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DER WEG EINER FREIHEIT - Finisterre (2017)
Par MEFISTO le 27 Août 2017          Consultée 1621 fois

La route vers la liberté, voilà ce que signifie DER WEG EINER FREIHEIT en langue de Goethe. Avouez que juste avec cette traduction, au moins le tiers de cette chro vous paraîtra bancal… Oh oui, vous planez déjà, vous, révolutionnaires, martyrs, politiques, âmes charitables mal-aimées, vous qu'on ne comprend pas, qu'on conspue, qu'on accable de tous les maux terrestres sans raison valable, vous qu'on déteste sur des ouï-dire, vous qui vous sentez seuls et heureux, vous qui êtes père et mère de famille et qui trouvez le bonheur dans le chaos quotidien et le don de soi. J'avais envie de continuer sur une page complète, mais je vais m'arrêter là, mes envies philosophiques ne gâcheront pas votre plaisir, chers lecteurs, même si je sais que vous m'auriez pardonné…

La route vers la liberté. Elle est longue, ardue, sans pitié, vous devez mériter chaque kilomètre que vous parcourez sur elle. Idem avec l'écoute de ce quatrième skeud des Allemands de DER WEG EINER FREIHEIT. Cinq titres, dont deux fluviaux qui vous mettront à l'épreuve, sont gravés à jamais (putain, ce pléonasme) sur "Finisterre", un skeud intense et poignant, mélodique, violent, poétique dans la tourmente et agressant dans les ensoleillements. Bref, comme j'écrivais pour "Stellar" en 2015, le nec plus ultra du Black sous toutes ses formes, à part le Sympho. Une musique crépitant aussi vers le Post, condition sine qua non pour appartenir à l'écurie Black Moderne.

Pour les australopithèques parmi vous qui se vanteraient de connaître ce Black Metal moderne et dont les esgourdes ignorent encore le bouzin que gerbe DER WEG EINER FREIHEIT, eh bien… Je consens à éclairer votre lanterne nourrie à l'agua. Imaginez-vous très en colère contre je ne sais quoi, en ayant la certitude de ne pas être en tort. Imaginez en plus que le monde est contre vous et qu'il pleut, qu'il neige, bref, que le temps maussade n'aide en rien votre humeur. Vous êtes victime de la pire des injustices et en plus, vous êtes du genre à vous en faire pour la planète dans ces cas-là, comme si votre colonne brisée ne vous suffisait pas. Eh bien, vous avez une bonne idée de ce que les quatre Allemands livrent comme message, à grands renforts de blastbeats, de passages atmos et de virulentes décharges transperçant votre sternum jusqu'à vous faire éclater le cœur de bonheur.

Après huit ans d'existence seulement, DER WEG EINER FREIHEIT motive les fans les plus circonspects. Son Black archi belliqueux et mélancolique charme et fascine par son approche dualistique : le sirop de cassis côtoie le vinaigre dans un mix savant, loin d'être sensuel, mais foutrement efficient. Du genre à vous réveiller la nuit en vous demandant : « Docteur, vous pourriez venir opérer ce pauvre bougre, personne ne répond à part vous ?» Oui, car non seulement ce tonique vous gâte, mais il vous donne le pouvoir nécessaire pour devenir une bête capable de sauver la vie de votre prochain, qui se tord de douleur. Cette énergie que vous ne croyiez pas inoculable dans vos pauvres veines de mortel en manque de confiance…

***

C'est à ce moment précis de la chronique que survient une prise de conscience importante pour n'importe quel chroniqueur et, in extenso, pour n'importe quel lecteur avide de renouveau dans nos écrits (donc en Metal, logiquement). Et cette prise de conscience, elle arrive après plus de 1100 analyses d'album, ce qui en soi est un peu pathétique de ma part. Coup de dé, destin, maturité ? Allez savoir… Reste que… C'est maintenant qu'elle a choisi de naître, de s'extirper de son cocon. Ouf… Je deviens vieux… Je me sens comme Canard WC tout d'un coup, je ressens le besoin de vous raconter ma vie dans les détails pour paraître le moindrement crédible, ce qui, normalement, ne devrait pas peser dans la balance ! Mais comme nous sommes de vieux cons pourris par l'expérience et les millions d'heures d'écoute (ouais, ouais, c'est ça), nous nous sentons le besoin de devenir sentimental, peu importe le ou les genres métalliques nous définissant.

Donc, après tout ce blabla, voici cette prise de conscience : l'entité ressentant le plus de pression à la sortie d'un album n'est pas celle que l'on pense. Oh que non ! Pensez-y, juste une milli-minute. D'abord, qui sont les trois parties en jeu ?

1.L'auditeur. Il développe un sens critique avec le temps, mais en frais de pression, ça se compare à un oisillon qui ouvre le bec pour gober son ver. Alors on repassera.
2.L'artiste, le créateur. Il essaie de combiner liberté d'action et attentes élevées. Il a une personnalité unique, est souvent anxieux, tente d'exploiter au maximum son talent pour plaire, tout en ne se travestissant pas trop. Bref, un artiste. Bof. La bonne vieille Bohème d'Azna, avec lilas ou smartphones, même rengaine.
Ceci étant écrit… je vous vois venir avec vos boucliers du tonnerre. Vos foutus airs de bœuf qui avez déjà deviné ce numéro 3 et qui n'êtes pas d'accord, par principe ou par argumentaire. "Finisterre" sera la planche de salut, que vous le vouliez ou non. Alors voilà, après maintes introductions :

Le boulot du chroniqueur demeure le plus difficile parce que le fan lambda ne voudrait pas s'y coller et la majorité des groupes ne créent pas nécessairement pour être ainsi décortiqués au microscope. Ils créent en fonction de leurs envies, pas de la réception par de supposés experts, qui empruntent ce titre après des milliers d'écoutes d'album. Le boulot du chroniqueur est ardu et ingrat, car lui commande de réinventer les qualificatifs, les images, les métaphores, les félicitations, les attaques etc., envers les groupes qui ont réussi ou non leur sortie, même après 10-20-30 ans d'écoutes métalliques. Le boulot du chroniqueur est également ardu et ingrat, car il lui demande de mettre en mots ce que 95% des auditeurs traduisent en onomatopées, en superlatifs et en anglicismes foireux que je ne m'abaisserai pas à écrire ici. Bref, je crève ici l'abcès en mettant blanc sur noir ce que chaque lecteur fidèle à NIME pense. Ce que chaque lecteur de zine en général pense. Que vous veniez ici ou ailleurs pour un auteur en particulier. Ou une note en particulier. Et à voir le nombre de lectures moyen par chronique en fonction de la note, je peux aisément conclure que depuis quelques années, chers lecteurs, vous êtes davantage motivés par les chiffres que les écrits. Là aussi, je crève l'abcès et je ferai plaisir à mes centaines de collègues à travers le monde, qui ont l'impression de fournir plus d'efforts que jamais pour un bassin rétrécissant de lecteurs hardcore et respectueux de la démarche créative de l'artiste ! Mais hey, je vous comprends… Je suis un lecteur aussi… Qui voudrait prendre plus de temps à découvrir et non me faire bourrer par des notes qui souvent ne veulent pas dire grand-chose.

Ce paragraphe bien gras expulsé, je me sens vidé… J'ai le sentiment que je ne rendrai pas plus justice, hommage, à ce "Finisterre", donc je vais taire mes phalanges. Sachez seulement que si j'ai utilisé cet album pour placoter, ce n'est pas par hasard. Il a déclenché en moi toutes ces idées, ces sentiments de justice et de frustration qui dormaient depuis longtemps. Merci DER WEG EINER FREIHEIT de motiver ces prises de tête caractérisant notre travail, car ta musique est riche, somptueuse, organique, authentique et foutrement balèze.

Elle n'est toutefois pas parfaite, car elle appelle trop à l'interprétation de chacun, alors qui suis-je, simple chroniqueur, pour la qualifier d'incontournable ? Je lui donnerai quand même la note de 4/5, car je sais que dans plusieurs années, elle retentira encore comme de la brique en barres !

Podium : pas besoin.

Indice de violence : 3,5/5.

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   MEFISTO

 
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- Nikita Kamprad (guitare, chant)
- Tobias Schuler (batterie)
- Sascha Rissling (guitare)
- Nico Ziska (basse)


1. Aufbruch
2. Ein Letzter Tanz
3. Skepsis Part I
4. Skepsis Part Ii
5. Finisterre



             



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