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METAL GOTHIQUE  |  STUDIO

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2010 Fears
2018 Thornstar
2021 Judas
 

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LORD OF THE LOST - Judas (2021)
Par DARK BEAGLE le 3 Novembre 2021          Consultée 1458 fois

Voilà qui apparait comme un travail de titan. LORD OF THE LOST revient avec son septième album studio et celui-ci est un double ! Voilà un format qui n’est pas des plus classiques, surtout dans le domaine du Metal Gothique. Et forcément, il se veut conceptuel, mais plutôt que de nous raconter une histoire sur deux disques distincts, la bande de Chris Harms va plutôt nous présenter deux points de vue sur un personnage et sur ses actes. Une vision du bien et du mal si nous voulons simplifier le propos, mais il s’agit surtout d’apporter un éclairage sur les faits en partant de la Bible et des ouvrages apocryphes. Parce que le titre de l’album ne laisse aucun doute quant à la biographie qui va nous être faite ici. Judas Iscariote, lui dont le prénom est devenu un synonyme de traître.

En effet, Judas est celui qui a vendu le Christ aux Romains pour trente deniers, selon les écrits qui composent la Bible, les versions différent selon les auteurs. Trente deniers, ce n’était pas cher payé, de quoi boire quelques godets et se soulager l’âme dans les bras d’une ou deux prostituées. Pris de remords, il aurait jeté l’argent et se serait pendu. Dans les Actes des Apôtres, il se viderait de ses viscères après une mauvaise chute (très mauvaise pour le coup). Puis il y a l’Évangile de Judas, paru au deuxième siècle de notre ère qui a fait voir rouge au Vatican. Là, il est dit que c’est Jésus qui lui aurait demandé de procéder ainsi pour que la volonté de Dieu soit faite. Pas de quoi vivre sereinement, mais la figure du traître s’effondre pour laisser place à celle de l’ami qui accepte de commettre l’irréparable malgré tout, par amour. Globalement, je préfère cette seconde version, plus poétique, plus tragique, mais chacun aura son interprétation.

Partant de cela, LORD OF THE LOST va proposer deux disques composés de douze titres chacun, pour une durée approximative de 1h45. Et que dire ? Ce double album est une véritable claque. C’est beau. On pourrait résumer "Judas" à cela : cette beauté qui en émane et qui ne laisse pas indifférent. Bien que le groupe ne soit pas des plus agressifs ici, l’ensemble devient très vite accrocheur tant il est empreint d’une aura liturgique. Ce ne sont pas des psaumes, ni mêmes des cantiques, mais il se dégage quelque chose de quasiment sacré de tout cela qui fait qu’on ne peut souvent pas faire autrement que de l’écouter de façon quasi religieuse. Il faut dire que de nombreux ingrédients sont là pour accentuer cette impression, comme la présence d’une chorale ou cet orgue magnifique enregistré en son église.

Ici, le groupe va se montrer moins versatile qu’à son habitude. Il y a une véritable ligne directrice qui fait que les brusques interventions à la guitare ne choquent pas outre mesure malgré la quiétude qui semble animer l’ensemble. Les effets Électro, la part foncièrement Metal Gothique est toujours présente, mais bien plus disséminée sans être cachée, elle n’en ressort que mieux quand elle retrouve de l’espace pour s’exprimer, avec un raffinement qui n’échappera à personne. Il y a toujours cette approche foncièrement martiale ("Priest", "The Gospel Of Judas", "Iskarioth"…), mais elle est adroitement disséminée dans un discours plus serein dans le déroulement, mais qui témoigne d’un spleen titanesque, propre à faire ressortir les émotions très bien mises en valeur par la voix chaude de Chris Harms.

Et ce sont également des musiques conçues comme des frustrations pour l’auditeur, avec leurs montées en puissance assez vites noyées, pour les renouveler, encore et encore, mais éclatent-elles seulement un instant ? La violence, comme cela a été dit, n’est pas le propos de cet album qui se veut bien plus cérébral. On sent que le groupe a vraiment travaillé son sujet, qu’il ne laisse rien au hasard. Les parties orchestrales sont de toute beauté et parfaitement intégrées à l’ensemble, elles ne jurent pas avec les sons plus modernes dont est capable LORD OF THE LOST. Et ce qui est appréciable, c’est que si nous retrouvons certains traceurs propres à la formation (une ouverture plus orienté Neue Deutsche Härte que typiquement Goth), les morceaux faciles, eux, ne semblent pas être de la partie, comme si le sujet abordé se voulait trop sérieux pour se fourvoyer dans une mièvrerie Pop trop prononcée.

Et l’intensité ne retombe jamais. Que ce soit à travers des morceaux réellement agressifs ("Viva Vendetta") ou des pièces plus posées ("Work Of Salvation"), LORD OF THE LOST nous prend à la gorge pour ne plus nous lâcher. Diverses émotions traversent ce double opus, aussi bien à travers les vingt-quatre compositions finement ciselées ou par rapport à l’auditeur qui pourrait fort bien être ému par certains passages. Dans ce qu’il brasse, "Judas" est épique à sa manière, même si cela ne se traduit pas forcément à travers la musique (quoique, certains passages nourris de chœurs peuvent se targuer d’emmener ces disques à un tout autre niveau encore). En tout cas, malgré quelques passages plus faibles (il y a malheureusement trop de matière pour échapper à un peu de déchet), "Judas" s’écoute sans déplaisir et avec une certaine ferveur.

Je vais vous avouer un truc : la première fois que je découvre un nouvel album, je ne me concentre absolument pas dessus. Je fais en général autre chose pendant qu’il passe, en général je lis. Là, je vois si un morceau parvient à me faire lever la tête de mon ouvrage. Mais là, j’ai arrêté de parcourir "Outresable" de Hugh Howey (ami lecteur, si tu aimes la SF…) parce que j’ai été complètement happé par la musique, puis par la voix, toute en nuances sans en faire de trop cette fois-ci. Il y a un équilibre ici, fragile, mais précieux, qui fait mouche, ponctué par une production magistrale. Puis bon, nommer son album "Judas" et appeler l’opener "Priest", je ne sais pas, mais ça claque non ? et ça ferait un excellent nom de groupe ! Comment ça c’est déjà pris ?!?

Blague à part, "Judas" est le genre de projet complètement fou que l’on peut sans hésiter qualifier de casse-gueule. Mais LORD OF THE LOST a brillamment relevé le défi et livre-là ce qui est peut-être bien son œuvre la plus aboutie malgré une longueur due à son format particulier. Le groupe propose deux points de vue autour d’un personnage qui aura marqué la Bible de ses actes plus que certains des apôtres et le tout sans prendre parti. N’y voyez pas un exercice froid et sans âme, bien au contraire. Apporter un tel détachement sur le sujet était une chose nécessaire pour qu’il soit crédible, pour qu’un disque ne l’emporte pas sur l’autre en termes de passion. Après plus d’une décennie d’existence, LORD OF THE LOST tient là son véritable album de référence, celui qui va très certainement marquer une scission claire avec ce qui a été fait avant et ce qu’il proposera dans le futur. Remarquable.

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- Chris Harms (chant, guitare, violoncelle)
- Pi Stoffers (guitare)
- Class Grenayde (basse)
- Niklas Kahl (batterie)
- Gared Dirge (claviers)


1. Priest
2. For They Know Not What They Do
3. Your Star Has Led You Astray
4. Born With A Broken Heart
5. The 13th
6. In The Field Of Blood
7. 2000 Years A Pyre
8. Death Is Just A Kiss Away
9. The Heart Is A Traitor
10. Euphoria
11. Be Still And Know
12. The Death Of All Coulours

1. The Gospel Of Judas
2. Viva Vendetta
3. Argent
4. The Heartbeat Of The Devil
5. And It Was Night
6. My Constellation
7. The Ashes Of Flowers
8. Iskarioth
9. A War Within
10. A World Where We Belong
11. Apokatastasis
12. Work Of Salvation



             



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