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HARD BLUES  |  STUDIO

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1969 Tons Of Sobs
  Free
1970 Fire And Water
  Highway
1971 Free Live
1972 Free At Last
1973 Heartbreaker
 

- Style : Cream, Cactus, Dewolff, Bbm
- Membre : Rock Aid Armenia
- Style + Membre : Bad Company, Queen + Paul Rodgers, The Firm
 

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FREE - Tons Of Sobs (1969)
Par JEFF KANJI le 24 Mai 2020          Consultée 392 fois

Ces temps-ci je suis d'humeur Blues. Mais attention, quand je dis Blues, je parle pas de John Lee HOOKER ou HOWLIN' WOLF. Le Blues que je préfère, c'est en réalité celui qui a donné naissance au Hard Rock à la fin des années soixante. Le British Blues comme on l'a nommé. L'une des figures les plus importantes pour la pérennité de ce mouvement s'appelle Alexis Korner qui forme historiquement le premier groupe de la mouvance avec BLUES INCOROPORATED. Dès lors, une foule de jeunes amateurs va s'abreuver à cette approche plus moderne qui met la guitare électrique au centre des débats. Nous sommes en 1961, et depuis déjà quelques années Korner a popularisé le skiffle. Voilà qu'il met maintenant à la portée de l'Angleterre les plus grands noms du Blues américain. Et les adeptes s'appellent Rod Stewart, John Mayall, Keith Richards, Jack Bruce ou Jimmy Page. Et Korner embauche même de jeunes musiciens pour lesquels cette approche va être une sacrée école : Charlie Watts, Ginger Baker ou encore Jack Bruce.

Passé 1965, entre les STONES, les BLUESBREAKERS et CREAM, le paysage s'est densifié avec la poussée déterminante d'HENDRIX. Et comme souvent, l'élève vient rapidement à dépasser le maître. Alors que les STONES et CREAM prennent la tête des débats, Korner décide de monter un power-trio, qui semble être la formule à la mode, avec un ex BLUESBREAKERS ; ce sera FREE AT LAST, qui hélas n'aura pas d'avenir… Mais vous sentez le truc venir ? Korner ne se démonte pas et il décide alors, avec humilité, de former un groupe à partir de ces jeunes aspirants qui l'admirent et qu'il a repéré dans un club londonien, et qui, eux, sauront sans doute proposer la prochaine évolution du Blues, que l'on commence à nommer Hard Rock ou Heavy Metal aux États-Unis. Les quatre jeunes adolescents sont Paul Rodgers et Simon Kirke (dix-huit ans), Paul Kossoff (dix-sept ans), et Andy Fraser (quinze ans) qui rejoint la formation sur les conseils de son mentor. Andy Fraser était un talent des plus précoces ; imaginez, le gamin avait déjà joué avec les BLUESBREAKERS ! Quant à Paul Rodgers, sa voix à la fois suave et rugueuse, aussi à l'aise dans le Blues que la Soul, a séduit Simon Kirke et Paul Kossoff. Nous sommes fin 1968, et le groupe repéré huit mois plus tôt s'apprête déjà à sortir son premier disque !

Les membres du groupe se sentent-ils prêts ? Difficile à dire, et ce premier album nommé "Tons Of Sobs" va essentiellement se constituer autour du répertoire live de la formation qui écume tous les clubs possibles et imaginables. Mais deux facteurs vont déjà mettre la puce à l'oreille : contrairement à pas mal d'artistes de la mouvance, ce premier album est composé quasi intégralement de matériel original, et c'est bien à cause de l'insistance de son producteur que "The Hunter" d'Albert KING se fera une place pour accompagner le "Goin' Down Slow" rendu célèbre par HOWLIN' WOLF. Mais il faut dire qu'en écoutant le résultat on comprend pourquoi !

On ne peut qu'être frappé par l'incroyable précocité des membres de FREE qui délivrent des compositions bien troussées, et déjà sacrément bien envoyées par un Paul Rodgers dont les prestations ne peuvent laisser indifférent. C'est bien lui qui fait saturer le micro sur "Worry" ou encore "The Hunter". C'est lui qui, déjà, produit la plus grande partie de l'effort d'écriture, même si ses partenaires le rejoignent plus aléatoirement. On ne lui connaît pas encore de compétences de multi-instrumentiste mais sa voix parle d'elle-même. C'est le jeune Andy Fraser qui assure les quelques parties de piano du disque, parfois rehaussées de celles d'un musicien de session. L'album a été mis en boîte en quelques jours (question de budget), il y avait donc peu de place pour les fioritures.

Mais c'est aussi une force ; on se rend compte des capacités de jeu de chacun (notamment d'un impressionnant Simon Kirke derrière la batterie et d'un Andy Fraser des plus inventifs cf "Goin' Down Slow"), et l'album dispose d'un feeling live palpable. Ce qu'on remarque aussi, c'est que l'époque où CREAM représentait ce qui se faisait de plus puissant est déjà en train de passer, tant le son est lourd pour l'époque. Et il faut encore que je vous parle de Paul Kossoff : l'homme à la célèbre Gibson Les Paul !
Ce fils d'acteur s'est acheté sa première guitare à seize ans (soit deux ans et demi plus tôt), mais il est incroyablement doué et a déjà changé plusieurs fois de guitare, échangeant même sa deuxième Les Paul avec celle d'Eric Clapton himself. Il faut dire que les micros Humbucker d'époque lui permettent d'aller chercher ce son saturé après lequel il courait depuis le départ. Et pour ça il suffit de se pencher sur sa prestation sur "The Hunter" : c'est un fan de Jimi Hendrix qui fait hurler sa guitare.

Ce qui nous amène à la particularité de ce premier album de FREE. De par la jeunesse de ses membres, de son époque et de son mentorat, "Tons Of Sobs" est un produit issu du British Blues, ce qu'on appellera Blues Rock ou encore Hard Blues. Avec deux standards revisités dans un style finalement assez proche de ce qu'aurait pu faire CREAM ou FLEETWOOD MAC à la même époque, FREE ne se démarque pas si facilement, si ce n'est pour cette tendance à pousser la disto. Malgré les moyens limités, FREE semble vouloir sonner gros, puissant, et il fera partie de ceux qui vont assez tôt franchir le Rubicon et virer Hard Rock, là où une bonne partie des autres formations périclitera où restera du côté plus gentil de la force. FREE possède déjà ce jeu carré des formations Hard Rock, cette basse virevoltante à la Jack Bruce/Noel Redding et à cet égard ressemble déjà plus à un contemporain du Jimi HENDRIX EXPERIENCE. Un jeune groupe qui va rapidement prouver sa valeur même si le hit va encore mettre un moment à venir.

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   JEFF KANJI

 
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- Paul Rodgers (chant)
- Paul Kossoff (guitare)
- Andy Fraser (basse, claviers)
- Simon Kirke (batterie)
- -
- Steve Miller (piano additionnel)


1. Over The Green Hills (pt. 1)
2. Worry
3. Walk In My Shadow
4. Wild Indian Woman
5. Goin' Down Slow
6. I'm A Mover
7. The Hunter
8. Moonshine
9. Sweet Tooth
10. Over The Green Hills (pt. 2)



             



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