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CELTIC FROST - Vanity/nemesis (1990)
Par POSSOPO le 20 Octobre 2008          Consultée 4346 fois

"Vanity/Nemesis", on ne connaît pas trop. "Vanity/Nemesis" est un oublié des foules. Coincé entre le ridiculisé "Cold Lake" et le fracassant retour intitulé "Monotheist", il ne correspond à rien sinon à une tentative de rachat qui sera restée ignorée de tous. On comprend tout de la politique de Tom Gabriel Fischer en lisant le line-up tarabiscoté de l'ouvrage. Au chant, le leader a lâché son petit Warrior qui lui collait très mal à la peau depuis qu'il s'est essayé aux glamitudes, aux paillettes et à l'androgynie sur le précédent opus d'un groupe qui n'en était à l'époque plus vraiment un. A la batterie, Stephen Priestly, repêché sur "Cold Lake" alors qu'il était tombé du navire dès la sortie de "Morbid Tales". Le méconnu Ron Marks, guitariste live de la grande époque qui a échappé au désastre de 1988, opère un come-back intéressant en tant que musicien de session. Curt Bryant continue l'aventure entamée deux ans auparavant. Mais la grande nouvelle est ailleurs. Martin Ain (récemment révélé sous sa véritable identité administrative, Martin Eric Stricker), complice et fondateur des premières années, pointe à nouveau le bout de son nez. Le bassiste fondateur, membre de feu HELLHAMMER, sonne à la porte du studio pendant l'enregistrement, reprend son poste, écrit et apparaît sur la pochette de l'album. L'homme est là, bien là, très présent.
Et Oliver Amberg, celui qui pensa "Cold Lake" ? Disparu, évaporé, il ne donnera plus signe de vie et tout le monde s'en réjouit.

"Vanity/Nemesis" marque donc une volonté de retour en arrière. Le regard se porte loin sur les premières années de gloire de l'ancien trio. Il se porte loin mais le temps a passé, les héros sont fatigués, les rhumatismes leur sont douloureux, leur vue a baissé. Dommage, ils voient "To Megatherion" et "Into The Pandemonium" un peu trouble et n'en distinguent ni les détails les plus originaux, ni le révolutionnaire, ni l'abracadabrantesque. "Morbid Tales" ? Plus loin encore, un brouillard impossible à analyser.
Finalement, "Nemesis/Vanity" est plus proche de "Cold Lake" qu'on aimerait le penser. On a beaucoup parlé d'un retour aux sources, lâchons plutôt le mot compromis. Orienté radio, accessible mais sombre. Du moins le croit-on après quelques écoutes distraites.

Bref dans le discours, ne tentant pas le diable comme il a osé le faire sur "To Megatherion", le CELTIC FROST cuvée 1990 préfère rouler tranquillement sur un chemin non goudronné mais fort sûr et sur lequel on ne craint ni sortie de route ni amusante cascade. On s'en rend compte lorsque le chant féminin fait son entrée. De la grandiloquence et du non-conformisme des vertes années, il ne reste rien sinon un souvenir fugace bien peu capable de combler nos envies de souvenirs. On entend presque du rock sur "Wings Of Solitude" alors qu'on espérait revivre "Tristesses De La Lune". On s'en contentera car le morceau n'est pas mal foutu. Mais on sera malheureux de cette absence de prises de risque, antithèse du vrai CELTIC FROST.

En 1990, l'artiste est comme ces couples qui vivent sans réfléchir dans un appartement de banlieue, poster de cheval encadré au mur, chaîne design dans un coin, entourée de deux albums de Goldman, d'un best of de Muse et du dernier Benabar…qu'ils adorent. Télé écran plat dans l'autre coin, ils parlent loi Robien, foot et politique à courte vue, ils attendent d'avoir envie de leur premier enfant en exposant leurs photos d'enfance sur le bar de leur cuisine américaine mais Ikea. Dans la bibliothèque, on a un Marc Lévy, du Florian Zeller qu'on n'a pas lu parce qu'en fait, c'est plus compliqué que ce qu'on croyait et l'Alchimiste en édition de luxe (parce que le luxe, c'est bien). Le broyeur de l'évier est bien pratique quand on fait la cuisine, les voisins font du bruit mais sont sympas et le Club Med de Djerba les a déçus, le buffet du midi est même décevant. Ils habitent à côté du RER, ils sont contents.

Nous, beaucoup moins. Et si on refuse de jeter nos dernières tomates sur un groupe qui en a déjà reçues plus que sa dose deux ans plus tôt, si on s'efforce d'esquisser un sourire rassuré, on pense néanmoins que ce dernier disque n'est pas folichon. On hésite même à repasser le morceau bonus de l'édition CD, cette reprise du célébrissime "Heroes" de Bowie qui ne ressemble plus à grand-chose. Un dernier beurk un peu triste pour un ouvrage moyen, très moyen.
De toute façon, les compromis…

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- Tom Gabriel Fischer (chant, guitare)
- Ron Marks (basse)
- Curt Bryant (basse, guitare)
- Steve Priestly (batterie)
- Martin Ain (basse)


1. The Heart Beneath
2. Wine In My Hand (third From The Sun)
3. Wings Of Solitude
4. The Name Of My Bride
5. This Island Earth
6. The Restless Seas
7. Phallic Tantrum
8. A Kiss Or A Whisper
9. Vanity
10. Nemesis



             



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