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- Style : Evanescence, The Murder Of My Sweet
 

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ELYSION - Silent Scr3am (2009)
Par HAPLO le 15 Novembre 2020          Consultée 314 fois

Métallico mélomane, mais toujours méfiant face aux sirènes commerciales ou autres mondes trop stylisés pour être honnêtes, c’est avec la plus grande prudence que j’aborde un groupe/album évoluant dans le genre si controversé du Metal Symphonico-power-popisant Gothique à chanteuse. Comme je l’ai déjà écrit ailleurs, j’ai à une certaine évanépoque (et plus ponctuellement aujourd’hui) été vivement séduit par ce style aux riffs décalés et puissants, par ces mélodies à faire s’émouvoir un contrôleur du Fisc, le tout porté par des orchestrations réglées au millimètre sur lesquelles une chanteuse hors normes vient poser sa voix à faire bouger les lustres !

Devant ce savant mélange de crème chantilly et de piment mexicain, l’efficacité tapageuse des arrangements comme le corset en cuir gothique ainsi que les plastiques souvent oniriques de la frontwoman au sein de telles formations ne sont pas sans me faire ressasser certaines questions : attrait du succès et visées commerciales ? Sûrement. Opportunisme de se mettre à surfer sur la mode nombrilo-intimiste très en vogue chez nos publics adolescents en proie à leurs hormones comme auprès des vieux schnocks de quarante-cinq balais qui se voient toujours avec vingt-cinq ans de moins ? Pas déconnant… Envie de sévir dans un style qu’on aime où l’on souhaite exercer son talent et si possible y laisser son empreinte ? Pourquoi pas…

Sans préjuger de leur motivation au moment de s’attaquer à cet Everest de barba-papa clouté, on peut néanmoins affirmer que les musiciens grecs d’ELYSION, avec leur premier opus "Silent Scr3am" paru en 2009, ne manquent pas de talent… ni d’un certain sens de l’opportunisme !
Preuve en est pour commencer, par le choix avisé d’un super « monsieur mastering » en la personne Mister Ted Jensen (EVANESCENCE, MUSE ou encore les p'tits jeunots de METALLICA) dont la patte artistique garantie un son puissant et dynamique à la balance finement équilibrée (on entend clairement la basse !) pour un style dont la richesse instrumentale est un tantinet la marque de fabrique.

Deuxième choix pertinent : une chanteuse qui, tant dans le fond que dans ses formes, envoie du bois ! Sans tenter d’insinuer ici une quelconque remarque bassement machiste dans cette douce époque à fleur de peau, il faut quand même bien reconnaître que la Donzelle Christianna concentre à elle seule un certain nombre de canons de beauté qui rendent l’univers gothique, dépressivo-tristounet par nature, soudainement plus attrayant. Mais, plus important pour cette chronique et la bonne moralité de la ligne éditoriale NIMEienne, l’intéressée est surtout dotée d’une voix puissante, mélodieuse, dont elle joue à merveille, en nous en faisant partager les variations mais également la conviction qu’elle sait y placer.
De leur côté les musiciens démontrent au fil des titres qu’ils maîtrisent parfaitement leurs instruments respectifs avec une mise en place soignée, voire, à l’image de l’ami guitariste Johnny Zero, en nous pondant quelques soli, qui, s'ils ne finiront pas sur l’autel des merveilles de la création musicale, me semblent forts honnêtes tant dans leur technicité que dans leur esprit aiguisé.

Mais là ou la formation montre son astuce, c’est surtout qu’elle ne contente pas, comme tant d’autres l’ont fait depuis quelques années, à nous servir du gros plagiat d’EVANESCENCE à la sauce réchauffée. Sans pour autant nier l’existence de points communs (seul un martien n’ayant jamais entendu les radio-riffs du gang d’Amy Lee dirait le contraire), ELYSION y apporte une touche légère mais persistante de Pop groovy qui a tendance à alléger nettement l’ensemble et à le rendre ainsi plus digeste : cette glissade est matérialisée par la présence répétée de lignes sur lesquelles seules la voix/basse-batterie sévissent, laissant les gros riffs rapprochés pour le passage suivant (en général le refrain). Cette coloration donne indiscutablement un style plus personnel qui parvient à détacher la formation grecque des nombreux imitateurs sans imagination qui fleurissent dans le sillage des grosses machines US réglées comme une imprimante laser…

Et il faut bien le reconnaître, cette originalité douce-amère fonctionne agréablement bien dès le morceau d’ouverture "Dreamer", dont l’intro aux synthés brumeux et à la batterie au son électronique laissent vite la place à un couplet très orienté soft Pop en contraste avec un refrain musclé où les riffs resserrés viennent rappeler qu’on n'est pas ici pour s’écrouler sur le sofa. Le solo fort sympathique en backing du dernier refrain apporte également son lot de finitions pour un bel équilibre global. Seulement, le (petit) problème avec "Silent Scr3am" est que le reste des titres qui suit cette mise en bouche s’évertue à reproduire, en mode quasi identique, cette structure initiale… avec plus ou moins de réussite !
Intro avec effets électro ou ligne de piano / couplet minimaliste avec voix en retenue / refrain riffé et accrocheur avec mélodie vocale catchy / retour couplet avec ligne mélodique initiale / bridge [option] / solo guitare [option] / refrain / fin… Et il faut bien l’avouer, malgré toute la bonne volonté que les zicos d’ELYSION y mettent, ce modèle finit un tantinet par lasser voir espérer un petit déraillement dans cette cruelle logique répétitive.

Si par dérailler on entend sortir des clous, alors force est de reconnaître que l’étrange "Erase Me" qui clôture l’album le fait d’une belle manière : arpèges saturés et voix trafiquée en mode parlé pour l’intro, ce titre développe alors une rythmique travaillée faisant aboutir à un refrain qui fleurte avec le dissonant pour un ensemble au final complètement décalé et en rupture avec le reste de l’album… Mais en attendant, original, savamment alambiqué et donc surprenant ! Petite mention également pour le rugueux "Walk Away" dont les bons gros riffs d’intro et l’ambiance globale un peu plus brute de décoffrage (ligne rythmique en boucle finale) dénotent agréablement avec le reste des compos.

Malgré ces petits sursauts d’originalité, "Silent Scr3am" demeure, il faut bien le dire, un album très prévisible qui, s'il ne s’avère pas infréquentable et constitue un opus de jeunesse tout à fait écoutable pour les fans du genre, est quand même loin de révolutionner ou même de faire avancer significativement le schmilblick dans le genre qui nous intéresse ici. ELYSION, personnifié par sa charmante et mélodieuse chanteuse, parvient à produire un premier album soigné dont le léger décalage avec les mastodontes US du genre n’est pas sans me déplaire… Mais le clonage évident de la quasi-totalité des titres sur un moule unique conjugué à l’aspect très linéaire de l’ensemble (à l’exception des deux morceaux précités) font qu’on attendra immanquablement ce groupe sur la suite des opérations, ceci sous peine de l’oublier définitivement… même avec le soin et la qualité de maîtrise instrumentale (tout comme vocale) déployés ici.

C’est donc déguisé en bourreau anorexico-dépressif (avec mon lapin connecté jaune dans ma poche pectorale) que je me rends dans le pays du Gothique à la Tim Burton où a été construit le manoir rose bonbon d’ELYSION sur la porte monumentale duquel je cloue une pancarte sanglante dégoulinante de sirop cassis qui indique un horrible 3/5 (correspondant à un 2,5/5 boosté du fait qu’il s’agisse d’un premier opus).

- pour la sortie de route qui fait du bien : "Erase Me",
- pour l’introduction convaincante : "Dreamer",
- pour les accrocs au menu standard : le reste de l’album...

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- Christianna (voix)
- Johnny Zero (guitares, claviers, programmation,)
- Fxf (basse)
- Petros Fatis (batterie)
- Guest :
- Renos Miliaris (piano additionnel tracks 4, 10)


1. Dreamer
2. Killing My Dreams
3. Never Forever
4. Weakness In Your Eyes
5. Don't Say A Word
6. The Rules
7. Bleeding
8. Walk Away
9. Loss
10. Far From The Edge
11. Erase Me



             



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