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CELTIC FROST - Monotheist (2006)
Par POWERSYLV le 29 Mai 2006          Consultée 12495 fois
L’annonce de la reformation du combo helvète CELTIC FROST fut synonyme de réjouissance pour les plus anciens d’entre nous. Ce groupe hors-normes, véritable kaléidoscope du metal extrême et lourd, ex-HELLHAMMER fut sans conteste un des escadrons les plus avant-gardistes du genre dans les années 80 avec des opus comme Morbid Tales (1984), To Mega Therion (1985) et l’experimental Into The Pandemonium (1987). Après 2 albums plus accessibles mais moins bien accueillis où l’on vit même les suisses adopter un look glam (?) à la fin des années 80 (Cold Lake en 1988, Vanity/Nemesis en 1990), CELTIC FROST subit le syndrôme du split comme de nombreuses formations metal au début des années 90.

L’ombre du FROST resta néanmoins vivace et son influence sur la scène metal extrême ou gothique reste indéniable. PANTERA, MARILYN MANSON, EMPEROR, PARADISE LOST, CRADLE OF FILTH, DARKTHRONE, SEPULTURA, OBITUARY (la reprise du « Circle Of The Tyrants »), NILE, DIMMU BORGIR se sont tous repus de la substance noire dégoulinante de metal dégagée dans les années fastes d’un groupe indéfinissable et contenant les germes des styles cousins que sont le thrash, le death, la black, le doom et le gothic metal. Même les musiciens de NIRVANA et de FOO FIGHTERS en étaient fans, c’est dire (on se souvient de l’album du projet PROBOT de Dave Grohl, où il avait invité des sommités du metal à venir chanter ... dont Tom Gabriel Fisher).

Après la sépration vient le temps de la reformation. En 2000, Fisher et Aim décident de retravailler ensemble (sans Reed St. Mark, le batteur historique) pour un nouvel album qu’ils financeraient eux-mêmes. Il aura fallu 5 ans pour mettre en place les conditions d’élaboration de l’album ainsi que pour son écriture. C’est l’écurie Century Media qui raffle la mise, et c’est Peter Tagtgren (leader d’HYPOCRISY et de PAIN), grand fan du groupe également qui accueille les 3 musiciens pour la production (le batteur est un nouveau venu, Franco Sesa).

« Progeny » qui ouvre l’album de manière plutôt violente fait la jonction avec le FROST de To Megatherion. S’intercalle sans prévenir un passage carrément malsain et dépressif comme on pouvait en trouver naguère sur les anciens disques ou sur les premiers PARADISE LOST (groupe carrément inspiré par CELTIC FROST à ses débuts - je précise au cas où certains se fatigueraient à chercher une quelconque influence des suisses sur les pitoyables productions du groupe de Holmes, Aedy and Co. depuis 10 ans). « Ground » est oppressant et évoque des thèmes religieux avec un Tom Fisher prostré et implorant le Très-Haut et après quelques vociférations, quelques ambiances de fond viennent surplomber la fournaise. Sombre et dark à souhait, on peut voir en ce Monotheist le constat de ces temps troublés : les religions seraient donc bien la cause des malheurs humains ?

La surprise vient surtout de titres aux atmosphères plus dégagées mais tous aussi obscurs, comme « A Dying God Coming Into Human Flesh » où les passages doux et sussurés telles de sanglantes litanies contrastes avec de gros passages monolithiques qu’on se prend sur le coin de la gueule. Terrible. Litanies encore avec l’intervention d’une voix féminine sur le planant mais terrifiant « Drown In Ashes ». A écouter religieusement allongé dans l’obscurité. « Os Abysmi Vel Daath » relance le tempo, même si on reste dans du lourd. On ne peut rester de marbre devant la voix torturée de Tom dans ce titre qui lorgne du côté de CATHEDRAL (le CATHEDRAL « doom »). « Obscured » me fait même penser à du ... SISTERS OF MERCY dans les mélodies et l’aspect funéraire ! On revient dans la violence oppressante avec le diaboliquement pesant « Domain Of Decay ». « Ain Elohim » lui fait remonter l’adrénaline avant qu’un triptique final ne nous achève : cette pièce en 3 actes dure près de 25 minutes (!) avec rien de moins que 14.25 minutes pour l’acte 2. Premier acte : un véritable chemin de croix qui ferait passer MAYHEM et BURZUM pour des apprentis, tant l’ambiance est glaciale et la voix sépulcrale.

On notera le mix qui rend justice aux instruments, en particulier la basse très ronronnante de Martin Eric Aim donc les notes semblent sortir du plus profond du vagin terreste. L’impression d’écrasement est omniprésente et c’est une caractéristique majeure de ce disque, comme les premiers CELTIC FROST finalement. On a du mal à en resortir indemne, et c’est tant mieux. Un conseil : ne pas écouter Monotheist en temps de sinistrose.Malgré quelques longueurs et un léger essouflement en fin de parcours, 13 ans après sa séparation, CELTIC FROST vient d’ajouter une nouvelle pierre à son Eglise Noire. Que vienne l’obscurité.




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   (7 chroniques)



- Tom Gabriel Fisher (chant, guitare)
- Martin Eric Aim (basse, chant)
- Franco Sesa (batterie)


1. Progeny
2. Ground
3. A Dying God Coming Into Human Flesh
4. Drown In Ashes
5. Os Abysmi Vel Daath
6. Obscured
7. Domain Of Decay
8. Ain Elohim
9. Triptych : Totengott
10. Triptych : Synanoga Satanae
11. Triptych : Winter (requiem, Chapter Tree: Finale)



             



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