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DEATH/BLACK  |  STUDIO

Lexique death metal
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2005 1 Anaclasis
2010 Erebos
2015 Crusade:zero
2017 Tremendum

HATE - Tremendum (2017)
Par MEFISTO le 22 Mai 2017          Consultée 1749 fois

HATE est un des groupes les plus méconnus au bataillon polonais, en raison de vous savez quoi. Ok, peut-être en raison d'un manque de pèche dans le passé et de l'ombre projetée par quelques-uns de ses contemporains, BEHEMOTH en tête de liste pour ne pas le renommer. Sauf que depuis la sortie de "Crusade:Zero" il y a deux ans, HATE a brisé les chaînes invisibles l'asservissant à tort depuis fort longtemps et a prouvé qu'il en avait dans le caisson et dans les tripes. Oui, "Crusade:Zero" était un sacré album.

Déboule alors deux ans plus tard "Tremendum", dixième galette en 25 ans de HATE et surtout, d'Adam The First Sinner (ATF), maître incontesté de l'entité Death/Black, qui mène sa barque avec le batteur Pavulon depuis 2014. ATF s'est bien entendu entouré de musiciens studio capables de livrer les mesures qu'il a intelligemment encrées sur le papyrus le plus épais, qui, comme ce disque, résistera aux assauts du temps sans la moindre anicroche.

Le premier constat qui s'impose est simple : "Tremendum" a été forgé dans les mêmes entrailles enflammées que "Crusade:Zero". La prod' est nickel, ça envoie du très lourd. On est sans se tromper en Pologne, nation réputée pour enfanter des combos au Metal violent, corsé, épique, bref, calqué sur son histoire pas toujours joyeuse. Que l'on pense à l'efficacité d'un VADER, à la grandeur d'un BEHEMOTH, à la brutalité d'un DECAPITATED, à la magie d'un MGŁA ou d'un VESANIA, il réside au sein de ce Metal un acide unique qui corrompt nos conduits à chaque fois. HATE peut maintenant se targuer d'être dans la troupe de tête, car avec une telle signature sur "Tremendum", que je qualifierais de « désertico-héroïco-dantesque », il devrait rallier tout le monde.

On sait que les artistes métalliques d'Europe de l'Est préfèrent la philosophie à la religion… ATF n'est pas l'exception et va puiser ses textes dans la mythologie et les écrits de grands penseurs, entre autres ceux de Rudolph Otto et son mysterium tremendum. Allez lire sur ce concept, c'est assez intéressant… Et je suis persuadé que cette inspiration a contribué à rendre "Tremendum" encore plus redoutable. Au même niveau que le dernier SVART CROWN, par exemple, qui jouit d'une palette de couleurs chaudes semblable. HATE est juste plus exubérant, évidemment, les grattes mélodiques s'en donnent à cœur joie et le tempo est la majorité du temps dans le tapis. Les cavalcades martiales à la MARDUK sont reines chez HATE, qui revisite l'Art de la guerre en 54 minutes, au sens propre et au figuré.

Il ne réinvente pas le canon par contre – ni le chant gras remuant, car bien des riffs dont on se délecte sur "Tremendum" existent déjà dans notre imaginaire ou en vrai. Celui de "Indestructible Pillar", par exemple, est vieux comme le monde, mais HATE trouve le moyen de lui coller des ambiances et solos si prégnants qu'on oublie tout ça. L'heure est au plongeon dans le bac d'acide, on se laisse consumer par cette chaleur omniprésente de l'erg HATien. L'arme au poing, il est temps de combattre ses démons. Et des bêtes cornues, il y en a sur "Tremendum", comme chez NAGLFAR à la belle époque!

L'homogénéité du poison est un de ses atouts majeurs ; il assomme à long terme sans provoquer de haut-le-cœur. Il se dégage donc un équilibre de "Tremendum", signe des albums réussis qui ne misent pas tous leurs jetons sur quelques plages pour les sauver du marasme. Non, HATE a serti son pentagramme de perles noires à l'éclat identique. Quand on investit ses deniers et son précieux temps dans une œuvre en 2017, c'est le minimum auquel on doit s'attendre. Certains groupes ne l'ont pas encore compris, malheureusement pour eux…

"Tremendum" nous tient quant à lui en haleine sans faiblir. Je ne sais pas où ATF a puisé son énergie pour enligner deux opus de cette qualité, mais HATE est parti pour la gloire. Si "Crusade:Zero" m'a plu, "Tremendum" me comble presque entièrement. J'aurais aimé quelques incartades atmosphériques afin de pousser ce climat aride au maximum, mais je dois avouer que les guitares me parlent suffisamment pour compenser.

Sélection amplement méritée pour les Polonais, qui nous font voyager pendant près d'une heure dans un monde apocalyptique que semblent avoir délaissé un brin BEHEMOTH et consorts. La porte est ouverte et, en opportuniste avisé, HATE l'a bloquée de ses bottes de titan.

Un énorme 4 !

Podium : (or) "Asuric Being", (argent) "Walk Through Fire", (bronze) "Into Burning Gehenna".

Indice de violence : 3,5/5.

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- Atf Sinner (guitare, chant)
- Pavulon (batterie)


1. Asuric Being
2. Indestructible Pillar
3. Svarog's Mountain
4. Numinosum
5. Fidelis Ad Mortem
6. Into Burning Gehenna
7. Sea Of Rubble
8. Ghostforce
9. Walk Through Fire
10. Hearts Of Steel [bonus]
11. Asuric Being (radio Edit)



             



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