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2017 Decennium

SEVEN KINGDOMS - Decennium (2017)
Par T-RAY le 29 Août 2017          Consultée 941 fois

Il y a quelques mois, lors d’une discussion en ligne, Dark Schneider, Positron, Jeff Kanji, Pinpin et moi nous étonnions que presque aucun groupe de Metal (un tant soit peu connu) n’ait adopté un nom et un univers musical en référence à la saga de Fantasy "A Song Of Ice And Fire", traduite chez nous sous le titre "Le Trône de Fer". Et ce, même après le succès public mondial de "Game Of Thrones", l’adaptation TV de l'œuvre de George R.R. Martin. Alors qu’il y a tant de groupes dont le nom et l’inspiration proviennent de l’univers de J.R.R. Tolkien et de sa désormais mythique Terre du Milieu ! Merde, même nous, sur NIME, nous en inspirons indirectement ! Car derrière le détournement (habile, évidemment) du titre du sixième album studio de BLIND GUARDIAN, nous faisons référence à l'inénarrable "Middle Earth".

Vous me direz bien sûr qu’en près de 80 ans depuis la publication de "Bilbo le Hobbit" et quasiment 65 ans depuis celle du "Seigneur des Anneaux", il est logique qu’une cohorte de groupes de Metal, tous genres confondus, ait eu le temps de s'imprégner des créations du plus fameux auteur de Fantasy. Surtout ailleurs qu’en France, où ce genre littéraire a toujours été l’un des plus méprisés par l’establishment critique. Vous me direz aussi qu’en comparaison, l'œuvre de Martin est récente. À peine plus de 20 ans… And so what ? Aujourd'hui, tout est diffusé plus vite, lu plus vite, adapté plus vite, porté aux nues plus vite, dans notre monde ultra connecté. "Le Trône de Fer" est résolument une saga de notre temps, et l'énormité de son succès critique et commercial est en totale corrélation avec nos modes de consommation culturelle contemporains. Une légion de groupes de Metal aurait donc eu tout le temps de s’inspirer de la saga de George R.R. Martin.

S’ils ne sont pas légion, finalement, il en existe toutefois, et SEVEN KINGDOMS est l’un d'eux. Sans doute l’un des plus fameux, d’ailleurs, avec son nom directement inspiré des Sept Couronnes qui se partageaient jadis l’espace continental de Westeros, où se déroule l’intrigue principale de la saga littéraire. Sans surprise, c’est à du Power Metal que l’on a affaire avec SEVEN KINGDOMS, les formations de Power, de Spimélo et de Heavy étant souvent les premières à surfer sur la Fantasy. Bien sûr, comme la France attrape toujours le train de la Fantasy anglo-saxonne après tout le monde, il a fallu attendre que la série "Game Of Thrones" en soit à sa sixième saison pour que le groupe fondé en 2007 soit distribué correctement chez nous, par la grâce d’un tout nouveau deal avec le label Napalm Records, qui permet aux Floridiens de nous faire partager tout leur back-catalogue… Et surtout leur nouvel album ! Intitulé "Decennium" et doté d’une pochette plus Science-fiction que Fantasy, entre "Avatar" et "Star Wars", on ne peut pas dire que ce disque, contrairement aux trois précédents L.P. du combo, joue sur le fan service… Elles sont loin, les références au "Trône de Fer", ici, pour ne pas dire inexistantes.

La vérité, c’est que le quintette s’en affranchit progressivement à chaque album… Si Napalm Records comptait sur le bon gros argument promo "Game Of Thrones" pour vendre cet album, c’est un peu raté. On comprend d'ailleurs pourquoi les trois premiers opus du groupe, aux intitulés et aux artworks plus proches de l'œuvre de George R.R. Martin, ont été également distribués au passage ! Néanmoins, c’est encore sur les morceaux inspirés de la célèbre saga que le groupe fait mouche. Tant au niveau des paroles, fort bien écrites pour du Power héroïque, n’abusant pas de formules éculées du genre, que de la musique. C'est particulièrement vrai pour "Undying", où SEVEN KINGDOMS revisite avec justesse et sensibilité la visite de Daenerys Targaryen, Mère des Dragons, dans l’Hôtel des Non-mourants. Ce morceau alterne judicieusement des parties vraiment speed et d’autres au rythme toujours soutenu, mais moins rapide, sur lesquelles la voix de Sabrina Valentine fait merveille. La chanteuse, arrivée dans le groupe au moment d’enregistrer le deuxième album, éponyme, fait preuve d’une maîtrise impressionnante de son organe. Aujourd'hui, elle fait figure de pilier et pas seulement en termes de frontwomanitude, mais de présence vocale, tout simplement.

Lorsque la qualité des textes qu’elle interprète et l’efficacité des riffs de Kevin Byrd et Camden Cruz se conjuguent pour lui apporter une assise des plus solides, la demoiselle est tout bonnement impériale. L’über Power "Kingslayer", autre titre majeur de cet album, directement inspiré du "Trône de Fer" et notamment du personnage de Jaime Lannister, est remarquable de ce point de vue, armé de couplets magistraux et d’un refrain dévastateur. Son interprétation laisserait presque ressentir la détermination teintée de désarroi qu'éprouve le chevalier de la Garde Royale au moment d'accomplir le geste qui lui vaudra sa tristement célèbre réputation de "Régicide". Quand à "Castles In The Snow" et son rythme plus posé, il offre une poignante vision du tourment intérieur de Sansa Stark, forcée de revêtir l’identité d’Alayne Stone pour ne rien laisser paraître de sa réelle personnalité durant sa fuite organisée au Val d’Arryn.

Quand les morceaux ne s’inspirent pas de la saga de Martin, cela ne les empêche en rien d'être efficaces, ni ne prive Sabrina Valentine d'y donner sa pleine mesure, tutoyant des aigus qu’elle connaît parfaitement et caressant des médiums qu’elle a apprivoisé avec soin. Même lorsqu'il faut se montrer agressive, la jeune femme répond présente. Lui reste certes à conquérir les graves, mais là n’est pas sa tessiture. De toute façon, elle n'en a nul besoin au sein de SEVEN KINGDOMS. Ses capacités permettent à des morceaux qui seraient banals ailleurs ("The Faceless Hero", "Awakened From Nothing") de prendre une mesure inattendue, malgré quelques petits clichés Power Sympho assumés, à l’instar des chœurs sur le très bon "In The Walls" ou des "wohoho" de l’archi-classique "Stargazer".

Si la voix et la section rythmique sont difficilement prises à défaut sur cet album, la basse étant d'ailleurs omniprésente, les guitares, elles, bien qu’exécutant leurs parties avec un extrême sérieux, paraissent toutefois tourner un peu en rond au fil des titres. L’on jurerait avoir déjà entendu tel riff ou tel solo ailleurs, sur d’autres albums d’autres groupes, ce qui, sans se rendre coupable de plagiat (on en est loin !) laisse toutefois le sentiment d’une perte d’inspiration. Certains se laissent écouter mais aussi oublier à peine le disque achevé, alors qu’ils ont été conçus, comme tout bon morceau de Power héroïque, pour rentrer dans les caboches et s’y creuser une place durable. C'est le cas de "The Tale Of Deathface Ginny", par exemple, ou de "Hollow", deux titres tout à fait anecdotiques, d'autant plus qu'ils se trouvent coincés au milieu de véritables réussites dont l’air persiste bien après l'écoute.

Le souci de SEVEN KINGDOMS avec "Decennium" réside dans un manque certain de variété dans le tempo mais aussi dans l’originalité des mélodies. Le groupe peut se montrer extrêmement emballant sur un titre et donner l’impression d'être en mode Power automatique sur le suivant. De manière générale, d’ailleurs, SEVEN KINGDOMS n'est pas l'ami des changements de rythme sur ce quatrième opus, laissant la porte ouverte à une légère mais indésirable lassitude. Ce qui constitue un réel obstacle à l'éclate intégrale que l’album devrait générer. Reste un disque tout de même efficace, fidèle aux canons d'écriture et de composition que le groupe s’est fixés sur ses précédents albums studio, et offrant néanmoins une bonne dose d'héroïsme musical comme on l’aime chez NIME.

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- Sabrina Valentine (chant)
- Kevin Byrd (guitares)
- Camden Cruz (guitares)
- Aaron Sluss (basse)
- Keith Byrd (batterie)


1. Stargazer
2. Undying
3. In The Walls
4. The Tale Of Deathface Ginny
5. Castles In The Snow
6. Kingslayer
7. The Faceless Hero
8. Neverending
9. Hollow
10. Awakened From Nothing



             



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