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SEVEN KINGDOMS - The Fire Is Mine (2012)
Par T-RAY le 17 Novembre 2017          Consultée 549 fois

En 2011, la diffusion de la série TV "Game Of Thrones", adaptation du cycle de romans "A Song Of Ice And Fire" (ASOIAF), avait enfin commencé sur la chaîne à péage américaine HBO. SEVEN KINGDOMS, de son côté, s’apprêtait à enregistrer son troisième album studio. Et les deux fondateurs du groupe de Power Metal floridien se sont alors rabibochés. Camden Cruz, guitariste et principal compositeur de la formation, et Bryan Edwards, ancien chanteur et parolier, à qui le combo doit essentiellement son nom et ses paroles issues de l’univers de la saga de George R.R. Martin (GRRM). Des paroles qui avaient disparu avec leur auteur avant l’enregistrement du précédent L.P.

Mais avec cet événement télévisuel, il aurait été dommage de s’appeler SEVEN KINGDOMS et de ne plus évoquer les destins des Stark, Targaryen, Lannister et Baratheon, entre autres, dans les textes du quintette. Est-ce l’occasion qui a fait le larron, ou était-ce juste une coïncidence ? Toujours est-il que l’ombrageux guitariste et le débonnaire vocaliste ont refait ami-ami, pour le bien-être de leur relation de longue date et pour le bonheur de SEVEN KINGDOMS. À présent, le groupe pouvait de nouveau faire valoir le fait d’être ouvertement inspiré par la saga romanesque au niveau des paroles... Oui, oui, même jusqu’aux interludes.

"A Debt Paid In Steel", situé en pénultième position de "The Fire Is Mine", l’album qui nous intéresse ici, n’est autre qu’une mise en scène, sans musique aucune, du dernier dialogue entre Jaime Lannister et Roose Bolton, dans le troisième tome de la saga. Oui, avec ce troisième L.P., ASOIAF est bien de retour dans la sphère de SEVEN KINGDOMS. Et c’est tant mieux, car c’est souvent la thématique qui inspire le mieux la formation américaine. Consacré à Bran Stark, "After The Fall", premier vrai titre de cet album après l’introductif "Beyond The Wall", est le premier bon exemple de cette juste inspiration.

D’abord parce que l’écriture de Bryan Edwards a bien mûri entre 2007 et 2012, et que son texte est beaucoup plus travaillé que ce à quoi il nous a habitué sur le premier album, de manière générale. Ensuite, parce que c’est tout le groupe – et Jim Morris à la production – qui semble avoir élevé son niveau. SEVEN KINGDOMS paraît avoir acquis de la maturité et sonne plus professionnel que jamais. Le son des guitares est remarquable, l’équilibre entre les instruments et la voix de Sabrina Valentine, plus sûre d’elle que par le passé, évoluent dans une osmose qui fait plaisir à entendre. Les chœurs sont également plus professionnels que jamais et cela fait du bien.

Les deux autres titres inspirés d’ASOIAF sont d’une qualité encore supérieure. "The Fire Is Mine", qui reprend en partie la mélodie vocale du "Stormborn" du premier album, propose un Heavy direct et riche en ambiances qui fait plaisir à entendre. L’enchaînement de soli de guitare sur sa deuxième partie est prenant et l’on suit avec bonheur les tricotages des guitaristes. Puis, surtout, "The King In The North" envoie SEVEN KINGDOMS sur la voie d’un titre plus long (7:50), plus développé, qui laisse l’espace et le temps à Sabrina Valentine pour nous conter les dernières heures de Robb Stark. Celle-ci parvient à merveille à poser la narration puis à incarner Catelyn Stark, mère du Roi dans le Nord, lors d’élans vocaux plus dramatiques.

Néanmoins, SEVEN KINGDOMS n’a pas besoin d’évoquer la saga du "Trône de Fer" à tout bout de champ pour se faire remarquer. Si des morceaux trop passe-partout comme "Forever Brave" ou "Fragile Minds Collapse" ne relèvent pas le gant, les autres (le très Power "Flame Of Olympus", "Symphony Of Stars" et son refrain tout en voix de tête, le passionné "In The Twisted Twilight") sont tout à fait au niveau. Y compris la ballade "Kardia", inattendue mais non moins réussie. Inattendue car la formation américaine nous avait trop rarement habitué aux ballades jusqu’ici, en dehors du deuxième album où "Into The Darkness" et son piano venaient apporter un côté Pop. Ici, la guitare acoustique remplace le piano, mais l’émotion est au rendez-vous.

Ce qu’il n’est toutefois pas évident d’appréhender sur "The Fire Is Mine", contrairement aux précédents albums de SEVEN KINGDOMS, c’est la façon dont pas mal de morceaux sont construits et dont ils s’affranchissent parfois du classique schéma couplet/couplet/refrain/couplet/refrain/solo/refrain, que l’on retrouve dans une grande majorité de morceaux de Power Metal. Finalement, assez peu de titres sur ce troisième album sont bâtis de cette façon. Ce qui rend son écoute plus exigeante que ses prédécesseurs… Mais non moins gratifiante. Au contraire, outre l’élévation du niveau technique et de la production, cette complexité (relative, hein, ça reste du Power Metal classique) donne des lettres de noblesse au travail de SEVEN KINGDOMS.

Pour reprendre le champ lexical de GRRM dans son œuvre, le simple homme de garde vient d’être élevé au rang de chevalier fieffé. Néanmoins, il lui manque de vrais morceaux de bravoure pour transformer son troisième album en réussite totale. Oui, le quintette floridien a gagné en professionnalisme et en cohésion, en technicité et en maîtrise de son univers, mais "The Fire Is Mine" manque encore de ce que l’on attend du Power Metal pour conquérir le monde : des tubes, épiques, héroïques, excitants, qui font tout de même grand défaut à cet album. Et ce n’est sans doute pas pour rien qu’aucun label n’a voulu produire le quatrième L.P., "Decennium", pour lequel SEVEN KINGDOMS a dû se résoudre à une campagne de crowdfunding... Avant d'être saisi au vol par Napalm Records.

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   T-RAY

 
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- Sabrina Valentine (chant)
- Camden Cruz (guitares, vocaux additionnels)
- Kevin Byrd (guitares, vocaux additionnels)
- Keith Byrd (batterie)
- Aaron Sluss (basse)


1. Beyond The Wall
2. After The Fall
3. Forever Brave
4. Flame Of Olympus
5. Symphony Of Stars
6. The Fire Is Mine
7. Kardia
8. Fragile Minds Collapse
9. In The Twisted Twilight
10. A Debt Paid In Steel
11. The King In The North



             



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