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DISILLUSION - Gloria (2006)
Par CHIPSTOUILLE le 12 Janvier 2007          Consultée 3425 fois

Désillusion, c'est la dernière chose que j'aurais aimé dire à propos du second album de DISILLUSION, c'est pourtant le sentiment qui m'aura épris après la découverte de Gloria. Car Gloria est de la pire des audaces, celle qui néglige le peu de succès qu'auront rencontré ses interprètes après tant d'années d'incertitudes (rappelons que la formation initiale date de 1994, soit 10 ans de démos avant leur tout premier album). Car Gloria ne ressemble en rien à son prédécesseur, car Gloria est plus qu’inattendu. Mais quel groupe peut à ce point oser se détourner de sa route?

Reprenons quelque peu le cours des choses, Back to times of splendor était un death mélodique immersif, pour les adeptes du labyrinthe musical, de l'acoustique le plus discret aux riffs techniques, brutaux et solides. Alors que reste t’il de ce premier album sur Gloria?

Du Death mélodique? Non, Schmidt a laissé tout autant son ancien pseudo (Vurtox) que sa voix gutturale aux vestiaires. Sa voix est en revanche très souvent trafiquée au travers de filtres électroniques divers, du plus bruitiste (le classique effet radio, par exemple) au plus étrange. La plupart des couplets étant récités plus que chantés, peut-on alors parler de chant clair?
Un labyrinthe musical? Pas plus, oubliez les titres à tiroirs, les longueurs et les riffs innombrables que l'on ne ressort qu'une fois l'an, pour fêter l'ouverture ou la coda d'un morceau. Gloria est une grande autoroute du riff, pas moyen de s'y perdre à moins d'être sous l'emprise de substances peu recommandables. Ici les titres sont courts, décapants, présentent un seul voir deux riffs, Gloria va directement à l'essentiel.
Des parties acoustiques? Non franchement, n'insistez pas. L'accoutrement est ici électronique. On pourra penser à RAMMSTEIN par moments, mais ce côté est un peu plus personnel qu'un vague copiage. Il s'agit certainement d'influences communes (la scène électro allemande ayant été plus que prolifique). Le nappage synthétique consiste cependant plus en une mise en relief, un côté "design" que justifie en réalité tout le disque, quelque part entre des choeurs artificiels, des nappes de claviers de liaison et une série de grésillements et autres ambiances solitaires prépondérantes que ne renieraient pas RADIOHEAD.
Des riffs techniques, brutaux et solides alors? Oui, Peut-être. S'il existe un lien fraternel entre les deux albums, il se trouve ici. Il suffit d'écouter le riff entêtant de "Don't go any further" pour reconnaître l'entrain introductif d'"Alone I stand in fire". Au détour de "Dread it" ou "Gloria", il est possible de retrouver ces instants éphémères de désespoir du précédent album. Egalement, on se rappelle cette façon de faire redémarrer le titre depuis le début de "Untiefen", à la manière d' "And the mirror cracked". Il se peut enfin que le titre très inspiré PARADISE LOST, "Too many broken cease fires" n'aurait pas dépareillé sur le premier album.

Mais c'est oublier l'influence Néo Metal très prononcée (au delà du chant, on citera les mariages hors du commun avec d'autres styles musicaux que DISILLUSION partage avec SYSTEM OF A DOWN) qui bouscule avec violence de par ses riffs brutaux en béton armé. C'est oublier par exemple ce maelström introductif de "The black sea" complètement assourdissant que n'aurait pas renié un STRAPPING YOUNG LAD et dont on retrouve maints soubresauts sur cet album. C'est enfin passer sous silence ces nombreux passages post-apocalyptiques, reflet de la scène expérimentale électronique de ces 10 dernières années qui renchérit toujours de plus belle sur des questions métaphysico-musicales. Autant de choses étonnantes n'ayant pas eu cours sur le premier album. Pourtant, dire que j'ai été totalement étonné serait un mensonge. Vu la teneur de l’EP ayant marqué le démarrage officiel du groupe, particulièrement plus barré que tout ce qu'a fait DISILLUSION depuis, il était évident qu'ils ne feraient pas deux fois le même album. Le single "The porter" permettait pourtant une transition plus en souplesse entre les deux…

Alors oui, cet album déçoit au premier abord pour qui s'attend à retrouver une progression logique à "Back to times of splendor". A ceux-là, je leur dirai qu'il faut détester Gloria avant de commencer à l'apprécier. Pour les autres, il s'agit là d'un terrain vierge, que vous pouvez tenter d'explorer mais avec une certaine réserve toutefois. En dépit d'une évolution hors du commun, Gloria est un album à la fois énergique et technique contenant son lot de titres imparables ("Avalanche", "Gloria", "Don't go any further") de même que quelques erreurs de parcours ("Save the past" ou "Aerophobic" ainsi qu'une panoplie de passages inutiles à l'image de l'introduction de "Don't go any further" ou celle de "Lava"). Mais dans le bon ou le mauvais sens du terme, ce qu'il faut retenir de Gloria, c'est qu'il surprend. Applaudissez ou lamentez-vous, c'est finalement avec ce second album que le sticker qui figurait sur Back to times of splendor prend tout son sens: "This is real progression of metal".

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   CHIPSTOUILLE

 
   AKRON

 
   (2 chroniques)



- Schmidt (chant, guitare, basse)
- Barthel (guitare)
- Maluschka (batterie)


1. The Black Sea
2. Dread It
3. Don't Go Any Further
4. Avalanche
5. Gloria
6. Aerophobic
7. The Hole We Are In
8. Save The Past
9. Lava
10. Too Many Broken Cease Fires
11. Untiefen



             



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