c'est lui. Et s'il a implanté trois minutes de quasi silence dans un morceau, c'est qu'il a une raison bien précise qu'il ne vous expliquera pas de long en large. Vous devrez souffrir, jurer, pour la trouver… ou la ressentir plutôt. Car AFOS se déguste, se vit, ne se comprend pas. Oui, c'est une Œuvre d'art noire comme disait Guud, mais pas à cause de sa manie de sniffer de la suie ou de ses invocations sataniques. Car il est aussi perfide que le corbeau se repait de la chair d'un moineau, aussi subtil qu'une mante religieuse, aussi joli et heureux qu'un paon vaniteux, aussi troublant qu'une trame sonore ou un orchestre symphonique, aussi brûlant qu'une flamme et aussi froid qu'une morgue.

AFOS, autant sur "The Corpse Of Rebirth" que sur "Opportunistic Thieves Of Spring", tire à boulets rouges sur des émotions partagées. Il émane de ces deux disques un sérieux très britannique (image que le groupe utilise d'ailleurs pour se présenter), mais aussi une fougue et un je-m'en-foustisme, comme si le conformisme anglais guindé pouvait être secoué un brin pour en laisser s'échapper des poussières de qualité (ouh, la reine tremblerait de colère en lisant ça...). Je vous préviens donc de ne pas sauter aux conclusions après la première plage, car vous risquez d'être déçu. Attendez-vous à absolument tout. Et bon Dieu, soyez patient et ne lancez pas la serviette avant la toute fin !

Note réelle pour une musique irréelle : 4,5/5.

PS: Allez faire un tour sur leur site officiel au www.aforestofstars.co.uk, ça vaut le coup d'œil…
PS2 (pas le jeu, le post-scriptum #2, tssss…) : Pourquoi pas une Sélection du site ? Parce que "The Corpse Of Rebirth" est un tremplin assez impressionnant comme ça. Le groupe a une notoriété assez impressionnante après un seul album, sur NiME du moins, alors pas besoin de gerbes de fleurs.

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   MEFISTO

 
   PERE FRANSOUA

 
   (2 chroniques)



- Mister Curse (chant)
- Katheryne, Queen Of The Ghosts (violon, flute, chant)
- Mr T.s. Kettleburner (guitare, basse, chant)
- Mr John 'the Resurrectionist' Bishop (batterie, percussions)
- The Gentleman (clavier, piano, percussions)


1. Sorrow's Impetus
2. Raven's Eye View
3. Summertide's Approach
4. Thunder’s Cannonade
5. Starfire’s Memory
6. Delay’s Progression



             



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