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BATTLELORE - The Return Of The Shadow (2022)
Par VOLTHORD le 9 Août 2022          Consultée 2123 fois

BATTLELORE revient après onze ans d'absence, et ça ne remuera pas le cœur des foules.
BATTLELORE revient après onze ans d'absence, mais ça fait battre mon petit cœur à moi.

Chacun entretient un rapport personnel à l'art, dans une négociation constante entre le sens projeté et le sens reçu et extrapolé. Au-delà de vivre la musique des Finlandais au fil des années, qui, dans sa constante bienveillance, et dans son refus de changer d'orientation esthétique, ne m'aura finalement que rarement déçu, le groupe représente quelque chose de plus profond ; une force artistique discrète, sans doute conduite en parallèle d'une vie professionnelle et privée bien normale, en dilettante, mais qui a la capacité, avec le temps et l'effort, d'arriver à maturation en temps voulu. Jamais trop tôt ni trop tard, à l'instar d'un Gandalf se moquant d'avoir loupé l'instant culturel qui aurait pu le propulser au sommet. BATTLELORE représente pour moi quelque chose de stable et rassurant dans un monde catastrophé et déboussolé, aux paradigmes changeant constamment, et souvent dans le sens du pire. Une constante avec ses éclats de génie et ses moments de doute, mais avant tout un signe de persévérance.

En cela "The Return Of The Shadow" porte bien son titre. BATTLELORE n'est qu'une ombre fuyante dans une scène qui ne l'a jamais accueilli à sa juste valeur. Son retour n'est pas un événement mais la marque que certaines choses restent inchangées, à l'instar du récit monumental de Tolkien, duquel les Finlandais ne démordent sans doute jamais.

Onze ans après l'épopée de "Doombound", les notes de "Minas Morgul" sonnent comme une recette un peu amoindrie mais inchangée. On retrouve cette mélancolie qui décrit davantage les récits épiques que l'on raconte après une bataille mythifiée que celle d'un champ de bataille se dessinant devant nos yeux. De son prédécesseur, "The Return Of The Shadow" garde cette mélancolie douce, parfois froide et injuste. Le titre "Elvenking", choisi comme single et premier clip, en est un fer de lance d'une discrétion tendre, nostalgique et blessée, portée par un arpège minimaliste cintré à la perfection au récit d'un roi immortel, que la chute et la résurrection du monde n'émeuvent plus.

Et c'est bien le résidu de mélancolie que le groupe avait définitivement fait sien dans "Evernight", puis transcendé dans "Doombound", qui continue à faire mouche : de ce "Orcrist" au refrain entêtant, cette chorale scintillante et clairsemée de "Mirrormere" (au feeling similaire au "Bloodstained" de "Doombound"). Au-delà d'un "Homecoming" qui n'est ni épique, ni réellement enjoué, ni réellement quoi que ce soit à part bêtement Pop et sans saveur, le reste sonne comme une madeleine de Proust au goût d'imaginaire.

Mais, dans une attitude plus proche de la ballade que du fait d'arme, c'est un manque de dynamisme ou de couleur qu'il manque à "The Return Of The Shadow". S'il me semble au-dessus d'un "The Last Alliance" avec lequel il partage une pochette étrangement similaire, c'est sur la composante plus épique qu'il peine à réellement convaincre. Je peux individuellement accepter les atmosphères changeantes de "True Dragon", me laisser porter par le plaintif "Shadow Of The East", mais si ce premier final est touchant, on reste sur sa faim. Alors on se tourne vers le CD bonus, avec le plus FALKENBACH-ien "Avathar", les couleurs légères et les chorales gentillettes de "Caves Of The Forgotten", mais tout comme la fin "officielle" de l'album, ces titres sont tous portés par des structures peu inventives. Lorsque "Isenmouthe" retentit dans les dernières minutes, avec un peu plus de chant Death mais toujours pas de trace d'un contraste colérique fort, il est alors un peu tard pour se réveiller.

Quelque part, il manque à "The Return Of The Shadow" cette forme de hargne internalisée qui constituait toute la force de "Doombound". Retour fait avec grâce et discrétion, ce nouveau BATTLELORE ne bouleverse rien, et si le temps semble avoir érodé le fer des Finlandais, alors soit, l'important est que la recette, fortement ancrée au début des années 2000 et déjà relativement divergente de ce que la scène générait à l'époque, continue de perdurer tout en donnant signe d'inspiration, de rigueur et de clarté. Une veilleuse dans une nuit qui se densifie. Ça ne parlera pas à ceux qui sont passés à côté du groupe jusque-là, mais on prend ce qu'on peut prendre.

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- Jyri Vahvanen (guitare)
- Jussi Rautio (guitare)
- Kaisa Jouhki (chant)
- Tomi Mykkänen (chant)
- Henri Vahvanen (batterie)
- Maria Honkanen (claviers)
- Timo Honkanen (basse)


1. Minas Morgul
2. Chambers Of Fire
3. Orcrist
4. Homecoming
5. Elvenking
6. Firekeeper
7. Mirrormere
8. True Dragons
9. Shadow Of The East
10. Avathar
11. Caves Of The Forgotten
12. Isenmouthe



             



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