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ABIGAIL WILLIAMS - The Accuser (2015)
Par MEFISTO le 29 Décembre 2015          Consultée 1989 fois

Quand un album a une production crasseuse en 2015, c'est un savant calcul. Ce n'est pas un manque de fonds, car même le groupe le plus fauché peut se payer un ingé capable de lui pondre un début de son boosté et cristallin. Alors si par hasard (car ABIGAIL WILLIAMS tarde à conquérir les foules) vous tombez sur ce quatrième album des Américains, ne soyez pas rebutés, car les premières notes ne sont pas garantes du pied mélancolico-dépressivo-colérique que vous risquez de prendre en parcourant "The Accuser".

Ceux et celles qui ont lu ma chro de "Becoming" le savent déjà : ABIGAIL WILLIAMS est une queue de veau. 'Savez pas ce que c'est ? Eh ben, c'est une girouette, un type incapable de se brancher sur une direction à prendre. Et le début de carrière de ce grand malade de Blackeux a été caractérisé par ce sobriquet. De Black Sympho à Black Mélo en deux albums, il a sombré vers le Black plus crado et introspectif, plus moderne avec une touche atmo/post. La facture a tellement changé d'une sortie à l'autre qu'on se demandait si on avait affaire au même groupe.

"Becoming" sonnait toutefois la charge pour de bon pour les Américains, on le sentait. Et ça s'est avéré un bon pari, car "The Accuser" se débat dans des racines aussi tortueuses pour compléter sa transformation. À quatre cette fois, pas en trio comme sur "Becoming". ABIGAIL est devenue papillon, aussi "kitschement" poétique que cela puisse paraître. Et, comble de coïncidences, c'est un quatrième skeud, celui de la maturité souhaitable chez un combo moderne. Ceci étant réglé, la musique devrait occuper toute notre attention.

Et pour attirer l'attention, "The Accuser" ne laisse pas sa place au plus proche poursuivant. Si le style Black moderne crado et fuzzé est déjà exploité à foison dans le milieu, surtout du côté américain, les compos d'ABIGAIL WILLIAMS sont hyper catchy, pour du Metal intimidant, et d'une sourde violence. Enfin, ça c'est quand le quatuor ne relâche pas un peu de pression pour nous gratifier de pièces plus éthérées et presque douces ("The Cold Lines", "Will, Wish And Desire", "Nuummite"). Car pour le reste, c'est une vraie machine de guerre alimentée à la haine qui nous mitraille le corps.

La vélocité à laquelle les Américains s'émancipent sur "The Accuser" est jouissive. La tabasse est brutale, les mélodies et les riffs nous arrachent des lambeaux de chair et nous font planer en même temps. Ah oui, il faut être masochiste pour avaler ce groove vintage et porteur d'un brillant futur. Essayez de résister aux volées de bois que sont "Path Of Broken Glass" et "Lost Communion", on s'en reparlera…

C'est essentiellement cela qu'il faudra retenir quand l'offrande aura vomi ses derniers soupirs cendrés. Bien que le festin se termine avec délicatesse, il nous aura bourré la panse auparavant avec des plats à ne pas servir à des invités végétaliens durant ce temps des Fêtes. La bande à Ken Sorceron, le sorcier aux coassements qui mène cette galère de main de maître, se défoule comme un beau diable glué dans les sables bitumineux. En live, ça va pétarader en fou, je vous le dis. Quand le premier riff d'un "Godhead" ou d'un malsain "Of The Outer Darkness" est lancé, bonne chance pour stopper le char ! "The Accuser" est prêt à tout pour faire condamner le type dans le box, le jury n'a qu'à bien se tenir ! Le climat sera aussi rude et gris que sur la pochette.

Bon, je vous entends penser… Est-ce que le défoulement en vaut la chandelle ou si c'est du Black générique à bouton poussoir ? J'avoue que la production sale pourra venir brouiller les cartes légèrement pour les auditeurs drogués au son hollywoodien, même si on entend clairement tous les instruments. Mais pour les autres, habitués de tanguer d'une école à l'autre, ABIGAIL WILLIAMS version 2015 sera une excellente trouvaille dont les voiles de brume cachent de bien belles idées. Il n'y a pas que de la poudre aux yeux sur "The Accuser", il y a la promesse d'une longue carrière.

C'est ça, le « plus mieux du moins pire » chez ABIGAIL le papillon.

Podium : (or) "Of The Outer Darkness", (argent) "Godhead", (bronze) "Path Of Broken Glass".

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- Ken Sorceron (guitare, chant)
- Jeff Wilson (guitare)
- Charlie Fell (batterie)
- Will Lindsay (basse)


1. Path Of Broken Glass
2. The Cold Lines
3. Of The Outer Darkness
4. Will, Wish And Desire
5. Godhead
6. Forever Kingdom Of Dirt
7. Lost Communion
8. Nuummite



             



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