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- Style : Deathspell Omega, Secrets Of The Moon

SCHAMMASCH - Sic Lvceat Lvx (2010)
Par DARK BEAGLE le 9 Novembre 2017          Consultée 219 fois

Qu’il est difficile de chroniquer ce premier album de SCHAMMASCH tant il est différent des suivants ! "Contradiction" aura dévoilé un groupe à l’inspiration sans fin, chose que "Triangle" aura très bien su confirmer par la suite. Mais "Sic Lvceat Lvx", initialement enregistré en 2010 et ressorti en 2015 avec une nouvelle jaquette pour profiter du tremplin que fut "Contradiction", reste indéniablement une œuvre de jeunesse où pointe de temps en temps ce que sera le futur du groupe, au milieu de choses bien plus traditionnelles.

On prendrait plaisir à vous dire que SCHAMMASCH nous vient des vertes prairies suisses, où de leurs Alpes, pas loin de là où l’on fait de l’Appenzeller et des röstis. Non, la formation nous vient tout bêtement de Bâle, cité frontalière avec l’Alsace (oui, nous pourrions dire France, mais il n’est jamais bon de froisser un Alsacien), ville d’adoption des têtes pensantes de LACRIMOSA par ailleurs. Rassurez-vous, il n’y a aucun autre point commun entre ces deux groupes. Le combo s’est formé en 2009 autour de C.S.R. (chant, basse, guitare) et B.A.W. (batterie), deux anciens de TOTENWINTER qui n’auront sorti d’une démo avant de splitter. Rejoint par M.A. à la guitare, SCHAMMASCH sort très rapidement un premier album donc, profitant de l’expérience passé.

Et si l’introduction, un court morceau saignant ponctué de cris inhumains, nous laisse entrevoir le Black Metal tortueux que pratiquera le groupe par la suite, nous pénétrons dans un univers bien plus calibré qu’il n’y paraît, avec quelques moments annonciateurs d’un futur plus épique, plus sanglant. À ce moment, SCHAMMASCH est un combo assez banal. Pas mauvais, non, mais il était bien noyé par la masse. D’ailleurs, la pochette d’origine ne sortait pas tout à fait du lot. Il y avait bien le serpent qui attirait l’œil, ce nuage qui promet un orage meurtrier… À présent, cette jaquette est devenue quasiment introuvable, le premier pressage du disque étant limité à 1000 exemplaires. La nouvelle jaquette renvoie déjà plus au nom du groupe (qui est un écho à Shamash, dieu du soleil pour les Babyloniens), sans qu’elle soit vraiment plus marquante, avec ce petit côté cartoon involontaire des mains qui tiennent les couteaux. Metastazis, alias Valnoir, nous avait déjà habitués à mieux, ne serait-ce que pour la pochette de "Contradiction". Bref, nous n’allons pas épiloguer plus longtemps sur ce sujet.

Nous remarquons déjà que SCHAMMASCH a une tendance à faire de longs morceaux ; l’album dure 42 petites minutes pour sept titres, six si l’on enlève les deux minutes de "Lvx Aeterna" qui est une introduction pour "He Whose Face Is Made Of Entrails". SCHAMMASCH évolue alors dans un Black Metal fortement teinté de relents Death, difficile de voir là en quoi cette formation se montre avant-gardiste. C’est classique, même si certaines approches, certaines mélodies se nimbent d’un côté plus expérimental, par passages, comme sur "Chaos Reigns", où la guitare prend des directions parfois inattendues, plus claires, effets rapidement annihilés par la rudesse du morceau suivant, "No Light From The Fires" où nous sommes en terrain connu.

Mais il se dégage déjà quelque chose de viscéral dans ce qui est proposé ici. Le chant y est pour beaucoup. Il n’est pas forcément hurlé comme si le vocaliste était écorché vif, on est même souvent face à quelque chose de grave, qui n’est pas sans rappeler le Nick Holmes des débuts de PARADISE LOST, quand sa maîtrise du growl n’était pas encore optimale. De ce fait, les paroles sont presque intelligibles tout du long et permettent une immersion plus forte dans l’univers sombre de SCHAMMASCH. C.S.R. se permet aussi de temps à autres des passages parlés qui viennent instaurer une ambiance plus solennelle, où la menace pointe toujours, là ; nous avons l’impression qu’il va se jeter à notre gorge pour l’arracher de ses dents ("Black But Shining", qui allie le meilleur de ces deux mondes).

Mais voilà, SCHAMMASCH est sa propre victime. Quand nous prenons sa discographie avec du recul, nous nous rendons compte que ce disque n’est qu’un vague brouillon. Que le meilleur est à venir. Sa ressortie en 2015 est encore plus impitoyable pour ce "Sic Lvceat Lvx", qui arrive comme un cheveu sur la soupe alors que la formation helvète voit son travail sur "Contradiction" salué par la critique. Et quel paradoxe ! Quelle folie ! Quel timing foireux ! Mais c’est souvent comme ça et au jeu de la comparaison, "Sic Lvceat Lvx" ressort forcément perdant.

Voilà… Qu’il est donc difficile de noter ce disque qui n’est pas misérable, mais qu’il convient de situer dans une discographie ! Parfois, le travail du chroniqueur est un crève-cœur… En soi, ce disque, bien que très classique dans la forme, n’est pas mauvais. Il se laisse très bien écouter et si vous aimez les arts obscurs, il a de quoi vous contenter. Seulement, à l’aune des autres albums, celui-ci tient mal la comparaison, il se drape d’une aura de dispensable.

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   DARK BEAGLE

 
  N/A



- C.s.r. (chant, guitare, basse)
- M.a. (guitare)
- B.a.w. (batterie)


1. Lux Aeterna
2. He Whose Face Is Made Of Entrails
3. Chaos Reigns
4. No Light From The Fires
5. Black But Shining
6. Inri
7. The Venom Of Gods



             



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