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KHEMMIS - Absolution (2015)
Par DARK BEAGLE le 27 Mai 2018          Consultée 663 fois

L’imagerie Heroic Fantasy et le Metal est une association qui a toujours bien fonctionné. Si l’on pense tout de suite à RHAPSODY ou à MANOWAR, de nombreuses autres formations ont approché le genre d’un point de vue graphique ou dans les thématiques. KHEMMIS vient s’ajouter à la longue liste de ces combos décidant de jouer dans cette cour-là. Seulement, ici, l’illustration va définir quelque chose de particulier, sans pour forcément être totalement inédit. Sam Turner, le dessinateur, va donner une véritable identité forte au groupe originaire de Denver. Entre une simplicité de trait reposant sur l’économie du détail et une force visuelle indéniable, allié à une espèce de sens du kitsch parfaitement assumé, KHEMMIS, avant de nous interpeller par sa musique, nous attire déjà par le regard.

À la croisée des univers de Robert E Howard (même si Red Sonja n’était à la base pas de ses ouvrages d’Heroic Fantasy à la Conan), de Michael Moorcock et de Fritz Leiber (on s’attendrait presque à voir débarquer Fafhrd et le Souricier Gris à la place des deux squelettes sur la gauche). Quand nous posons le disque sur la platine, aguichés par une certaine forme de curiosité pour la chose, il est possible que nous soyons au départ un brin déçu. KHEMMIS ne pratique pas un Heavy Metal épique et grandiose, façon CIRITH UNGOL ou MANILLA ROAD, le groupe préfère les rivages moins accueillants du Doom, là où le Styx coule à l’envers et où le fumet se fait plus putride. Mais plus on avance dans l’album, plus nous nous rendons compte que le contraste entre l’image et la musique n’est pas si grand.

Pénétrer dans l’univers de KHEMMIS revient à s’inviter dans une sombre épopée découpée en six longues plages d’un Doom qui joue sur les ambiances. Si les musiciens ne sont pas connus, qu’ils n’ont pas tous des parcours dans d’autres groupes (souvent d’extrême pour ceux qui ont eu une carrière avant), ils font déjà montre d’une maturité intéressante et cela se ressent très rapidement. Passé le premier morceau, nous savons parfaitement vers quoi va tendre ce disque, les influences commencent à nous sauter au visage comme des harpies furieuses, prêtes à nous labourer les tympans sans la moindre vergogne. Ici, nous avons l’impression d’entendre une cavalcade façon IRON MAIDEN (qui, rappelons-le, n’ont pas le monopole de la cavalcade), à l’instant d’après un riff plombé que ne renierait pas sieur Tony Iommi sans pour autant que tout soit un copier-coller des Patrons du Heavy Metal.

KHEMMIS s’acoquine cependant dans le Doom, sa musique est souvent très lente mais elle ne reste pas fermée à de brusques accélérations, ni à des excès de brutalité qui viennent pimenter ce long fleuve tranquille. Le groupe n’oublie pas non plus de donner une véritable dimension épique à ses compositions, à l’image de l’excellent "The Bereaved" qui clôt le débat d’une façon magistrale. Le chant est souvent clair, mais nous ne sommes jamais à l’abri de passages où il se fait extrême, venant apporter un autre relief encore à ce Doom qui ne reste pas en place, qui se fait mouvant, qui change, qui mute, à mesure qu’évoluent les mélodies, jamais statiques. Les morceaux ne vivent pas sur un ou deux riffs, mais sur plusieurs qui se succèdent, qui reviennent, qui nous font voyager et qui nous tourmentent également.

Cependant, la formation se retrouve un peu handicapée par une production qui ne met pas toujours sa verve en valeur. Les guitares sont un brin trop crachotantes, pas assez propres pour mettre en avant les idées les plus lumineuses (toutes proportions gardées ; la musique proposée n’est vraiment pas gaie) et cela tend à rendre certains passages brouillons. Et c’est franchement dommage parce que si certains plans sont absolument fabuleux dans leur cheminement, le rendu manque d’une certaine forme de conviction, de force brute qui lui permettrait de prendre forme totalement. Bref, d’aller au bout de l’idée dans le fond et dans la forme.

En revanche, nous pouvons déjà affirmer que KHEMMIS trouve son style, qu’il développe son univers, aussi bien visuel que purement musical. Il se construit patiemment, intelligemment et ce n’est certainement pas un hasard si cet "Absolution" a terminé très bien placé lors de certains classements de fin d’année dans des magazines US. Ce disque dégage une véritable personnalité, dans un style où il est pourtant assez facile de ressembler à son voisin de palier. Et si tout n’est décidément pas parfait, il y a déjà un charme sépulcral qui se dégage de ce premier opus, qui ne demande qu’à embaumer l’air autour de lui.

Sans entrer directement dans la cour des grands, KHEMMIS se fait remarquer sur ce premier album, grâce à six compositions qui se veulent assez différentes et assez fouillées pour passer le simple stade de la curiosité de l’auditeur lambda qui ne savait pas trop sur quoi il allait poser les oreilles. Il est difficile de prédire si KHEMMIS sera un futur grand du genre, malgré un second album, "Hunted", miraculeux, qui a corrigé les défauts de celui-ci et qui présente la substance la plus pure du groupe. Quoiqu’il en soit, la formation de Denver arrive déjà à se montrer intrigante, originale sans l’être plus que de raison et mérite que nous nous penchons sur elle.

Note réelle : 3,5/5.

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- Phil (chant, guitare)
- Ben (chant, guitare)
- Dan (basse)
- Zach (batterie)


1. Torn Asunder
2. Ash, Cinder, Smoke
3. Serpentine
4. Antediluvian
5. Burden Of Sin
6. The Bereaved



             



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