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SEVEN KINGDOMS - Brothers Of The Night (2007)
Par T-RAY le 17 Octobre 2017          Consultée 322 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique d’un album dédié à une série de romans à succès est également susceptible de contenir des révélations sur son intrigue.

Je suis un grand fan de la saga "A Song Of Ice And Fire" (ASOIAF), le fameux "Trône de Fer" de George R.R. Martin. Je ne suis pas de ceux qui l’ont découverte avec la série "Game Of Thrones". Je n’ai d’ailleurs même pas découvert GRRM avec cette suite romanesque, mais avec "Fevre Dream", lors de sa première traduction en français sous le titre "Riverdream", il y a une bonne douzaine d’années, soit… 23 ans après sa publication aux States ! Moi, le grand amateur de vampires, j’y trouvai un roman original à la hauteur de mes attentes élevées en matière d’histoires de suceurs de sang (la série "True Blood" et les romans sur lesquelles elle se base peuvent d’ailleurs remercier Martin pour l’énorme inspiration qu’ils en tirent).

Mais ce que je trouvai aussi en "Fevre Dream", c’est le goût du style de l’écrivain américain. Voici un auteur qui mérite sans aucun doute d’être lu pour autre chose qu’ASOIAF. Seulement voilà, je n’avais pas lu "Le Trône de Fer" jusqu’à 2005 ; ce n’était pourtant pas faute d’avoir considéré la chose. Désormais familier avec l’écriture de GRRM, je pouvais alors sans crainte me lancer dans la lecture de son magnum opus. Et malgré la pénible traduction de Jean Sola, je suis naturellement tombé sous le charme (au sens propre) de la geste des familles Stark, Targaryen, Lannister et autres Baratheon. Depuis, je suis la moindre actualité concernant le cycle de romans, son adaptation télévisuelle, mais aussi les initiatives de la communauté de fans.

Et parmi celle-ci figurent les Floridiens de SEVEN KINGDOMS, groupe de Power Metal fondé par de vrais grands passionnés de l’œuvre de George R.R. Martin. Quand j’ai su qu’à la suite de la parution en France de leur quatrième L.P., "Decennium", Napalm Records, leur nouveau label, allait enfin sortir dans l’Hexagone les trois premiers albums studio de la formation, j’ai fourbi mes armes en acier valyrien… enfin, surtout ma carte bancaire en plastique ! Le temps est donc venu de chroniquer ici lesdits albums, en commençant bien sûr par cet inaugural "Brothers Of The Night", incontestablement marqué par la "fanitude" du sextette. Regardez donc cette pochette, figurant Jon Snow et Samwell Tarly prononçant leurs vœux de Frères Jurés de la Garde de Nuit sous le regard des barrals d’au-delà du Mur.

Et lisez donc ces textes, entièrement consacrés aux événements passés et présents du "Trône de Fer". Enfin, c’est surtout là que le bât commence à blesser… Car le groupe est encore loin de faire preuve de la même maîtrise formelle de ses paroles qu’aujourd’hui, et ce n’est pas peu dire ! Pour ceux qui connaissent le style riche et vivant de George R.R. Martin en version originale, comment vous dire, ce qu’on lit dans le livret de ce premier album est très, très, très en-dessous… Nul élève n’est tenu de dépasser son maître, ni même de l’égaler, évidemment, mais là, c’est du domaine du fanwork basique, hélas. L’usage que fait Bryan Edwards, le vocaliste et parolier, des expressions chères à Martin est d’ailleurs fort hasardeux, faisant tomber à plat des formules pourtant fortes…

Ainsi, "Stormborn" ne rend aucunement justice aux chapitres consacrés à Daenerys Targaryen durant son périple en Mer Dothrak. Les deux morceaux dédiés aux Fers-nés ("We Do Not Sow" et "Towers Of Hubris") cumulent les utilisations clichesques de ce qui constitue pourtant de véritables punchlines dans les romans. Pire, "Watchers On The Wall" maltraite sévèrement le superbe serment de la Garde de Nuit ! De manière générale, même en-dehors du mésusage des formules-clef des romans, les paroles sont d’une platitude déconcertante. Mais si ça s’arrêtait là, ça irait encore. Car le même Bryan Edwards n’est pas plus en verve au micro… Les vocaux ont beau avoir été enregistrés au Morrisound Studios de Tampa par Jim Morris lui-même, ils sont d’une mollesse terrible ! Le chant clair du cofondateur du groupe est faible et sans énergie ni relief. Le garçon manque ici singulièrement de coffre et peine même à décrocher les notes un peu hautes (ouille, "Dragonflight" !)… Avouez que c’est ballot quand on chante du Power Metal !

Et puis qu’est-ce que c’est que ces lignes de chant foireuses, aux mélodies tout sauf harmonieuses (je n’ai pas dit "harmoniques") quand tout appelle à ce qu’elles le soient ? "Stormborn" est affreuse à cet égard. Et "The Long Night" est pire ! « Mais pourquoi tu chantes ça comme ça, tu arrêtes ça tout de suite », a-t-on envie de hurler à Edwards ! Question justesse, en revanche, il tient plutôt la route sur la majorité de l’album, mais c’est surtout son chant saturé qui sauve la mise des vocaux de ce disque. Quand il en fait usage, il relève sensiblement le niveau. Edwards est clairement plus à l’aise lorsqu’il growle et heureusement, il growle souvent sur "Brothers Of The Night". Plus que sa grosse voix, c’est surtout la musique de ses petits camarades, composée par l’autre fondateur du groupe, Camden Cruz, qui permet à ce premier L.P. d’éviter le naufrage.

Le guitariste, bien accompagné par les frères Byrd, le très audible Cory Stene (merci le mix à Morris !) et, occasionnellement, le dispensable John Zambrotto – qui dégagera avec ses claviers dès l’album suivant – délivre un Power Metal relativement varié sur ce disque. Lorsque l’on se laisse aller à l’écoute détaillée des parties instrumentales, on prend un certain plaisir et l’on n'est déçu à peu près nulle part. De l’épique "Winter Comes" au presque Mélodeath "Dragonflight" en passant par l’héroïque "Eyes Of Summer", il y a de quoi s’évader plaisamment en terre de Westeros ou d’Essos. D’autant que Camden Cruz sait s’y prendre pour infuser ce Power Metal de soli puissants et même de petits passages plus Rock bien sentis. Bien sûr, il faut passer outre le chant… Quoique chant et musique parviennent parfois, miraculeusement, à se tirer l’un l’autre vers le haut. En cette occasion, "Blackwater Rush" et surtout "The Bloody Meadow", riches de superbes refrains aux accents guerriers, font figure d’authentiques réussites et méritent d’être réécoutés en boucle : ils sont tout bonnement excellents !

On ne peut donc décemment pas dire que cet album soit mauvais sur le plan musical, car de ce côté-là, le groupe est déjà solide, à défaut d’être réellement original. Mais tout bien considéré, sur le plan du concept entier, du "total package", en somme, on est loin du compte… très, très loin ! Donc si vous aimez "A Song Of Ice And Fire" ET le Power Metal, oubliez ce premier album et passez directement aux suivants, en particulier "The Fire Is Mine" et "Decennium", ça vous évitera d’être déçus, au mieux, fâchés, au pire. Oui, les fans de la saga de George R.R. Martin sont durs et exigeants. Mais il y a déjà suffisamment de raisons d’être frustré quand on est fan du "Trône de Fer" pour ne pas en rajouter en s’infligeant ce disque à tout prix (au temps pour ma carte bancaire !). Surtout que SEVEN KINGDOMS a fait mieux depuis.

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   T-RAY

 
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- Bryan Edwards (vocaux)
- Camden Cruz (guitare lead)
- Kevin Byrd (guitare rythmique)
- Keith Byrd (batterie)
- Cory Stene (basse)
- John Zambrotto (claviers)


1. Eyes Of Summer
2. Stormborn
3. We Do Not Sow (the Legacy Of Black Harren, Part I)
4. Blackwater Rush
5. The Bloody Meadow
6. Dragonflight
7. The Long Night
8. Watchers On The Wall
9. Towers Of Hubris (the Legacy Of Black Harren, Part
10. Winter Comes



             



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