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CELTIC FROST - Parched With Thirst Am I And Dying (1992)
Par DARK BEAGLE le 26 Janvier 2019          Consultée 770 fois

Nous nous souvenons tous de notre première fois avec un groupe. Hum, bon, la tournure de la phrase est maladroite mais rassurez-vous, je ne parle pas de partouze, mais bel et bien de première expérience avec une formation qui ne nous quittera plus. Mon premier contact avec CELTIC FROST a eu lieu en 1994, sur le conseil d’une disquaire qui m’avait déjà vendu NAZARETH et STATUS QUO un peu plus tôt. Il faut dire que pour ses beaux yeux j’étais prêt à dépenser le moindre centime de mon argent de poche et elle aurait pu me vendre n’importe quoi, je l’aurais pris. Sauf qu’elle n’était pas comme ça et qu’elle tombait toujours juste (ouais, ça veut dire qu’un jour, je vous saoulerai grave avec NAZARETH et STATUS QUO). Bref, de cette amourette sans lendemain sont nées beaucoup de passions, mais très peu furent aussi prononcées que celle que me procura la musique de nos petits Suisses.

Il peut paraître bizarre de commencer avec ce "Parched With Thirst Am I And Dying". Mais c’est tout ce que la jolie disquaire avait en stock, les anciens albums étaient déjà assez difficiles à trouver, accentuant le côté culte du groupe. Bien sûr, cela je ne le savais pas encore. Vaguement intrigué par la pochette, recto et verso, séduit par le nombre de titres pour me faire une idée du potentiel de la chose. Pourtant, j’avoue avoir été très circonspect à l’écoute de ces dix-huit morceaux, à la fois logiques dans leurs sonorités et parfois tellement différents ! Le bordel qu’est le livret n’apportait pas autant d’éclaircissements que cela et à quinze ans, à dire vrai, je m’en foutais. Je trouvais juste qu’il y avait un truc. Un côté malsain qui se dégageait de tout cela, réellement macabre pour des morceaux qui évoluaient au milieu des années 80. Globalement, pour moi, c’était du Thrash, un peu soft, mais plutôt efficace grâce aux ambiances distillées.

Avec le recul, la découverte des albums et de l’Histoire de la formation, cette compilation prend des allures de document historique. Sortie en 1992, elle précédait en effet le split officiel de CELTIC FROST et devenait ainsi son testament. Avec en alpha et en omega deux morceaux démos destinés à ce qui aurait dû être le successeur de "Vanity/Nemesis" paru deux ans plus tôt. Des chansons qui ont un goût d’inachevé vu que la batterie est en fait une boîte à rythmes qui délivre un son froid et impersonnel, ainsi que des patterns un brin ennuyeux. Mais "Idols Of Chagrin" et surtout "Under Apollyon’s Sun" présentaient un CELTIC FROST plus lent, plus lourd, avec un Thomas Gabriel Warrior qui retrouvait un aspect des plus morbides au chant. Et si cela groove étrangement, cela n’enlève en rien la noirceur de ces deux morceaux qui pour le coup étaient de véritables inédits.

Mais il ne faut pas penser que le reste n’est qu’une bête compilation, une accumulation de titres parfois fabuleux, parfois juste intéressants. Non. Le groupe a ressorti des raretés, des versions différentes, des réenregistrements d’anciens morceaux plutôt que de suivre la logique du simple best-of. Par exemple, l’album "Cold Lake" va connaître un certain lifting sur cette galette. Si "Cherry Orchards" est présenté ici dans son format single (économisant donc une poignée de secondes), "Downtown Hanoi" et "Juices Like Wine" ont été réenregistrés en 1991, offrant des guitares plus acérées (ce qui rend la seconde bien plus délectable que son penchant de 1988). Et là on réalise qu’avec une production différente et une guitare plus vindicative qu’il y avait tout de même un sacré potentiel avec "Cold Lake" et qu’il est bon de ne pas l’enterrer trop vite. Il est quand même étrange de voir que le nom de Amberg ait soigneusement été effacé des crédits.

Exhumé des raretés, nous retrouvons "In The Chapel In The Moonlight", une reprise hantée et effrayante d’un standard de Dean MARTIN, disponible à l’origine que sur un EP, épuisé depuis belle lurette, ainsi qu’un "Journey Into Fear" sorti des cryptes du groupe. Cette dernière tire du côté des "Usurper" ou des "Circle Of The Tyrants", avec un rythme plus effréné que d’habitude, mais finalement assez peu original par rapport aux deux autres citées vu qu’elle se contente de les calquer sans chercher à s’en démarquer. "Descent To Babylon" est quant à elle une chute de studio de "Vanity/Nemesis". Il convient aussi de mentionner "The Inevitable Factor", qui était également restée dans les tiroirs depuis les sessions de "Into The Pandemonium" et qui illustre parfaitement le chant plaintif de Warrior. À noter qu’il existe également une version de ce titre avec sa voix plus « naturelle ».

Le reste c’est du classique. De la baffe dans la tronche en continu, même si certains titres étonneront toujours autant, comme ce "Tristesses De La Lune". Le poème de Baudelaire est déclamé par une jeune femme tandis qu’un ensemble classique l’habille joliment. En regardant dans le livret, on découvre que Noise n’en voulait pas sur "Into The Pandemonium" à la base, arguant que cela ne convient pas à un public Metal. Si CELTIC FROST était assez visionnaire dans sa façon d’appréhender la musique, ce n’était pas franchement le cas de la maison de disques. Enfin, passons. En revanche, on peut se demander où sont passés les "Mesmerize", les "Rex Irae", "Nemesis", "Into The Crypts Of Rays" ou les autres "Necromantical Screams". Mais la réponse, vous l’avez un peu plus haut : le groupe a préféré proposer des choses rares plutôt qu’essentiellement des choses que l’on trouve sur les albums.

Ce qui est bon avec cette compilation, c’est qu’elle peut convenir au néophyte qui n’y connaît rien à CELTIC FROST, comme le fan qui découvrira de nouvelles versions et quelques inédits. Enfin, je me rends compte que j’écris cela à l’ère d’internet ou toute notion d’inédit devient obsolète. Soit. Mais le gamin que j’étais a été conquis au final par ce disque, qui m’a donné envie de poursuivre ma découverte des Suisses. Et cela me permet de sortir avec plus de facilité quelque chose quand j’ai envie d’écouter du CELTIC FROST et que je ne sais pas quel album choisir. Merci donc à cette jolie disquaire dont j’ai malheureusement oublié le nom, mais qui sait ? Peut-être qu’elle se reconnaîtra !

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- Thomas Gabriel Warrior (chant, guitare)
- Martin Eric Ain (basse)
- Curt Victor Bryant (guitare, basse)
- Reed St Mark (batterie)
- Stephen Priestly (batterie)
- Oliver Amberg (guitare)


1. Idols Of Chagrin
2. Descent To Babylon
3. Return To The Eve
4. Juices Like Wine
5. The Inevitable Factor
6. The Heart Beneath
7. Cherry Orchads
8. Tristesses De La Lune
9. Wings Of Solitude
10. The Usurper
11. Journey Into Fear
12. Downtown Hanoi
13. Circle Of The Tyrants
14. In The Chapel In The Moonlight
15. I Won't Dance
16. The Name Of My Bride
17. Mexican Radio
18. Under Apollyon's Sun



             



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