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DEATH METAL  |  STUDIO

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2020 V
 

- Style : Arch Enemy, Sinister
- Style + Membre : Acod [a.c.o.d]

AKIAVEL - V (2020)
Par DARK BEAGLE le 10 Juin 2020          Consultée 1183 fois

Ah ! La Provence ! Ses parfums enivrants, faits de lavande et de boisson anisée que l’on sert à l’apéritif, quand ce n’est pas l’odeur des courgettes, des aubergines, en train de cuire doucement, ces odeurs un peu piquantes que viennent contrebalancer l’arôme plus tenace d’un plat de poissons fraîchement péchés. À perte de vue, les champs offrent un panel de couleurs où un violet bleuté prédomine. Puis il y a ces sons, cette musique même, qu’offrent tous les soirs les criquets. Puis il y a AKIAVEL. Et là, franchement, ce n’est plus du tout la même bouillabaisse, si vous me permettez l’expression. Le groupe œuvre dans un Death Metal qui ne fait pas dans le détail, entre brutalité sans concession et une approche mélodique jamais négligée. Et la formation a la particularité d’avoir une chanteuse.

Mais vous allez me dire « la barbe ces groupes de Death qui mettent en avant des nanas. Ça devient de moins en moins original et c’est bon, on a tout entendu dans le domaine », ce à quoi je vous répondrai laconiquement « non ». Avant de développer un peu quand même. Auré en impose derrière le micro. En même temps, c’est Julien Truchan (BENIGHTED), qui lui a prouvé preuve à l’appui que les femmes avaient tout à fait leur place dans ce milieu qui s’ouvre de plus en plus à une diversité bienvenue. Et le résultat ici est plus que probant. Pour vous faire une petite idée, écoutez "I & Me" en duo avec Truchan justement, vous verrez qu’Auré est loin, très loin d’être ridicule. Et pourtant, dire qu’elle porte le groupe sur ses épaules, ce serait s’avancer quelque peu, il y a un fond derrière elle, solide, efficace.

Si Auré s’est faite remarquée chez les Coreux de INDUST, le bassiste Jay est connu pour jouer dans SCARLEAN, J.B. et Chris ont fait leurs armes au sein d’ACOD [A.C.O.D] aux guitares tandis que Butch reste un mystère quant à ses antécédents. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que l’alchimie fonctionne plutôt bien entre les membres du groupe, comme en attestait un petit EP sorti fin 2018 et qui mettait les points sur les « i » sans fioritures. Ce qui caractérise nos Provençaux, c’est le tranchant de riffs bien soutenus par une basse qui claque, bien présente, ainsi que par une batterie à faire baver Dave Lombardo de jalousie ; AKIAVEL ne fait pas dans la dentelle et c’est tant mieux car ce n’est absolument pas ce qu’on leur demande, même si le discours est loin d’être aussi simpliste que ça.

Sur ce premier album, le groupe va plier le débat en l’espace de deux titres : les deux premiers. Le reste n’est qu’une confirmation du talent des musiciens à composer et à interpréter des morceaux de Death comme on aimerait en entendre plus souvent. Quelque part entre un style Old School sans compromission et un aspect plus Death Mélodique – et ce parce que la formation ne va pas se limiter à la brutalité, il va la mettre en valeur via des passages plus posés – AKIAVEL livre une partition quasiment irréprochable. Il y a une belle maturité qui se dégage déjà de cette musique, qui emprunte bien évidemment les codes du genre mais qui parvient à apporter un certain vent de fraîcheur. Comme dit, c’est du passage à tabac de professionnel : nous sommes inutiles morts, autant juste nous mettre bien mal. Et on y reviendra. Encore et encore.

"The Witness" ouvre magistralement l’album. Le titre est particulièrement bien construit et joue sur une intensité rythmique qui est un caviar pour les guitaristes qui tricotent leurs riffs avec une habileté déconcertante. Auré n’a plus qu’à nous surprendre d’entrée de jeu avec son chant puissant qui en impose. Elle n’a rien à envier à un mec dans ce domaine et elle est l’une des chanteuses du style qui se montre des plus convaincantes, bravo à elle. Et puis il y a cette production de malade qui fait bénéficier à AKIAVEL d’un son terrible pour un premier opus. Et nous n’avons même pas le temps de relever fièrement le menton en disant que nous sommes prêts pour une seconde tannée que celle-ci nous met à mal.

"Rest In Reject" c’est le titre que l’on ne voyait pas venir. Une espèce d’OVNI qui fonctionne à merveille, s’articulant autour de parties rapides coupées par des passages plus mid tempo où Laetitia, une invitée, vient poser un chant clair qui vient apporter tout le sel de cette composition. La dualité des deux voix fonctionne vraiment bien sur ce qui pourrait devenir un single en puissance, avec cette cassure stylistique qui intervient très tôt et qui sert de tremplin pour le reste d’un album qui varie encore et toujours les plaisirs. Après, je ne vais pas vous faire un track by track, cela devient franchement inutile. Après s’être enfilé ces deux titres, la curiosité est forcément attisée et on cherche à découvrir le reste, qui est loin d’être du remplissage.

Allez, pour le plaisir… Difficile de passer à côté de "Huntington" avec son intro très typée Heavy Metal, presque épique, qui meurt sur le discours fait de virulence du combo, "My Lazy Doll" qui dégage un côté bien malsain, "I & Me", déjà cité plus haut, pour ce duo qui en impose vraiment, ou encore "Adorable Abomination" qui va nous permettre de découvrir la « voix claire » de Auré, avant de se faire martyriser pendant deux minutes où le groupe ne nous offre aucun répit. Là encore, la tentation de tout citer est tentante, pris individuellement chaque morceau à quelque chose à dire.

En revanche, et c’est là que je vais placer mon petit bémol, l’album finit par sonner comme un gros bloc dans sa globalité. Comme il a été dit, les deux premiers morceaux offrent un contraste saisissant et nous ne le retrouvons pas forcément par la suite. Les titres sont un peu calibrés, ils cherchent moins à surprendre, c’est plus de la démonstration de force qu’autre chose, ce qui n’est pas forcément un mal. Et comme vous l’aurez compris, certaines compositions sont plus addictives que d’autres, elles ont ce petit quelque chose qui leur permet de surnager par rapport à la mêlée et c’est cela qui permet à cet album d’être plaisant, de sortir du lot et d’imposer AKAVIEL comme un solide espoir de la scène extrême française.

Bref, "V" mérite franchement le détour. Il délivre une promesse de violence d’entrée de jeu, qu’il va respecter tout du long, en variant les tempos avec une facilité déconcertante. Si vous aimez le Death dans sa totalité et que vous cherchez quelque chose de neuf à vous mettre dans les oreilles, alors AKIAVEL est fait pour vous. Ce n’est peut-être pas le groupe le plus original du genre, mais il parvient à s’écarter de certains clichés pour ne garder que le meilleur pour offrir une dizaine de déflagrations qui devraient prendre encore plus d’envergure sur scène. Même si nous ne sommes qu’en début d’année, il s’agit là très vraisemblablement de l’une des plus belles découvertes de 2020.

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   DARK BEAGLE

 
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- Auré (chant)
- J.b (guitare)
- Chris (guitare)
- Jay (basse)
- Butch (batterie)


1. The Witness
2. Rest In Reject
3. Addicted To Your Father
4. Huntington
5. I & Me
6. My Lazy Doll
7. Adorable Abomination
8. Smelling Guts
9. Kind Of Requiem
10. Cold



             



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