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BLACK METAL  |  STUDIO

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2003 2 Salvation
2009 Maranatha
2018 1 Hekatomb
 

- Membre : Marduk, Thyrfing, Dark Funeral

FUNERAL MIST - Maranatha (2009)
Par MEFISTO le 6 Mars 2009          Consultée 4654 fois

Le combo suédois FUNERAL MIST avait créé une commotion dans le mondain univers du Black en 2003 avec "Salvation". Les critiques et les commentaires furent dithyrambiques, tout un chacun s’agenouillait devant ce sacrifice à l’autel blasphématoire. Cinq ans plus tard, les fidèles infidèles attendent avec impatience le retour de l’émissaire prodigue. Eh bien, cette fois, Arioch est seul à la bride de son noir destrier, accompagné d’un débrouillard serviteur à la batterie. Le voilà qui débarque de sa monture en début d’année avec bien des têtes plantées au bout de son bâton de pèlerin. Mais ces crânes sourient-ils ou vomissent-ils leur déception ?

Avant de trancher, un peu d’histoire évangélique, car vous vous morfondez sûrement de connaître la signification du titre de l’album… "Maranatha", mot araméen, apparaît une seule fois dans la Bible, à la fin du premier Épitre de Paul aux Corinthiens. Il veut dire "Adieu". Dans le sens «Vas-t’en si tu n’aimes pas notre Jésus-Christ adoré», ce sens cru et direct-là. Toutefois, si vous séparez le mot ainsi, "Maran" "Atha", cela veut dire «Notre Christ arrive…». Joli, non ?

Ce qui est moins joli est la dualité dans les réactions depuis la sortie de l’opus, en février. Autant "Salvation" avait drainé l’enthousiasme général, autant "Maranatha" divise. Un autre de ces albums que les gens aiment ou détestent. Décidément, le Black ne fera jamais l’unanimité comme IRON MAIDEN ou la première vague METALLICA. Et pourquoi cette dichotomie des avis ? Simplement parce que c’est le jour et la nuit.

"Salvation" ouvrait une brèche dans le temps, "Maranatha" la referme; "Salvation" était archi-violent et primitif, "Maranatha" est construit en montagnes russes et léché à ne plus savoir où frotter. Vous avez apprécié "ROM 5:12" de MARDUK, sur lequel chante justement Arioch, alias Mortuus ? "Maranatha" est construit de la même façon et sonne parfois pareil : des hauts, des bas, des passages imbibés de vin de messe, d’autres à peine mouillés d’eau bénite. Adios la batterie et les riffs à la puissance 10, Arioch est seul sur le champ de bataille, son cheval et son serviteur comme seuls amis. On entend le vent siffler, pas les lames s’entrechoquer…

Bon, trêve de plates comparaisons et rendons-lui ce qu’il lui revient, à ce bougre qui ose nous plaquer dans la figure une des pires pochettes de l’histoire du Black, œuvre d’horreur aux teintes suicidaires sur laquelle on aperçoit une femme nue, probablement la Vierge Marie, écartée et poilue jusqu’aux ovaires, et un petit ange claironnant qui annonce la venue du Messie. Toutes ces belles images vous sont sûrement étrangères, ironiquement parlant…

"Maranatha" est loin d’être mauvais, parce que si le seul argument de cette chronique était qu’il est différent de son prédécesseur, vous m’enverriez sur les roses…

Il y a de très bons moments métalliques sur cet opus, mes chers amis déçus par l’intro. Notamment sur "Blessed Curse", interminable complainte au titre mortellement ironique, où Arioch se vide les tripes et nous assène une mélodique taloche. Mais attendez ? Est-ce du trombone que j’entends derrière ce grésillement de guitares de 12 minutes ? Non, pas possible… SEAR BLISS est invité au concert dans l’église en feu ? Mais oui ! Et cette finale à la trompette sur la dernière plage ?! Des choix judicieux qui jettent par terre et qui prouvent une fois encore que FUNERAL MIST est né pour repousser les limites et allier la brutalité avec le solennel. Cette limite qui frôle l’hystérie et la démesure dans le monologue bestial d’Arioch au rideau d’"Anathema Maranatha".

Et que dire de "Living Temples" et son écrasant tempo et son bridge choral ! D’où viennent ces voix ? De l’enfer ? Oui, les flammes de "Salvation" on les retrouve disséminées à quelques endroits ("Sword Of Faith", "Jesus Saves!", "A New Light", un trio savamment blast-beaté), mais la mitraillette FUNERAL MIST manque de minutions…

Arioch est pourtant très en voix et ne se gêne pas pour la déformer à satiété, en cris animaliers, en étouffements, tel un gros barbare déjanté, question d’ajouter un instrument à son arc. Certes, Arioch-Mortuus demeure un des chanteurs Black que j’apprécie le plus.

Après une bonne dose de "Maranatha", vous ne verrez pas apparaître le Christ dans votre demeure. Surtout pas à l’écoute de "White Stone" (quel ennui, c’est incroyable). Cependant, vous serez surpris, ça oui, par la mutation de votre coup de foudre que vous aviez eu en 2003. Le même genre d’exclamation que les fans d’EMPEROR ont eu quand Ihsahn a sorti «Prometheus» en 2001. Sauf que la vache sacrée du Black Sympho nous avait partiellement préparés à son changement de cap avec "Equilibrium". Ce qui n’est vraiment pas le cas avec Arioch. À moins que vous soyez fan du renouveau de MARDUK, qui est étincelant comme l’était la tombe de l’Empereur…

Alors, que reste-t-il à dire ? Que je prépare mon bouclier pour essuyer vos désaccords ? Ok, mais il ne couvrira pas tout mon corps ce bouclier, car je laisserai de la place aux discussions. "Maranatha" risque d’en créer une multitude dans les prochains mois…

Un généreux 3/5 en espérant naïvement le retour du Christ.

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- Necromorbus (batterie)
- Arioch (tout)


1. Sword Of Faith
2. White Stone
3. Jesus Saves!
4. A New Light
5. Blessed Curse
6. Living Temples
7. Anathema Maranatha
8. Anti-flesh Nimbus



             



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