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FUSION  |  STUDIO

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2010 Kvelertak
2013 Meir
2016 Nattesferd
2020 Splid
 

- Style : Voluptas
 

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KVELERTAK - Splid (2020)
Par JEFF KANJI le 10 Novembre 2020          Consultée 1336 fois

Si kvelertak peut se traduire tant par main-mise qu'étranglement, on ne pourra s'empêcher de se dire que ce nom lui va comme un gant. Sa virtuosité avérée pour explorer les différentes ramifications du Hard Rock au Black Metal n'a peut-être jamais été aussi bien explorée que sur ce quatrième album du sextette norvégien.

Avec le départ de son vocaliste, c'est une part non-négligeable du son de KVELERTAK qui est amené à changer. Toutefois, l'heureux élu n'est pas un total inconnu pour les amateurs du groupe, puisqu'il apparaissait en invité sur le premier album des Norvégiens. Son chant clair est nettement plus maîtrisé, et du côté le plus agressif il adopte davantage un ton Hardcore qui passe extrêmement bien (et pas si éloigné que ça de son prédécesseur en définitive). À noter qu'il s'aventure un peu plus vers le chant en anglais. L'arrivée d'un nouveau batteur est assez salvatrice par rapport aux chemins plus Rock Psychédélique que le groupe laisse infuser depuis "Nattesferd".

Et la mue est achevée. Si "Nattesferd" mettait clairement l'accent sur une couleur Hard Rock (tout en ne reniant pas "Meir"), "Splid" est l'album le plus bigarré de KVELERTAK et peut-être bien le plus cohérent en simultané. Le groupe s'applique toujours à nous secouer le cocotier, et en cela j'arrive à retrouver une partie de l'énergie développée par le groupe en concert. Seule la mise en son est sans doute plus soft, notamment au niveau de la batterie, qui peut en revanche laisser passer bien plus de nuances de jeu. Les guitares en tierces façon WISHBONE ASH/BOSTON sont régulièrement de la partie, sans forcément qu'on les attende, la musique des Norvégiens reste toujours aussi imprévisible, et au sein d'un même morceau, on se demande parfois comment on est passé avec autant de facilité d'une ambiance à l'autre, le meilleur exemple pour ça étant sans doute "Necrosoft" le titre qui rappelle le lointain passé fortement teinté de Black et qui tatane sévère dans toute sa première partie.

Oui les touches de Black dans la musique de KVELERTAK ne sont désormais plus qu'un lointain souvenir. Ou plutôt elles ont été épurées pour ne conserver que ce qu'elles permettaient comme expressivité Punk. Et de ce côté-là on est servi : entre le chant Hardcore prédominant, les passages hyper speed et énergiques à la lisière du Crust, il y a ce qu'il faut. Ça c'est pour le feeling général. De l'autre côté, les trois guitaristes se sont logiquement laissés aller à une exploration bienvenue étant donné les possibilités. Il y a encore pléthore de passages où ça bourrine des accords pour aller à l'essentiel, mais entre les soutiens mélodiques, les nombreuses parties harmonisées et les complémentarités rythmiques, le trio a fait un boulot de dingo, et tout ça sans bouffer la basse !

KVELERTAK est sans doute ce qu'on peut le plus aisément classer dans la Fusion. On sort des expériences des années 90 en la matière pour explorer tout le spectre des formes les plus cool de Rock sixties au Punk Hardcore, en passant par tout ce qu'il y a au milieu. De la même manière qu'on se demande comment on est passé d'un passage à un autre au sein d'un même morceau comme je le disais plus haut, on est effaré par l'aisance de l'écriture de KVELERTAK qui se balade pour servir le propos des morceaux. À cet égard on remarque le goût plus prononcé pour les morceaux à tiroirs, ce qui est aussi déstabilisant que questionnable. Si en définitive "Bråtebrann" est l'une des plus belles surprises de "Splid", avec son départ canon, son pont sur pulse de grosse caisse à la AIRBOURNE et son final hippie, l'album, excellent jusqu'à "Tevling", perd en dynamique et en accroche sur les trois derniers titres, remplis de trouvailles certes, et autant "Stevnemøte Med Satan" ne dure que quatre minutes, mais les deux derniers titres totalisent un quart d'heure.

Avec un morceau comme "Fanden Ta Dette Hull!", pas étonnant de se retrouver dans les petits papiers de James Hetfield (ce pont énervé ma parole !). Et par ailleurs, il confirme aussi une réalité ; quand le produit n'est pas parfaitement balisé et que l'auditeur peut être facilement dérouté, il est dur de s'assurer une fan-base très large. Quoique. On pourrait facilement citer l'exemple de GOJIRA, devenu énorme après avoir tourné en première partie des Four Horsemen. Il est indéniable que KVELERTAK a vu les projecteurs largement braqués sur lui à ce moment, mais compliqué de suivre les Norvégiens, dont les aficionados ne sauront pas réellement quoi attendre après ce nouvel album. Et pourtant, difficile de résister à l'enchaînement des huit premiers titres, qui prend le temps de trouver son rythme sur le premier titre "Rogaland", avant de lâcher les chevaux pour notre plus grand plaisir.

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   JEFF KANJI

 
  N/A



- Vidar Landa (guitare, vocaux)
- Bjarte Lund Rolland (guitare, piano, saxophone, vocaux)
- Marvin Nygaard (basse, percussions, vocaux)
- Maciek Ofstad (guitare lead, vocaux)
- Ivar Nikolaisen (chant)
- Håvard Takle Ohr (batterie)
- -
- Troy Sanders (chant sur 2)
- Nate Newton (chant sur 4)


1. Rogaland
2. Crack Of Doom
3. Necrosoft
4. Discord
5. Bråtebrann
6. Uglas Hegemoni
7. Fanden Ta Dette Hull!
8. Tevling
9. Stevnemøte Med Satan
10. Delirium Tremens
11. Ved Bredden Av Nihil



             



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