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BLACK METAL  |  STUDIO

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2003 2 Salvation
2009 Maranatha
2018 2 Hekatomb
 

- Membre : Marduk, Thyrfing, Dark Funeral

FUNERAL MIST - Hekatomb (2018)
Par MEFISTO le 2 Juillet 2018          Consultée 3327 fois

En 2009, ma première nouveauté sur NIME fut "Maranatha", le second album du déjanté projet solo d'Hans Daniel Rostén, alias Arioch, alias Mortuus, dompteur de chèvres en chef de MARDUK. "Maranatha" tranchait passablement avec le superbe et raw "Salvation", grâce à une production plus enrobée et une variété au niveau des structures et tempos. "Salvation" était incontrôlable, bien que génial, aussi les défenseurs de la première heure de FUNERAL MIST avaient-ils lancé des roches au deuxième effort du Suédois, le trouvant trop doux...

Neuf ans plus tard, Arioch a trouvé le temps et l'énergie de créer son troisième blasphème sous FUNERAL MIST, qui sort pratiquement en même temps que le très moyen nouvel album de MARDUK. Vous comprendrez avec la note de ce "Hekatomb" que davantage de sueur aurait pu couler sur le logo de FUNERAL MIST en quinze ans, car bon, bien qu'il soit un solide gueulard de service, Arioch a bien plus à offrir que ses cordes vocales. Ces huit morceaux de grandeur étalés sur 43 minutes en sont la preuve. La preuve ultime, selon mon humble flair…

Car tout le monde a déjà deviné, "Hekatomb" est une tuerie. Une t-u-e-r-i-e. Le genre d'uppercut que vous n'attendez pas et qui vous envoie au tapis avec force, intelligence, stratégie et détermination. La marque d'un artiste qui a réussi à trouver sa voie en bossant seul dans son coin, qui a canalisé sa créativité et offert au monde un petit chef d'œuvre de Black moderne à la sauce primitive, une pépite obscure et occulte qui mystifie, divertit et stimule tous les neurones à des degrés divergents à chaque tournant.

Le premier atout de cet "Hekatomb", outre sa riche facture sonore rendant justice aux compositions sans bavure d'Arioch, est la variété. Le Suédois joue sur deux tableaux distincts, qu'il maîtrise à merveille : les pièces qui défoncent à coups de riffs aiguisés, de double-pédale infernale et d'audacieuse vélocité, ainsi que les lentes processions viciées et possédées s'écoulant comme des odes à des sacrifices ancestraux. Ainsi passe-t-on du nord au sud sur cette galette putride bourrée à ras-la-gueule bestiale ; l'équilibre est parfait, l'écoute est confortable et foutrement généreuse. Essayez simplement de vous ennuyer une fois, même sur les empoisonnées "Naught But Death" – brûlot dansant issu d'un macabre Pow-Wow autochtone – et "Metamorphosis", dont les « chœurs grégoriens » et répétitions s'infiltrent dans votre sang pour tester votre patience et titiller chacune de vos cellules…

Les moments ennuyeux sur cette cuvée 2018 de FUNERAL MIST sont vachement ardus à trouver. Vient un temps où les goûts et les couleurs sont surpassés par une certaine objectivité (ici, une objectivité certaine). "Hekatomb" et ses effets pervers à la guitare, ses monstrueux bastons à la batterie – gracieuseté de Lars B, qui bute pas mal plus que Lars U – ses incantations aussi panachées que prégnantes et ses surprises (la plus déstabilisante vous attend dans le violent dernier tiers de "Pallor Mortis"), provoque un vrai raz-de-marée qui fera passer les soi-disant mauvais garçons du Metal pour des enfants d'école en short. Arioch est en pétard et personne n'arrivera à le raisonner. Le type est en mission et il utilise son incroyable furie pour arriver à ses fins.

Alors que MARDUK se complaît dans une redite des plus atroces, FUNERAL MIST lui casse les burnes avec ce monument en devenir, mariant la vigueur et l'irrévérence d'un ANAAL NATHRAKH, le verbiage abyssal d'un TROB, la mélodicité d'un TEMPLE OF BAAL, INFESTUS et d'un MERRIMACK et le visage démoniaque d'un INQUISITION et d'un NIGHTBRINGER.

Hans Daniel Rostén devrait dorénavant jouer tous ses jetons sur FUNERAL MIST, car ce qu'il a réussi à graver sur ce "Hekatomb" est intemporel, addictant et d'une belle sauvagerie. Comment a-t-il pu enfanter un rejeton tel que "Cockatrice" ? Je ne m'en suis pas encore remis. La seule explication possible ? Arioch a trouvé le Graal recherché inlassablement par tous les metalleux de l'Extrême, celui qui permet de délecter avec l'alcool le plus fort qui soit, tout en ne soûlant pas.

L'album de l'année pour moi jusqu'à maintenant. Une énorme mandale dans la mâchoire, une cuisante lame dans les flancs.

Podium : (or) "Cockatrice", (argent) "Pallor Mortis", (bronze) "Naught But Death".

Indice de violence : 3,75/5.

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   MEFISTO

 
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   POSITRON

 
   (3 chroniques)



- Arioch (guitare, basse, effets)
- Lars B (batterie)


1. In Nomine Domini
2. Naught But Death
3. Shedding Skin
4. Cockatrice
5. Metamorphosis
6. Within The Without
7. Hosanna
8. Pallor Mortis



             



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