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KHEMMIS - Desolation (2018)
Par DARK BEAGLE le 29 Juin 2018          Consultée 1298 fois

Un peu moins de deux ans après un "Hunted" ravageur, KHEMMIS revient avec "Desolation", son troisième opus - ce fameux cap - et de l’eau a coulé sous les ponts entre ces deux disques, et pas qu’un peu. En effet, le groupe pourrait bien avoir décroché une espèce de Graal en signant chez les Allemands de Nuclear Blast, ce qui leur permet d’être mieux distribués et peut-être de pouvoir tourner hors de leurs terres US natales. Cependant, il ne peut y avoir consécration que si la musique, derrière, suit et dans un style aussi étriqué que celui pratiqué par la formation, se renouveler n’est pas chose aisée, comme en témoigne la pochette.

Les artworks du groupe sont l’œuvre de Sam Turner, qui aura su donner une identité à KHEMMIS à travers ses illustrations très sword and sorcery. Celle-ci ne déroge pas à la règle même si elle se veut un brin décevante. Nous retrouvons tous les traceurs laissés par l’illustrateur précédemment, la guerrière, le sorcier, le nécromant de "Hunted" au verso de la jaquette, mais cette fois-ci, le décor a été conservé quand précédemment un fond uni mettait les silhouettes en valeur et donnait un style un peu particulier, mais accrocheur aux deux précédentes illustrations. Sur "Desolation", cela devient un peu plus quelconque.

Et la tentation d’affirmer que la musique se veut plus quelconque est assez forte à la première écoute. L’impression d’écouter un groupe qui a bien digéré son Petit IRON MAIDEN illustré est forte tant certaines mélodies, certaines cavalcades renvoient directement à la Vierge de Fer. Le tout bien sûr noyé dans une lourdeur typique du Doom, ponctué de screams façon Black Metal çà et là sans que cela ne soit plus choquant que cela. Seulement, il convient de gratter un peu, de ne pas rester sur une première impression qui n’est pas pour autant déplaisante et plonger plus en profondeur dans les abîmes de cet album qui s’avère au final attachant (oui, au temps pour le suspens, mais vous avez déjà dû voir la note).

La première écoute laisse donc un brin dubitatif sans être désastreuse. L’impression de se tenir face à un monolithe musical est puissante, le groupe joue de façon très Heavy, usant avec intelligence des accélérations pour se donner de quoi respirer et surtout, une dimension épique puissante, qui prend le pas à mesure que l’on se repasse ce disque, encore et encore. Et à ce petit jeu, KHEMMIS est vraiment très fort. Si cela se remarquait déjà sur "Absolution", où le groupe posait toutes les bases de ce que serait son œuvre, "Hunted" aura enfoncé le clou et aura réussi à interpeller l’auditeur de bien des façons, même à travers des passages plus Rock’N’Roll ("Three Gates" continue toujours à me faire saliver dès que j’entends son intro).

Ici, la formule se veut un peu plus directe, les riffs sont un brin plus agressifs, toujours aussi lourds et s’affinent pour que la voix claire, en net progrès, se pose de façon efficace, quelque part entre le chant pur et la déclamation. Cependant, ce ne sont plus des growls qui lui répondent, mais bien des screams que ne renieraient pas bon nombre de groupes de Black norvégien. Et finalement, cela convient plutôt à ces rythmes un peu plus rapides que par le passé même si cela enlève un certain relief, que cela frustre dans l’attente d’un passage sérieusement plombé et violent qui ne vient en définitive jamais. C’est peut-être là que vient la seule vraie déception autour de cet album ; là où "Hunted" nous proposait des montagnes aux flancs escarpés, presque impraticables, "Desolation" est une colline avec quelques sentiers parfois difficiles à négocier.

Pourtant ce disque ne manque pas d’atouts. Les morceaux se succèdent avec chacun leur personnalité et leur cheminement propres. Par exemple, "Isolation", le titre qui se rapprocherait le plus d'un morceau de Heavy Metal épique de par la fluidité de son riff et son mid-tempo bien affirmé, connaît un ralentissement intelligent qui vient lui offrir un très bon final, qui attire forcément l’oreille, "The Seer" se distingue par son violon qui s’intègre dans la partition pour lui donner une nuance particulière. Mais c’est "From Ruin" qui marque le plus les esprits, longue pièce épique qui plonge l’auditeur dans les tréfonds d’un Doom hérité des années 70, mais mis au goût du jour et personnalisé, forcément épique, agissant comme une vague, avec des creux qui conduisent à des moments de désolation et un ressac pernicieux, dangereux.

KHEMMIS livre avec "Desolation" une bien belle partition, plus abordable donc. Le groupe persévère dans l’univers qu’il s’est créé et cela lui réussit plutôt bien, même si la formation laisse toujours parler ses influences, sans jamais les plagier. Il reste à pouvoir découvrir le groupe sur scène sur le vieux continent, pour voir comment se comportent ces compositions parfois alambiquées lors d’un concert, loin du confort d’un studio, avant de parler de grand groupe. Mais une chose est certaine, et "Desolation" le prouve à bien des égards, KHEMMIS est une des révélations de ces cinq dernières années. Ni plus, ni moins.

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- Phil Pendergast (guitare, chant)
- Ben Hutcherson (guitare, chant)
- Dan Beiers (basse)
- Zach Coleman (batterie)


1. Bloodletting
2. Isolation
3. Flesh To Nothing
4. The Seer
5. Maw Of Time
6. From Ruin



             



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