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- Style : Benediction, Bolt Thrower, Death, Memoriam, Obituary, Massacre, Master

CANCER - Shadow Gripped (2018)
Par DARK BEAGLE le 4 Mars 2019          Consultée 671 fois

Certains comebacks sont improbables. Celui de CANCER par exemple. Après la débâcle du retour de 2005, difficile d’espérer quelque chose de concret de la part des Anglais qui, de toute manière, auront toujours été considérés comme des seconds couteaux de la scène Death. Enfin, ça, c’est si l’on oublie les deux premiers albums de la formation, qui n’ont pas à rougir de la comparaison avec leurs compatriotes de BOLT THROWER ou de BENEDICTION. Pourtant, à l’occasion de la réédition de leur trois premiers opus en 2013, le groupe décide de remettre le couvert dans sa formation originale. Une signature chez Peaceville et quelques années plus tard, voilà qu’arrive ce "Shadow Gripped" à la pochette so vintage.

Il ne faut pas espérer un Death moderne. CANCER revient aux basiques du genre. Ce qu’il sait faire de mieux en quelque sorte. C’est comme si les Britanniques reprenaient les affaires là où ils les avaient laissées avec "The Sins Of Mankind" ("Black Faith" étant trop différent et n’ayant pas trouvé son public de toute manière) en se débarrassant de toutes les subtilités acoustiques. Aussi nous nous retrouvons confrontés à un Death Metal très primaire, aux résonances bien américaines, avec des influences DEATH justement, mais sans la finesse d’écriture d’un Chuck Schuldiner. Parce que oui, CANCER ne fait pas dans la dentelle et il répand ses métastases avec une volupté digne d’un requin pris de frénésie alimentaire.

Et ces vieux briscards du genre nous offrent avec "Shadow Gripped" un album honnête dans le sens où nous savons rapidement où ils veulent nous emmener. Les vieux fans ne seront donc pas franchement surpris, le propos semble assez connu et bénéficie d’une production très correcte, qui permet de bien apprécier l’ensemble, même si la voix de John Walker semble moins tranchante que par le passé. CANCER, c’est une formule simple : du direct, inspiré par DEATH et dans une moindre mesure, OBITUARY, pour nous passer les tympans à la toile émeri.

S’engageant dans des mid-tempi agressifs, le groupe nous joue la palette du Death Metal avec application, accélérant quand il le faut, ralentissant de manière judicieuse ("Organ Snatcher" s’avère de ce fait très réussi dans le genre) et s’arrangeant toujours pour nous trouver le refrain efficace et coup de poing. Aussi, ceux de "Garrotte" (le meilleur titre de ce disque ?) et de "The Infocidal" fonctionnent à merveille. Ils finissent rapidement par rester en tête et vont s’annoncer redoutables d’efficacité lors des concerts. Le chant de Walker, même légèrement en retrait, fonctionne bien, il vomit son quatre-heures avec conviction, bien plus que sur "Spirit In Flames".

Et derrière, ça suit bien. La section rythmique, composée de Ian Buchanan (basse) et de Carl Stockes (batterie) ne semble pas avoir pris une ride. Elle est intense, elle complète à merveille les lignes de guitares de Walker (dont les soli ne sont toujours pas géniaux en revanche). La conviction et l’application rendent le projet entièrement viable, bien entendu. Après plus de trente ans de carrière, nos Anglais savent encore y faire pour balancer de bons titres et surtout pour avoir un rendu agréablement brutal. Comprenez par là que c’est du solide et que mine de rien, ça demeure toujours diablement efficace malgré le manque d’originalité manifeste – pensez, un groupe britton qui balance comme une formation ricaine ! Cependant, il y a deux « mais » concernant ce "Shadow Gripped".

Le premier, c’est que passé l’excellent "Half Man Half Beast" et son introduction pesante, l’album entre dans une espèce de routine. Cela continue à tabasser, mais l’impression d’entendre un peu toujours la même chose, de répéter en continu les mêmes plans (vas-y que je te colle la décélération bien meurtrière pour la nuque sur "Thou Shalt Kill", vas-y que je te balance une accélération à peine pas téléphonée pour faire monter la sauce sur tel ou tel refrain) et nous finissons par décrocher quelque peu. Ensuite, ce disque arrive clairement avec des décennies de retard. Il sonne comme un disque des années 90 et comme tel, il aurait dû sortir durant cette période bénie pour le Death, où il aurait été certainement plus marquant qu’aujourd’hui.

Mais inutile de bouder son plaisir. Revoir CANCERR revenir aux affaires, pour les vieux fans du genre, ça provoque quand même un petit pincement au cœur. Parce que le groupe avait un putain de potentiel. "To The Glory End" reste un classique du genre, avec des titres d’anthologie comme "Cancer Fucking Cancer". À cette époque, les musiciens avaient une espèce de candeur juvénile qui faisait que cela fonctionnait à merveille. Aujourd’hui, avec l’âge, cela sonne un peu plus « écrit », voire « composé », il y a un peu moins de spontanéité et le groupe est devenu carré en sacrifiant pour cela la fougue de la jeunesse. Et ici, elle manque cruellement. Cela devient vite trop calibré pour vraiment briller, mais en 2018, retrouver du CANCER à ce niveau d’infection, c’est quasi inespéré.

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   DARK BEAGLE

 
  N/A



- John Walker (chant, guitare)
- Ian Buchanan (basse)
- Carl Stockes (batterie)


1. Down The Steps
2. Garrotte
3. Ballcutter
4. Organ Snatcher
5. The Infocidal
6. Half Man Half Beast
7. Crimes So Vile
8. Thou Shalt Kill
9. Shadow Gripped
10. Disposer



             



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