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THERAPY? - Shameless (2001)
Par BAAZBAAZ le 28 Novembre 2005          Consultée 2465 fois

Encore raté. Et pourtant cette fois, on voulait bien y croire. On aurait pu tout accepter, mais pas ça. Les multiples changements de style, les évolutions brutales, d'accord. L'accident de parcours, la perte momentanée de toute inspiration, pourquoi pas. Après tout, Semi-Detached aurait pu n'être qu'une exception. Les grands groupes aussi peuvent connaître des passages à vide. Et le coup du retour aux sources, de l'album brutal et énergique, bancal et spontané, ça pouvait passer aussi : Suicide Pact – You First, on le comprenait. Mais là, avec Shameless, un doute se confirme soudain. C'est fini. Therapy? s'est perdu définitivement.
Et il n'y a rien à sauver, ou presque. Tout juste quelques chansons au début : « Dance », bâti avec conviction sur un riff simple et efficace. Un petit emballement sur le refrain, le tour est joué. Et l'enchaînement avec le morceau suivant, « This one's for you » – tempo enlevé et nerveux à la Troublegum – donne une première impression très avantageuse. Une illusion, bien sûr. Déjà « Gimme Back my Brain », qui ouvre le disque, aurait pu être une mise en garde : à peine le niveau d'un bouche-trou, d'une face B pour n'importe lequel des premiers albums du groupe, pour n'importe quel single sorti au début des années 90.
Alors, ce n'est pas sympathique ou frais ou je ne sais quoi. C'est juste fade et terne, ennuyeux au possible malgré la production clinquante.
Mais encore, on l'admettra, ça s'écoute. Entre défoulement punk et tentative pour ressortir les recettes passées, on pourrait s'en sortir ; il y aurait un espoir de survie, rien qu'une petite chance le temps d'une poignée de chansons. Mais toute la seconde moitié est un dur rappel de la réalité en forme de compilation des pires errements des albums précédents du groupe : brouillon, pénible, parfois juste ennuyeux.
C'est ça, Shameless : un demi-disque.

Sans doute en deuxième position sur la liste des disques les plus mauvais de la discographie de Therapy?, juste après Semi-Detached, inégalable – à jamais.
On peut chercher longtemps quelque chose à sauver.

Pas « Joey », machin rock sans âme et assez mystérieux : en effet, la fin de la chanson est vouée à demeurer pour toujours inconnue tant il est insupportable de l'écouter jusqu'au bout. Pas mieux pour « Endless Psychology », la pierre tombale plantée par le groupe sur sa maîtrise disparue du riff. Sans rire, ce son : presque une parodie ratée de Joan Jett… Et ça continue, un morceau après l'autre, dans la douleur. De « Alrite » jusqu'à « Stalk & Slash », qui achève le disque dans tous les sens du terme. C'est encore l'une de ces tentatives punk-rock poussives et criardes, l'un de ces enlisements gênants qui deviennent tout à coup – on s'en rend compte avec effroi – le véritable style du groupe, sa marque de fabrique.
Voilà, comme une révélation : ce qui aurait dû n'être qu'un accident, une exception, est en passe de devenir la norme. C'est-à-dire une habitude, une routine musicale. Ce que Therapy? a trouvé de plus rébarbatif à composer, il le livre à présent sans vergogne en pâture à ses anciens fans atterrés. On attendait l'album de la résurrection, le retour en fanfare des dieux du riff, des champions de la mélodie vocale, du couplet dévastateur et du refrain en acier. Les seigneurs du métal et de l'alternatif qui rendaient fou les maisons de disque : les messies des majors qui déliraient alors sur les nouveaux Nirvana – ou Metallica –, les U2 de demain, les Depeche Mode avec des guitares. Oui, le groupe devait être tout cela à la fois. On comprend qu'il ait craqué. Mais ça n'empêche pas non plus de pleurer quand on voit poussés à un tel point la haine et le rejet de son propre talent.

Parce qu'il y a de ça, évidemment.
En tournant le dos au succès, Therapy? a aussi lâché tout ce qui avait pu le conduire au sommet. Ils n'ont pas voulu assumer le dégoût de la frime, la pression des ventes, l'obsession des charts, et ils en ont payé le prix. Un peu comme si la condition pour que les majors les laissent partir avait été de les vider de toute forme d'inspiration artistique afin qu'ils n'aillent pas se vendre ailleurs.
Pourraient-ils sortir encore un bon album ? Le disque suivant, High Anxiety, apportera autant de réponses que de nouvelles questions. Avec Shameless, c'est l'incertitude. Le groupe choisit-il délibérément de brader son talent, de bâcler ses compositions, de proposer des chansons approximatives, désagréables ou inachevées ? C'est sans doute la véritable question. Le cœur du problème. Si c'est un choix, alors chapeau. Mais qui s'amuserait à sortir des années durant des mauvais albums rien que par défi ou par flemme ? Personne. En quelques années à peine, Therapy? est devenu un groupe de seconde zone incapable de sortir du lot. Ils ne peuvent plus, c'est tout. Et bien sûr quand on dit « ils », c'est un peu hypocrite. Car on ne va pas se mentir : c'est autant l'histoire tragique d'un groupe que d'un homme qui se déroule ici. Celle d'Andy Cairns, dont l'évolution du chant est l'exact reflet des questions que l'on se pose.
Lui qui savait balancer sans sourciller des lignes vocales d'une perfection absolue, maîtrisant au mieux un timbre limité mais chaleureux et rauque, varié et terriblement puissant, il ne fait plus que hurler ou déformer sa voix. A un tel point qu'on se demande : le fait-il exprès ? Choisit-il de renier ses propres capacités autrefois éclatantes ? A moins qu'une cassure plus profonde soit en cause. Oui, même le chant - ce reflet de la foi - peut se perdre.

Alors d'accord, Shameless, sans honte. On continuera de respecter le groupe, de l'écouter. Parce que même les idoles brisées et tombées de leur socle le mérite. Surtout elles.
Parce que franchement, être devenu si mauvais après avoir été si génial, c'est presque beau. C'est grand.

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- Andy Cairns (chant, guitare)
- Martin Mccarrick (guitare)
- Michael Mckeegan (basse)
- Graham Hopkins (batterie)


1. Gimme Back My Brain
2. Dance
3. This One's For You
4. I Am The Money
5. Wicked Man
6. Theme From Delorean
7. Joey
8. Endless Psychology
9. Alrite
10. Body Bag Girl
11. Tango Romeo
12. Stalk & Slash



             



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