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HARD ROCK  |  STUDIO

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1973 Montrose
1974 Paper Money
1975 Warner Bros. Presents...
 

- Style : Bad Company, Ac/dc, Mountain, Led Zeppelin
- Style + Membre : Cinderella, Chickenfoot, Heart, Van Halen, Whitesnake

MONTROSE - Paper Money (1974)
Par DARK BEAGLE le 25 Février 2018          Consultée 633 fois

Aussi étrange que cela puisse paraître, le premier album de MONTROSE a fait un bide. Il est peut-être arrivé trop tôt, il se montrait peut-être un brin avant-gardiste au niveau de sa virulence brute. Il n’y a pas de justice. Au moment de remettre le couvert, Ronnie Montrose se pose naturellement des questions. Sa démarche était-elle borderline ? Rester pied au plancher du début à la fin aurait-il été un brin too much pour le public qui ne s’attendait pas à cela ? L’ironie veut que ce disque se vendra bien, très bien même, mais à travers des décennies, à mesure que des musiciens de renom citaient MONTROSE comme une de leur première fessée musicale.

Derrière cette pochette bien moins marquante que celle du premier opus se cache un album un peu hybride, qui tend vers des directions différentes, qui se cherche. Ronnie Montrose a décidé de se la jouer moins extrême, plus mélodique, plus classique même. Pour être franc, il va se mettre au niveau des autres formations qui commençaient à écumer les États-Unis à cette époque et qui obtenaient mieux qu’un simple succès d’estime. On peut légitiment voir cela comme un pas en arrière de la part du musicien, qui a également fait le ménage dans ses rangs. La victime, c’est William Church, le vieux complice, qui est viré au profit de Alan Fitzgerald, un futur NIGHT RANGER. Ted Templeman est toujours de la partie pour la production, mais il doit faire avec Montrose qui veut avoir un œil sur tout. En même temps, le groupe porte son nom.

Et il fallait s’y attendre, "Paper Money" est bien moins définitif que son grand frère. En même temps, en ne proposant qu’une face de bonne, le groupe ne pouvait pas espérer grand-chose. Toute la première moitié du disque se veut poussive, on peine à reconnaître le groupe, on ne retrouve pas sa puissance et on reste sur notre faim. Il n’y aura guère que "Connection", reprise des ROLLING STONES, pour nous faire tendre un tant soit peu l’oreille. La virtuosité de Ronnie et la présence de Hagar derrière le micro suffisent à ce que cette ballade ne devienne pas trop mièvre. Mais voilà, contrairement au premier opus, celui-ci propose des ballades. Si ça ce n’est pas de la compromission !

Les morceaux les plus rentre-dedans de la face A ont un caractère plus Bluesy que ce qui était proposé l’année précédente. Le toucher de Ronnie Montrose fait la différence, mais il ne faut pas non plus rendre grâce à Dieu pour cela : le résultat, bien que tout à fait correct, ne dégage pas grand-chose. Pas de force, pas de rage, pas plus d’électricité que ça. "The Dreamer" tente bien de faire monter la pression, mais là encore c’est un peu trop gentillet pour vraiment faire de l’effet. À vouloir trop coller aux standards, Ronnie y a laissé une part de son âme et ne parvient pas à balancer de riffs aussi mémorables que ceux de "Rock The Nation", ou aussi carnassier que celui de "Bad Motor Scooter". Bref, l’affaire est bien mal engagée.

Puis, il y a cette face B. Et là, Ronnie regarde dans le rétroviseur et ce qu’il voit, ça lui plaît. Cette seconde moitié d’album mérite à elle seule l’achat de ce disque. Tant pis pour les quatre autres, dites-vous que c’est un apéritif qui traîne un peu en longueur ! Le groupe nous cueille d’abord avec un coup bas. "I Got The Fire", c’est un coup de pied dans les joyeuses. Montrose fait péter le riff, Sammy Hagar se fait plus félin et se montre impérial derrière le micro, tout comme sur le refrain de "Spaceage Sacrifice", autre morceau explosif qui fait plaisir à entendre. Et alors qu’on tend la joue gauche, prêt à se prendre une nouvelle dérouillée, la formation nous propose une nouvelle ballade, plus intimiste, "We’re Going Home", qui sera assurée au chant par Ronnie Montrose, qui se débrouille pas si mal que ça. On notera également un passage au mellotron et on se dit quand même que le guitariste a mis pas mal d’eau dans son vin (ce qui est sacrilège, mais bon).

Puis il y a la title-track. Et là, fini de faire les marioles les gars, parce que c’est du lourd. "Paper Money" est le genre de morceau que l’on n’oublie pas après l’avoir écouté. Parce qu’il dégage quelque chose, ou parce qu’une partie de l’instrumentation, une ligne de chant ou un refrain reste, s’insinue en nous et se grave dans notre mémoire. Ici, ce sera la section rythmique. Denny Carmassi livre la prestation de sa vie derrière les fûts tandis qu'Alan Fitzgerald délivre un groove puissant derrière sa basse, pour un rendu martial tonitruant, qui balise le terrain façon bulldozer pour le reste du groupe, Ronnie et Sammy en tête. Absolument jouissif et essentiel à tout amateur de Hard Rock musclé !

"Paper Money" – l’album – marque également la fin d’une époque pour MONTROSE. Las de se disputer constamment avec Ronnie, pour des chansons non retenues ou autres contrariétés, Sammy Hagar claquera la porte pour tenter l’aventure en solo au terme d’une tournée assez houleuse. Il laissera derrière lui un groupe qui allait s’enfoncer petit à petit, sournoisement, ainsi que deux albums dont il n’a pas à rougir. Si le premier reste intouchable, le second contient de beaux moments malgré tout, même s’il s’avère décevant aux premières écoutes. Dommage. Comme le dit si bien Marty MacFly « je crois que vous n’êtes peut-être pas encore prêt pour ce genre de choses, mais vos gosses vont adorer ça ». Si quelqu'un avait dit cela à Ronnie à la suite de son premier opus, qui sait quelle tournure aurait pris ce "Paper Money" ?

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- Sammy Hagar (chant)
- Ronnie Montrose (guitare)
- Alan Fitzgerald (basse)
- Denny Carmassi (batterie)


1. Underground
2. Connection
3. The Dreamer
4. Starliner
5. I Got The Fire
6. Spaceage Sacrifice
7. We're Going Home
8. Paper Money



             



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