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Luca TURILLI - Prophet Of The Last Eclipse (2002)
Par BAST le 1er Décembre 2002          Consultée 14094 fois

La découverte des albums de Rhapsody ou de Luca Turilli suit toujours le même processus depuis SOEL de Rhapsody (2000). Et cet album, ce Prophet Of The Last Eclipse, ne déroge pas à la règle :

Comme d’habitude, l’album est annoncé longtemps à l’avance. Son orientation aussi d’ailleurs. C’est ainsi que l’on savait déjà, près de six mois plus tôt, que Luca avait décidé de faire se dérouler la suite de sa saga, The Dark Comet Saga, dans un monde partagé entre fantasy à la Tolkien et science-fiction à la Star Wars. A l’annonce de la sortie pour fin 2002 du nouvel album solo de Luca, l’impatience taraude les fans. Mais peut-être un peu moins que pour son précédent album puisque POTDF de Rhapsody résonne encore dans nos oreilles et a déjà bien comblé notre appétit d’Hollywood Metal ! La suite, c’est l’annonce du titre de l’album. Il s’intitule Prophet Of The last Eclipse et Luca nous promet quelque chose de spécial… de spatial, plutôt, avec l’adjonction de sons électroniques.

La sortie de l’album approche… C’est le moment de découvrir l’artwork. D’abord celui du single, Demonheart. Superbe, mais un peu décevant car Luca ne déroge pas à la règle mise en place au début de Rhapsody : encore un warrior ! Non pas le Mighty (RIP) mais un robot menaçant qui combat de petits dragons à tête de Piranha ( !). L’heure n’est pas encore à la poésie chez Luca… Puis c’est au tour de l’artwork de l’album de se dévoiler. Même concept, même principe avec un guerrier robotisé en pleine action. Le plaisir des yeux est toujours au rendez-vous. Le dessin est superbe, tout à fait conforme à l’immense talent de son concepteur, Marc Klinnert. C’est malgré tout encore et toujours une scène de combat.

En attendant l’album, les regards sont tournés vers le single. Demonheart convainc très aisément (voir la chronique) et rend l’attente de l’album encore plus difficile. D’autant plus que, comme à l’accoutumée, la sortie prévue le 28 octobre 2002 est repoussée par deux fois : deux semaines puis une autre. Cette attente permet en tout cas de gonfler les pré commandes de la version limitée et l’album Prophet Of The Last Eclipse parvient à très bien se classer sur certains sites de VPC comme Amazon.

L’attente s’achève quand une nouvelle venue chez notre disquaire préféré nous fait voir l’album trôner sur le présentoir. La pochette se dévoile alors dans tous ses détails : elle est magnifique ! Et la version digipack, bien qu’encore sous plastique, s’annonce intéressante. On déballe le digipack et on découvre son contenu. Pas mal, mais loin du digipack de DOV. En tout cas, les commentaires de Luca pour chacun des morceaux sont passionnants.

Une lecture du livret nous en apprend beaucoup sur le disque. Luca s’est entouré des mêmes musiciens metal que sur KOTNT : Outre Luca, il y a Sascha paeth à la basse, Miro aux claviers, Robert Hunecke-Rizzo (Thunderforce ?) à la batterie et, évidemment, Olaf hayer au chant. Le soin de la production a encore une fois été laissé à Sascha et Miro, cela ne surprendra personne. Et nul besoin d’écouter l’album pour se dire que la production sera évidemment parfaite. Beaucoup d’invités ont été appelés en renfort pour l’album. Des choristes pour quatre types de chœurs mais aussi un orchestre de chambre dont il faut saluer le retour puisque Rhapsody utilise uniquement des samples depuis DOV (et un violoniste). Une pléiade d’invités, donc, preuve que Luca fait toujours tout son possible pour mettre au jour un travail à la mesure de son ambition.

Enfin, il est temps d’insérer le CD dans le lecteur. Quelques écoutes suffisent à faire poindre un sourire sur les lèvres : Luca frappe très fort avec son Prophet Of The Last Eclipse ! Son style reste reconnaissable entre mille et ne s’éloigne finalement pas vraiment de Rhapsody, malgré l’apport des sons électroniques. Certains morceaux auraient d’ailleurs très bien pu figurer sur POTDF. Mais la grande qualité de l’ensemble fait oublier cela, car tous les morceaux marquent l’esprit. Ce Symphonic Cosmic metal, comme l’a baptisé Luca, est grandiose, épique, enjoué par moment, plus sombre par d’autres. Les chœurs sont extraordinaires, avec une grande variété : mixtes, féminins ou masculins, chantés par des enfants, ils sonnent différemment sur chaque morceau et enrichissent admirablement l’album.

Une dizaine d’écoutes suffit à tirer cette conclusion qui ne me quittera sans doute jamais l’esprit : Prophet Of The Last Eclipse est un TRES grand album, un album comme il en sort deux ou trois dans l’année :

Aenigma : Pas de surprise, le premier morceau est la sempiternelle intro ! Et dès les premières secondes, nous avons droit à un avant-goût de la teneur des sons futuristes dont parle depuis si longtemps Luca. L’intro reste néanmoins avant tout symphonique et bourrée de chœurs. Superbe, elle introduit à merveille l’album.
War of the Universe : Une intro avec cordes et chœurs avant que le tempo ne s’accélère. Le chant d’Olaf est tout de suite reconnaissable sur des lignes vocales « hachées », caractéristiques des derniers albums de Rhapsody. Le refrain est grandiose, style happy-metal et fait penser à du Freedom Call ou du Heavenly (désolé pour ceux que cette comparaison offusquerait !). A noter un très bon solo.
Rider of the Astral Fire : Un autre titre rapide qui débute d’abord par une intro assez sombre qui distille une aura étrange, mystique. De superbes orchestrations suivent et le morceau montre l’étendue des sons électroniques, grande nouveauté chez le guitariste italien. Tantôt en fond, tantôt au premier plan, elles enrichissent à merveille le morceau. Le refrain est, encore une fois, superbe et enjoué. Le break est excellent, avec des chants grégoriens, un solo grandiose et des chœurs féminins qui font penser à une comptine pour enfant. Un grand moment.
Zaephyr Skies' Theme : Un titre instrumental très aérien avec une voix féminine éthérée du meilleur effet et qui fait souvent penser à Vangelis, parfois à Ennio Morricone. Titre enjôleur et reposant qui montre l’étendue du talent de Luca Turilli. A quand ce type de titre sur un film ? Si d’aventure Luca parvenait à composer la BO d’un film, si possible un film de fantasy, le résultat promet d’être grandiose !
The Age of Mystic Ice : Un riff heavy peu habituel chez Luca commence cet excellent morceau. Beaucoup de sons futuristes en fond et des chœurs proches de Therion. Le refrain est sublime, intervenant après une baisse de puissance, mettant au jour un contraste qui augmente son intensité. Un break génial, plein de rebondissements constitue un autre grand moment.
Prince of the Starlight : Un titre que les fans connaissaient déjà par cœur avant la sortie de cet album, puisque disponible sur le net. Il est excellent, plus dans la veine de KOTNT. L’intro est somptueuse, le refrain un modèle du genre et le long solo bien entraînant. Un titre dont je ne me lasse pas !
Timeless Oceans : La ballade ! C’est intéressant car, quand on reprend chaque ballade composée par Luca ou Rhapsody, on remarque qu’elles sont toutes dans des registres différents. Celle-ci est certainement la ballade la plus typé metal, les chœurs n’y tenant que peu d’importance. L’intro mystique est superbe, tout comme le refrain, sorte de duel entre une voix suraiguë et l’autre à la tonalité plus grave (bravo Olaf !). Tous les instruments sont réquisitionnés : piano, flûte, cordes, sons électroniques pour un grand morceau plein d’émotions.
Demonheart : Le single. Un titre parmi les plus simples de l’album mais qui reste dense et fourni (c’est du Luca Turilli, tout de même !). Seul le refrain me laisse, après de nombreuses écoutes, moins enthousiaste. Mais la montée en puissance qui le précède tout comme les sons électroniques sont géants. A noter que l’intro est différente de celle du morceau figurant sur le single. Plus longue et lorgnant presque vers de la techno.
New Century's Tarantella : Une excellente intro à la flûte de pan ! Le titre est entraînant avec des lignes de chant originales, bien dans l’esprit de l’accordéon ( !) qui les accompagne. Ce titre est plus proche du premier album de Luca avec un refrain simple mais bien accrocheur.
Prophet of the Last Eclipse : Un titre dont on avait pu avoir un avant-goût sur Demonheart. Mais la version longue est cent fois plus impressionnante. Le refrain est encore plus magnifique car il survient après une longue montée en puissance et cette montée en puissance le rend davantage épique. Un long titre, qui commence et se termine par des chœurs d’église tout en harmonies. Beaucoup de sons électroniques enrichissent le morceau lui apportant un son nouveau par rapport aux productions précédentes de Rhapsody ou de Luca. Ce morceau fourmille d’effets divers, d’arrangements et son refrain est un très grand moment. Les chœurs y sont tout bonnement ahurissants. Un titre qui nécessite beaucoup d’écoutes pour bien le saisir dans son ensemble. Luca accouche d’un chef-d’œuvre.
Dark Comet’s Reign (version digipack) : Certes, il s’agit là d’un titre bonus, mais Luca ne nous refourgue pas un morceau sans intérêt. Dark Comet’s Reign constitue lui aussi un très bon moment, se rapprochant de très près de KOTNT. Le refrain est entêtant et le break sublime fait penser au premier album de Rhapsody, Legendary Tales.
Demonheart (version digipack) : André Matos au chant, tout simplement ! C’est une version très intéressante car le chanteur de Shaman ne nous a pas habitués à intervenir sur des titres aussi épiques. Il s’en sort de façon admirable, se permettant des improvisations et faisant preuve d’un talent extraordinaire. Une excellente idée que cette version !

Luca ne déçoit pas, c’est indéniable. Il parvient à donner un digne prolongement à l’œuvre de Rhapsody et plus particulièrement à POTDF dont il est plutôt proche, mais en réussissant à renouveler ce style musical dont il détient la paternité au côté d’Alex Staropoli. Cet album se déguste du début à la fin, sans relâche, sans temps mort, sans lassitude.

Le bémol, car il y en a un, c’est la trop grande fréquence à laquelle sortent les albums de Rhapsody et de Luca Turilli. Et si Luca a voulu s’éloigner par ses sons spatiaux du registre de son groupe, sa musique garde les mêmes bases. Et au fil de l’écoute des œuvres de Luca ou de Rhapsody, l’auditeur perd peu à peu de son enthousiasme. Legendary Tales et SOEL présentaient énormément de nouvelles idées et désormais, l’auditeur s’émerveille moins devant l’ampleur des chœurs ou les orchestrations de ce nouvel album car tout cela a déjà été fait par Luca et son groupe. Ces derniers, par leurs sorties très rapprochées, sont peut-être en train d’essouffler leur style plus rapidement que ne le fait par exemple Blind Guardian en laissant trois à quatre années entre chaque sortie. Heureusement que les sons électroniques ajoutent à l’aspect « découverte » de ce Prophet Of The Last Eclipse.

Toutefois, la musique de Luca est d’une qualité hors norme et cette remarque n’enlève absolument rien à ce sublime album. Avec POTDF, Prophet Of The Last Eclipse figure en tête de mes préférences pour cette année 2002, rien moins. Et pour ceux qui se demandent pourquoi acheter du Luca Turilli alors qu’il y a déjà Rhapsody, je leur répondrais ceci : parce que cet album est énorme, tout simplement !

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- Luca Turilli (guitare)
- Olaf Hayer (chant)
- Sascha Paeth (guitare)
- Miro (clavier)
- Robert Hunneke (batterie)


1. Aenigma
2. War Of The Universe
3. Rider Of The Astral Fire
4. Zaephyr Skies' Theme
5. The Age Of Mystic Ice
6. Prince Of The Starlight
7. Timeless Oceans
8. Demonheart
9. New Century's Tarantella
10. Prophet Of The Last Eclipse



             



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