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MALEMORT - French Romances (2012)
Par JEFF KANJI le 3 Décembre 2017          Consultée 646 fois

La mauvaise mort, la malemort dans un français un peu plus archaïque et désuet, c'est le patronyme qu'un groupe de trentenaires (secouru en studio par l'actuel batteur de SATAN JOKERS) a choisi pour imprimer la ligne directrice (ou plutôt l'absence de ligne directrice) de son Metal où la technique, si prompte au hashtag et à une tentation de classification des artistes, assurant la perpétuité des genres, s'efface pour laisser parler l'art et surtout les mots.

MALEMORT, mené par un poète nourri de romantisme et de dadaïsme qui aurait traîné un peu trop longtemps avec Schulz et Fanfan, est une formation d'une incroyable fraîcheur qui, malicieusement, utilise une image désuète, comme cette pochette qui ressemble à s'y méprendre à une reproduction des tourdes faïences de votre arrière-grand-mère. On peut le rapprocher de cette mouvance steampunk qui avait tant le vent en poupe il y a quelques années, mais le second album "Ball-Trap" entérinera plus concrètement ce contexte années folles que l'on imagine déjà devant la pochette de "French Romances".

Les textes ne sont pas pour ainsi dire le point fort de l'album, car ce serait les mettre en balance en défaveur d'une musique bigarrée. Non, MALEMORT est une formation à suivre de très près, car la cohérence et le quasi génie de son art font de "French Romances" un album de grande classe, regorgeant de mélanges surprenants, les riffs MEGADETH-iens de "Nous Les Barbares" se mêlent à un refrain enjoué digne d'un générique TV, positif au possible. Sur "L'Enfant Machette" ce sont des steel drums façon Tahiti dans le 9-3, sur "Japan Airline" on a l'impression que le groupe a embauché Dimebag Darrell pour jouer du METALLICA. Sur mon chouchou "Atomique Diplomatie", c'est le jeu tendu des voix qui nous plonge à la lisière du Punk Mélodique avec son texte percutant (on est carrément proche d'un PARABELLUM sur "Les Derniers"). On pourrait parler de "Diamond" aussi avec son refrain simplissime mais tellement mémorisable, ou encore du spleen émanant du "Domaine" (qui a eu droit à son clip), l'un des points d'ancrage de l'album.

C'est la même chose sur tout "French Romances", sauf sur "Fils D'Ève" que j'ai personnellement un peu de mal à appréhender avec ses passages clean et un peu absents, pas si éloignés de ce que pouvait faire GUNS N'ROSES sur "The Garden". Autant vous dire que le dépaysement est du voyage ! Le quartette est particulièrement compétent musicalement, doué même, témoignant d'une versatilité que j'ai rarement écouté sur un album de Metal français. On pourrait bien sûr parler de WALTARI qui pratique la même approche Fusion, mais MALEMORT est tellement français comme son homologue transpire la Finlande ! De l'imagerie, à l'esthétique, sans parler des textes forts et extrêmement inspirés de Xavier Napora, le littéraire en Bac L a autant de chance d'accrocher à cet album que le pseudo poète maudit, que l'esthète qui aime bien passer pour l'original dans un milieu qui n'est pas le sien.

Et j'aime particulièrement le fait que cet état d'esprit résolument Punk qui transpire dans l'art de MALEMORT soit allié à un Metal dont les racines sont à la fois prestigieuses et diverses (METALLICA, GUNS N'ROSES, PANTERA, AEROSMITH et j'en passe, il n'est même pas intéressant d'aller débusquer ici et là qui a pu inspirer tel ou tel passage). Une musique d'essence anglo-saxonne ? Mais oui. Qu'est-ce qu'on en a à foutre ? J'imagine volontiers ce "Nevermind the bollocks" de réponse qui pourrait émaner des membres de MALEMORT qui brisent les règles soi-disant établies par l'Histoire d'un genre ou son héritage culturel. Transgresser est une seconde nature chez les Parisiens, qui font peu de cas de ce genre de réflexion, étant donné qu'ils s'en foutent éperdument.

Le groupe compte d'ailleurs dès ses débuts arpenter les scènes avec ardeur, environnement dans lequel il va commencer à se tailler une jolie réputation, aboutissant, peu après la sortie de "Ball-Trap", en attirant l'attention de Replica Promotion, qui saura, j'en suis sûr, faire profiter de son large réseau à MALEMORT.
Sébastien Lafaye, qui accompagna très tôt le groupe sur scène pour libérer Xavier, qui aura eu tout le loisir d'habiter ces textes poétiques et acides, rejoindra définitivement le groupe et on le retrouvera avec plaisir sur "Ball-Trap" qui m'a plongé dans le Metal Libre, libéré même je dirais, des Parisiens. Et autant vous dire que si j'ai craqué sur eux grâce à lui, "French Romances" est beaucoup plus qu'un apéritif (ou alors un gargantuesque apéro dînatoire).

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(+ 3 kros-express)

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   JEFF KANJI

 
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- Jean Roch (guitare solo)
- Xavier Malemort (chant, guitare rythmique)
- Aurélien Ouzoulias (batterie)


1. Home Sweet Home
2. Insoumision
3. Atomique Diplomatie
4. La Meute
5. Le Domaine
6. Japan Airline
7. Jamais !
8. L'enfant Machette
9. Nous Les Barbares
10. Diamond
11. Les Derniers
12. Fils D'Ève



             



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