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DEATH COSMIQUE  |  STUDIO

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2016 Starspawn
 

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BLOOD INCANTATION - Starspawn (2016)
Par POSITRON le 5 Décembre 2018          Consultée 674 fois

Je n'apprendrais rien à personne en étalant, tel le Nutella trop calorique sur ma tartine de texte, des généralités sur le temps qui passe, le cycle de la vie, les jeunes qui vieillissent puis meurent en laissant derrière eux leurs descendants continuer l'insondable mystère de l'existence. Je ne vous apprendrais rien non plus si dans une acrobatie littéraire d'une qualité comparable à celle du dernier MARDUK je reliais l'Histoire des idées, des courants culturels et bien sûr des courants musicaux à celles des vivants (et des morts donc) et suggérait que si l'existence des genres musicaux peut s'avérer moins linéaire que celle des êtres humains, les deux partagent cette caractéristique commune d'avoir une fin. Beaucoup de mots pour vous demander, deux points :

Le Death Metal old school est-il mort ?

Deux réponses possibles.

Petit a : oui. Le Death Metal a plus de trente ans. Le principe d'appeler une école "vieille" c'est qu'elle n'en a plus pour longtemps et que les nouvelles finissent par la remplacer. Les quelques spasmes revival-esques qui agitent sa carcasse ne sont que temporaires, passagers, semblables aux derniers tremblements de l'agonisant.

Petit b : non. C'est ici que la chronique commence.

Parce qu'il y a "vieille école" dans le nom on pourrait naïvement croire que faire de l'OSDM(*) est une attitude nécessairement passéiste, immobiliste voire même réactionnaire. Ce serait évidemment faux tant on peut observer comment au fil des revival et des tendances les copistes sans imagination(**) s'effondrent lamentablement dans la même médiocrité que les vétérans vidés de leur créativité, alors que les bons élèves ont su créer leur propre identité à travers l'étude des œuvres du passé et au-delà de celles-ci. L'exemple qui me vient immédiatement à l'esprit est DEAD CONGREGATION dont les interviews dévoilent comment une étude approfondie de ses influences lui a permis de reproduire le sentiment et l'effet des premiers albums d'INCANTATION sans pour autant sombrer dans le crasseux plagiat, le décalquage maladroit ou le néant compositionnel de groupes similaires privilégiant, comme disent les Anglois, "le style à la substance".

Réaliser un album de Death Old School est alors plus une question d'esprit que de lettre. Il est aujourd'hui évident que malgré des éléments formels similaires (greu greu, blast blast) le Death Metal se soit diversifié jusqu'à ce que varient grandement entre les groupes et les sous-genres l'esprit de la musique proposée et les méthodes de composition. Plutôt que de réarranger les riffs de stars du genre dans un ordre aléatoire en espérant s'acheter ainsi une légitimité et une crédibilité artistiques il faut comprendre cet esprit et le faire sien.

Et donc... Vous aurez compris que BLOOD INCANTATION avec son premier album "Starspawn" représente un exemple parfait de ces groupes qui font survivre l'OSDM par leur qualité comparable aux sommets du genre. Produit de la redécouverte de trésors underground par l'intermédiaire des internets sidéraux, BLOOD INCANTATION s'inspire en particulier de TIMEGHOUL, petit groupe kvlt du début des 90s qui n'a sorti que deux démos exposant à travers la crasse lo-fi d'enregistrements à l'arrache un style remarquablement singulier de Death Metal Progressif, mélangeant technique, espace, brutalité et contemplation.

En réinterprétant cette base cosmique au travers le spectre de ses classiques (on devine MORBID ANGEL, l'école finlandaise, en particulier DEMILICH et un petit peu du milieu de carrière de DEATH), BLOOD INCANTATION délivre alors trente cinq minutes de Death Metal hautement singulier – dont quatre minutes d'interlude –, naviguant sans effort entre la brutalité terrestre et les envolées cosmiques, frappant par son adresse à mêler une frontalité abyssale et une capacité d'évocation qui m'évoque une version de "Mystic Places Of Dawn" en orbite (bon l'espace tout ça vous aurez compris).

Et justement BLOOD INCANTATION a tout compris. Le Doom, le Thrash, le Death, le Prog, le riff, le break, le groove, le blast, le solo slaiyeure, le lead ensorcelant, les transitions, la composition narrative, le voyage musical, le langage métaphorique, la répétition et la rupture, les échos languissants d'une musique humaine jetée comme une offrande à la gloire de ces espaces inhumains. Bien que devant avertir le lecteur qu'il n'a jamais été dans mes intentions de me prétendre expert omniscient ès Death Metal, je ne peux que vous livrer ce jugement qu'aura pressenti d'autant plus fort qui aurait suivi les occurrences régulières dans cette chronique de plusieurs de mes favoris en la matière : BLOOD INCANTATION a sorti l'un des meilleurs albums de Death Metal de la décennie, pour ne pas dire du vingt-et-unième siècle.

_ _ _ _

(*) Ou "dmvé" pour Death Metal Vielle École, voir "VÉdMdlM" pour "Vielle École de Metal de la Mort"....
(**) GRUESOME, THE LURKING FEAR, GRETA VAN FLEET...

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   POSITRON

 
  N/A



- Isaac Faulk (batterie)
- Paul Riedl (guitares, chant, claviers)
- Morris Kolontyrsky (guitares)
- Jeff Barrett (bass fretless)


1. Vitrification Of Blood
2. Chaoplasm
3. Hidden Species (vitrification Of Blood Part 2)
4. Meticulous Soul Devourment
5. Starspawn



             



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