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NORMA JEAN - Polar Similar (2016)
Par PINPIN le 23 Janvier 2017          Consultée 1592 fois

S'il y a un groupe dont je n'avais pas prévu le retour en grâce en 2016 c'est bien NORMA JEAN, groupe dont je vénère les trois premières sorties mais qui m'a par la suite plutôt déçu. Ce comeback a commencé pour moi par un live, à Graspop, NORMA JEAN y a beaucoup joué "Redeemer" et la set-list ne comportait que des morceaux chaotiques et nerveux, incluant des pistes du "Polar Similar" alors à venir. Le concert était excellent et les nouvelles pistes semblaient dignes d'un NORMA JEAN des grandes heures. Tout ça devait être confirmé à la sortie du disque : "Polar Similar" m'a très vite pris aux tripes. Rien qu'à l'écoute du morceau d'intro et son lourd mur de son groovy et hypnotique survolé par des lignes d'un chant agressif, j'ai su.

Ô Joie ! Enfin NORMA JEAN ne tergiverse plus (*), accepte sa noirceur et rentre dans le lard à nouveau ! Ô Joie ! On en a fini avec les passages Post-Grunge pas forcément réussis et le manque d'inspiration, NJ se remet au Hardcore ! Avec le recul je me rends compte que j'avais jeté "Wrongdoers" avec l'eau du bain, cet avant dernier album montrait déjà la nouvelle mouture de NJ, de manière un peu frileuse cependant. "Polar Similar" lui, achève la mutation.

Ce nouveau son que nous propose NJ est plus gras qu'à l'habitude et alterne entre les parties chaotiques et agressives et les passages Post-Metal aux rythmiques et mélodies plus conventionnelles. Globalement le groupe se concentre sur cette impression de tristesse et de nostalgie qu'ils avaient parfois su distiller dans des morceaux comme "Songs Sound Much Sadder". Le riffing est superbe, limite dissonant, il est en grande partie responsable de la sensation de nostalgie. Ne vous y trompez pas, ce n'est pas parce que c'est mélancolique que ça n'est pas énergique : Clayton Holyoak nous propose des rythmiques rapides et syncopées et Corey Brandman Putman transpire derrière le micro pour nous délivrer son chant Hardcore parfaitement maitrisé. J'ai l'impression que tout comme Mike Hranica de THE DEVIL WEARS PRADA et Sam Carter de ARCHITECTS, Corey a peaufiné une technique par laquelle il superpose du chant clair à ses hurlements, ce qui lui permet de proposer des lignes de chant très intelligibles et d'augmenter sa tessiture.

Le disque est un album concept commençant par quatre pistes énervées qui s’enchaînent à toute berzingue, cette partie transpirante de colère ravira les fans des premiers albums. Et puis arrive "II. The People" une piste bruitiste qui m'a beaucoup surpris à la première écoute mais que je trouve indispensable depuis, c'est bête mais ces sons de téléphone et cette petite mélodie désuète me transmettent un spleen instantané - ce doit être le même effet nostalgique que celui sur lequel joue la vaporwave. Bref après cet interlude, on repart sur des morceaux lourds - comme la bombe "Synthetic Sun" - dans lesquels la rage se mue peu à peu en tristesse. On arrive alors à "III. The Nebula" qui fait office de seconde pause et nous propose des intonations sudistes, comme pour nous prévenir des touches de Stoner qui arriveront dans la dernière partie. Dernière partie ou les pistes sont plus calmes et sombres et dont les tempos se font moins élevés qu'au début du disque. Le tout se finit en beauté avec les dix minutes graves de "IV. The Nexus".

En fin de compte, l'album est bien plus énervé qu'il n'est dépressif, mais cette rage vaine et triste me marque et m'émeut - sans doute qu'un amateur de Doom, de Gothique ou de Black sépulcral, trouvera ma réaction exubérante, mais je ne suis pas habitué au mode mineur. Quand je dis qu'il marque, c'est littéral : les refrains et lignes de chant me reviennent en tête à des moments mélancoliques, les plus récurrents sont : "what you're feeling is the loneliness of God" et "So you wanted to live, so you wanted to die, is that what you came for ?". Comme vous pouvez le constater, les paroles aussi sont pour le moins déprimantes.

Je passerais sur l'aspect technique et la production, le son de l'album me convient tout à fait bien que je n'ai pas du tout regardé ça en détail, comme vous l'aurez compris, cet album je l'ai davantage ressenti qu'écouté. Et n'est-ce pas ce qui compte avant tout dans la musique : les émotions qu'elle transmet ? Je pense pouvoir dire que c'est pour NJ l'album de la maturité, et pour ma part, la grosse claque de 2016 !

4,5/5.


(*) Ils le disent eux-mêmes : "I'm not fucking around" dans "1 000 000 Watts".

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- Cory Brandan Putman (chant)
- Jeff Hickey (guitare)
- Phillip Farris (guitare)
- John Finnegan (basse)
- Clayton 'goose' Holyoak (batterie)


1. I. The Planet
2. Everyone Talking Over Everyone Else
3. Forever Hurtling Towards Andromeda
4. 1,000,000 Watts
5. Ii. The People
6. Death Is A Living Partner
7. Synthetic Sun
8. Reaction
9. Iii. The Nebula
10. The Close And Discontent
11. An Ocean Of War
12. A Thousand Years A Minute
13. Iv. The Nexus



             



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