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KRISIUN - Scourge Of The Enthroned (2018)
Par T-RAY le 31 Décembre 2018          Consultée 1092 fois

Whaou… Quelle pochette KRISIUN nous sort-il là ! Voilà où nous en sommes réduits avec le symbole du Death Metal brésilien qu'est devenu ce groupe en plus de vingt-cinq ans de carrière. À constater que leurs plus gros efforts sont placés dans les artworks de chaque nouvel album studio. Pour sa première collaboration avec le trio, l'illustrateur vedette Eliran Kantor a encore fait un magnifique boulot sur le contenant. Car côté contenu, la fratrie Kolesne/Camargo, elle, ne nous permet plus vraiment de nous extasier. C'est encore le cas, hélas, avec ce "Scourge Of The Enthroned" qui brille tout de même par cette splendide peinture de divinités moyen-orientales qui orne son livret. C'est quand même embêtant d'avoir de l'affection pour un groupe depuis longtemps – depuis la sortie de "Conquerors Of Armageddon" en fait – mais d'être obligé de concéder que sa dernière offrande, comme d'autres datant du milieu des années 2000, ne fait que capitaliser sur une formule musicale immuable qui a des qualités, mais aussi des défauts qui peuvent apparaître flagrants.

Le grand défaut de la formule KRISIUN, c’est qu'elle flirte en permanence avec le risque d’installer une certaine répétitivité et, partant, un ennui progressif contre lequel il est difficile de lutter. Heureusement que l'album n'accuse que huit titres au compteur. Ça n'a pas toujours été le cas, bien sûr, et l'on espérait de "Scourge Of The Enthroned" qu'il ne s'enfonce pas, lui aussi, dans ce même sempiternel schéma. Car le trio brésilien, certes, tabasse quand il administre sa violence avec pertinence, mais il peut aussi endormir et plus vite qu'on ne le pense. Tout le paradoxe du style du trio s'exprime dans la différence entre le morceau d'ouverture de ce onzième album studio, qui tabasse effectivement et administre sa violence avec pertinence, et le reste de l'opus. Un morceau-titre KRISIUNesque au possible mais qui emploie au mieux les armes qui constituent l'arsenal des trois frangins depuis toujours.

D'abord, le jeu de batterie de Max Kolesne, dont la célérité et précision n'ont jamais été remises en cause. Sur ce morceau comme sur l'ensemble de l'album, son coup de patte et son coup de pédale martiaux sont au top. Il cavale plus qu'il ne cogne et rafale plus qu'il ne bombarde. La baguette agile et le pied vif, le bûcheron envoie du bois, du blast mais point trop non plus, et du fill en veux-tu, en-voilà. Ensuite, le jeu de guitare de Moyses Kolesne paraît revenu aux belles heures de "Conquerors Of Armageddon". L'agressivité est de nouveau de mise dans son interprétation, toujours très marquée Thrash, son staccato a repris de la vigueur et ses riffs, qui reviennent en boucle comme un boomerang affûté, accrochent l'oreille. Enfin, Alex Camargo semble enfin avoir retrouvé un grain guttural correct dans ses vocaux qui, sans pour autant être de vrais growls, sont redevenus hargneux, même s'ils n'ont jamais été la qualité première du Death de KRISIUN.

Seulement, voilà, au-delà de ce "Scourge Of The Enthroned" d'ouverture, l'inspiration semble avoir déjà foutu le camp… Et sans elle, difficile d'optimiser la débauche d'énergie et de technique musicale dont fait preuve le groupe. Oh, il y a bien des passages qui font serrer les fesses et courber l'échine, telle cette bastonnade qu'il nous administre sur les moments les plus violents de "Demonic III". Telle l'ouverture de "Abysmal Misery (Foretold Destiny)". Telle la quasi-totalité de "Whirlwind Of Immortality", certainement le deuxième meilleur titre du disque, qui gagne en atmosphère au fur et à mesure qu'il se déroule. Et il y a d'autres passages qui redonnent un souffle bien mérité aux morceaux dans lesquels ils s'intègrent, tels les ralentissements vers des passages plus calmes sur "Demonic III", encore, ou "Slay The Prophet". Mais de quoi se souvient-on réellement lorsque l'album a fini de tourner sur le lecteur ?

Des qualités d'instrumentistes intactes des trois musiciens, certes. Mais ça ne fait pas tout et ça ne surprend plus personne. Du morceau éponyme, oui, parce qu'il est le seul à vraiment conjuguer riffs catchy, élans vocaux efficaces et brutalité maîtrisée pour faire le plus mal possible. De quelques éléments, trop épars, qui donnent envie d'encore et de se demander pourquoi le groupe n'a pas insisté sur ces effets qui font mouche, comme cette façon très à-propos de ralentir le tempo, apportant un souffle d'air bienvenu. Mais dans l'ensemble, la sensation que chaque morceau est cuisiné selon la même recette est prégnante. KRISIUN ronronne dans son coin comme un vieux matou encore griffu mais qui n'a plus suffisamment d'idées pour susciter l’admiration et affirmer son leadership. Et quand il se fâche et feule, il n'a plus la capacité d'impressionner comme il le faisait quand il était un jeune félin devant prouver qu'il est le mâle alpha sur son territoire.

Attention, il ne faudrait certainement pas retenir de cette chronique que la musique d'un artiste n'a d'intérêt que lorsqu’elle évolue franchement d'un disque à l'autre. Ce n'est pas vrai et tant qu'une formule bien rodée, à peine bricolée à la marge, est capable de délivrer des moments de satisfaction auditive, et que les éléments qui la composent sont employés de façon à maintenir l'attention permanente de l'auditeur, même du plus habitué, il n'y a pas forcément de raison de la révolutionner. "Forged In Fury", la cuvée KRISIUN 2015, en baissant d'un ton la brutalité de son contenu et en accentuant davantage le groove, tout en restant indubitablement du KRISIUN pur jus, avait su le démontrer. Pas le millésime 2018, en revanche. À mon corps défendant, je préfère donc son prédécesseur à "Scourge Of The Enthroned". Même si je souhaiterais fort que ce ne soit pas le cas. Parce que, quand même, cette pochette… Whaou !

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   T-RAY

 
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- Alex Camargo (basse, vocaux)
- Moyses Kolesne (guitares)
- Max Kolesne (batterie)


1. Scourge Of The Enthroned
2. Demonic Iii
3. Devouring Faith
4. Slay The Prophet
5. A Thousand Graves
6. Electricide
7. Abysmal Misery (foretold Destiny)
8. Whirlwind Of Immortality



             



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