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- Membre : Luca Turilli's Rhapsody

TRICK OR TREAT - Rabbit's Hill Pt. Ii (2016)
Par T-RAY le 9 Septembre 2017          Consultée 501 fois

Qu’elle fut longue à venir, pour TRICK OR TREAT, cette deuxième partie du diptyque que lui a inspiré le roman "Watership Down" de Richard Adams ! Quatre ans. Voilà qui n’est pas commun, quand on annonce d’emblée un concept album en deux volets. Bon, à la décharge des Italiens, d’autres groupes fameux ont fait poireauter leurs fans encore plus longtemps entre deux parties d’une même œuvre. Oui, PAIN OF SALVATION, c’est vous que je regarde du coin de l’œil : sept ans, vous avez mis, pour offrir à votre public la suite de "The Perfect Element, Pt. I" ! Et vous n’avez même pas pris la peine d’afficher sur la pochette que "Scarsick" était bien cette "Pt. II" ! Honte sur vous !

Je m’égare… Mais qui aime bien châtie bien, et j’aime bien POS. J’aime aussi TRICK OR TREAT, et heureusement car c’est le groupe modénais qui nous intéresse ici. Un groupe qui a des circonstances atténuantes à ce hiatus bien imprévu… Car la gloire est venue frapper à la porte d’Alessandro Conti, en 2012, après l’enregistrement de "Rabbit’s Hill Pt. I". La gloire, c’est l’autre nom de Luca Turilli (vous connaissez ses chevilles), qui l’a gentiment invité à prendre le micro de SON RHAPSODY, celui sans Fabio Lione et Alex Staropoli, qui ne s’encombre pas de FIRE dans son blaze (pun intended). Quand le monsieur (pardon, le maestro !) se pointe avec ses gros biceps et ses pecs impeccables pour exiger de vous que vous soyez le vocaliste de son groupe, que feriez-vous ?

Alessandro Conti n’a donc pas hésité (ou si peu) et n’a donc pas chômé non plus, pendant les quatre ans qui ont séparé "Rabbit’s Hill Pt. I" de sa "Pt. II". Deux albums studio dans la boîte, plus un Live : voilà quatre années bien remplies… De quoi requinquer son homme en termes d’ambitions, et "Rabbit’s Hill Pt. II" n’en manque pas, d’ambition. Davantage, sans doute, que le premier volet… Mais pas avec la même réussite. Lisez la suite et vous comprendrez. De manière générale, c'est une deuxième partie plus sombre que nous proposent les Italiens. Dès le premier titre, TRICK OR TREAT annonce la couleur, et les tons foncés prédominent.

"Inle’ (The Black Rabbit Of Death)" (ne riez pas !) commence comme un morceau de Thrash, obscur et menaçant, avant que le Heavy bien Speed, à l'ancienne, ne reprenne ses droits. Voici un titre HELLOWEENien au possible dans sa composition. Jusqu'au refrain, toutefois, où un growl de la mort vient déclamer le nom du fameux Black Rabbit (de la mort… vous suivez ?). Cette voix, c'est celle de Simone Bertozzi, du groupe de Doom ARCANA 13. Si l’ombre d'HELLOWEEN plane donc toujours sur cette seconde partie du concept album, le propos s’est effectivement noirci… Des ténèbres qu’on retrouve sur "Efrafa", nimbé dans une ambiance sombre et mystérieuse.

Le riff principal est intéressant et un groupe de Death bien Mélo ne l’aurait sans doute pas renié. La rythmique est dans le même esprit, avant que la voix tout à fait Power de Conti ne remette de l'éclaircie dans tout cela. Ce titre est également l’occasion d’entendre pour la première fois les chœurs de Damnagoras, vocaliste de ELVENKING, l’un des nombreux invités de cet album. Autre invité, Alessio Lucatti, de VISION DIVINE (entre autres), est venu prêter son clavier à ses compatriotes. Si ce morceau reflète l’ambition de TRICK OR TREAT avec ce concept album en deux parties, dans la droite ligne de ce que proposait le premier volet, il n’est toutefois que modérément inspiré par rapport aux titres de la “Pt. I”, même s’il a ses (beaux) moments.

La nuit et ses tourments ne s’arrêtent pas à ces deux morceaux. "They Must Die", lui, montre les dents dès les premières notes : il va être musclé et Heavy à souhait. Il fallait bien ça pour que Tim “Ripper” Owens, autre guest prestigieux sur cet album, puisse poser dignement sa voix de Metal demi-God. Sans aller jusqu'à dire que ce titre pourrait être du JUDAS PRIEST, l’inspiration en vient en partie… Mais pas que, pas que du tout, même si la partie instrumentale au milieu du morceau emprunte le mode twin-guitars cher au duo Downing/Tipton. Ce cœur de titre s'avère d’ailleurs plus riche que le reste du morceau, qui reste bon mais ne surprend pas autant (en bien) que ne le faisaient les compos du premier volet du concept.

C'est un peu le problème de ce “Rabbit's Hill Pt. II” : on a l’impression qu’il a sacrifié une partie de la spontanéité de son prédécesseur, en termes de composition, pour faire de la place à des voix tierces en s’inspirant de leur univers d’origine. Mais l’auditeur, lui, ne gagne pas forcément au change. Cela ne veut pas dire que ces voix tierces soient malvenues : elles sont très bien intégrées, mais il est regrettable que TRICK OR TREAT ait choisi de mêler leur environnement d’origine au sien, plutôt que de les mettre au service total du style TRICK OR TREAT. Reste que l’on peut apprécier sans mal les collaborations des chanteurs/euses invité(e)s.

Ainsi, "Never Say Goodbye" est une Power Ballade sur laquelle Alessandro Conti peut poser sa voix, tranquillement, assisté de Sara Squadrani, d’ANCIENT BARDS. Le grain de voix de celle-ci, un brin éraillé, et sa tessiture assoient encore un peu plus le morceau, qui s’avère sans aucun doute l’un des plus réussis de l’ensemble. Le duo est pourtant classique dans son exécution, mais les deux voix s’accordent à merveille et donnent de l’ampleur à la musique sur laquelle elles se posent. Sur "United", cette fois, c’est Tony Kakko qui est invité à partager le micro d’Alessandro Conti. D’ailleurs, le morceau commencerait presque comme du SONATA ARCTICA classique, les claviers en témoignent. C’est également très vrai sur le refrain. Mais côté couplets, c’est un peu plus catchy que SONATA, et c'est tant mieux.

Souvent, TRICK OR TREAT a conservé les bonnes idées du premier volet de son diptyque. "Together Again" présente ce côté Folk ensoleillé qu’apportait déjà “Bright Eyes” et surtout "Spring In The Warren". Mais il n’apporte rien de plus, même si les accords de guitare électro-acoustique et les ronronnements de basse s'avèrent tout à fait agréables à l’oreille. Ailleurs, le Power parfaitement maîtrisé des Transalpins reprend le pouvoir, comme sur "Cloudrider", totalement “shiny” et gavé d’ondes positives (et d’un superbe solo de guitare), ou "The Great Escape", où un Heavy plus Thrashy, plus Speed, du moins, réapparait, que la voix d’Alessandro Conti magnifie. "Last Breath" aussi lui permet de donner libre cours à tout son talent vocal. Quelques expérimentations se font entendre également, notamment sur "Beware The Train", un instrumental plutôt sombre et sans doute l'un des titres les plus réussis de ce diptyque. S’il se montre Heavy, voire très Heavy, il est riche de petites fantaisies intéressantes, notamment un plan jazzy de quelques secondes, et fait la part belle à la basse, qui cavale en tous sens. Pas de quoi, toutefois, faire de l’ombre à la pièce maîtresse de cet album, "The Showdown".

Un violon pizzicato, une flûte, des timbales, des cuivres… TRICK OR TREAT aurait-il enclenché le mode orchestre ? Pas si longtemps, car les grattes, bien Heavy, prennent le relais avant que Conti ne pose sa voix sur un environnement sonore plus calme (c’est relatif). Avec ce morceau, TRICK OR TREAT attaque la pièce la plus longue de son répertoire. 10’47’’ de pur Power Metal assez classique dans la facture, mais que les Italiens prennent le temps qu’il faut pour installer. Les différents riffs ne sont pas forcément mémorables, mais ils se cèdent la place les uns aux autres de manière très naturelle. Les parties instrumentales en deviennent d'autant plus agréables à suivre, et le groupe monte en puissance bien comme il faut sur la deuxième partie. C'est classique mais ça fonctionne parfaitement. Sur la partie bluesy au cœur du titre, Alessandro Conti fait montre de toute sa science du chant, sans aller péter les aigus pour autant. Un titre ambitieux qui aurait toutefois mérité un moment de grâce pour rester dans les crânes des fans de Power.

Ainsi, "Rabbit's Hill Pt. II" est une œuvre solide, mature à tous points de vue, qui complète très correctement un premier volet de haute volée. TRICK OR TREAT est plus en place que jamais, sur ce disque, bien appuyé par une cohorte d'invités, mais l’album manque quelque peu du souffle et de l’enthousiasme de son prédécesseur. L’aspect professionnel prédomine, avec le petit côté froid qui l’accompagne généralement. La production n’y est pour rien, car elle met tout ce beau monde en avant comme il le mérite, mais la spontanéité manque effectivement à l’appel, et c’est dommage. Le hiatus de quatre ans entre les deux disques y est aussi sans doute pour quelque chose. Comme quoi, le temps qui passe n’offre pas forcément l’occasion de mieux faire.

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   T-RAY

 
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- Alessandro Conti (chant)
- Guido Benedetti (guitares)
- Leone Villani Conti (basse)
- Luca Setti (batterie)
- Luca Venturelli (guitares)


1. Inle' (the Black Rabbit Of Death)
2. Together Again
3. Cloudrider
4. Efrafa
5. Never Say Goodbye
6. The Great Escape
7. They Must Die
8. Beware The Train
9. United
10. The Showdown
11. Last Breath



             



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