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ISOLE - Silent Ruins (2009)
Par MEFISTO le 20 Avril 2009          Consultée 1736 fois

Dire que les Suédois d’ISOLE sont très productifs depuis la création de leur entité Doom épique serait un euphémisme. Démo en 2004, deux albums en autant d’années, une pause d’un hiver et deux autres skeuds, dont leur dernier, "Silent Ruins - Redemption Part I" paru en mars 2009 ! Et pas des opus maigrichons comme certains groupes accumulent ! Quatre offrandes d’une moyenne de 54 minutes, fouillées et inspirées.

Formé notamment de trois membres d’une autre créature doomesque, FORLORN, ISOLE ne fait pas seulement prétendre accoucher de musique épique, il livre la marchandise. Épique dans le sens de structure « carrée », de virilité bien dosée et d’émotions filtrées à la perfection. Laissez vos mouchoirs à la maison pour cette promenade dans un erg plutôt particulier.

Ce qui retient l’attention après de savantes écoutes est cette aisance qu’a le combo de traiter de sentiments malaisés à aborder (la routine pour les fans de Doom) : impossibilité d’échapper à ses blessures, regrets, errance de l’âme dans un corps solide. Quel est leur truc ? Un indice nous est fourni sur la pochette, sur laquelle deux oiseaux de proie (des vautours ?) sont posés sur un arbre chétif sur lequel semble griller le soleil d’un désert de pierres.

À travers cette étendue maussade, les envolées vocales de Daniel Bryntse, souvent aériennes, sont dignes d’un guerrier victorieux qui récite les exploits de ses camarades sur le champ de bataille. Ces derniers le secondent d’ailleurs admirablement en chœur et rehaussent la densité des paroles. Or, vous n’entendrez pas de hurlements ou de samples clinquants de croisades ensanglantées, la sphère qu’explore ISOLE est davantage intérieure : la peine et les douleurs existentielles, thèmes si chers et propres au Doom, sont passés au tamis avec une sincérité somme toute assez touchante. Le chant oscille donc entre la clarté du jour et les assombrissements de la nuit.

ISOLE utilise énormément cette image dans ses textes, joue avec les teintes noirâtres et colorées afin d’illustrer la dualité de l’être. Les métaphores sont également abondantes, tout comme les références physiques de leur espace d’inspiration telles que la terre, le vent, les nuages, qui sont abondamment cités. Au fur et à mesure, on comprend qu’ISOLE avait simplement l’intention de faire flotter notre esprit au-dessus de ces plaines arides qu’il décrit sans grande poésie. Ces plaines arides où sont éparpillées les cendres d’un cœur meurtri rongé par un passé dévastateur… Un cœur dont les prières ne seront jamais exaucées. Le temps a filé et a tout emporté avec lui, amours et passions.

ISOLE axe ses compos sur les mélodies d’abord et évite les déversements de mélancolie malgré l’imagerie qu’il peint ; le narrateur assume en majeure partie ses déboires et ne cherche pas à nous assécher par les larmes. Les seuls écarts troublants qu’il se permet proviennent d’une guitare acoustique, et, à la rigueur, de certaines complaintes (la planante "Soulscarred" et la nostalgiquement tristounette "Peccatum").

Les autres réussites de l’album, dont la superbe "From The Dark" ou la peu sympathique "Nightfall", demeurent à bonne distance du mélo en alliant les riffs corpulents et les atmosphères funéraires vigoureuses. Orgue et guitare charnue s’en chargent, alors que la batterie ne s’énerve que rarement et vient en renfort à plusieurs couches de sons touffus et foutrement agréables à gober. "Dark Clouds" ferme la marche sur une rude mais imposante note en bouclant la boucle ardemment défendue d’un pôle à l’autre. Rien de renversant toutefois, il faudra probablement attendre la deuxième partie de ce processus de rédemption afin d’être illuminé par la grâce !

Efficace et d’une signature personnelle irréprochable, la musique d’ISOLE est marquante à bien des égards. Sombre et aveuglante à la fois, basique dans les griffonnages et complexe dans le tapissage sonore, il stimulera la curiosité de tout doomer. Oui, on peut encore traiter de mal de vivre, vomir des regrets et maudire le ciel sans tomber dans la caricature. Tout dépend de la manière d’amener ces petits plaisirs existentiels…

Note: 3,5 (la note parfaite pour un groupe qui tangue entre le couronnement et le casse-tête inachevé)

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- Daniel Bryntse (guitare, voix)
- Henka (basse, voix)
- Crister Olsson (guitare, voix)
- Jonas Lindström (batterie)


1. From The Dark
2. Forlorn
3. Nightfall
4. Hollow Shrine
5. Soulscarred
6. Peccatum
7. Dark Clouds



             



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