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HARD FM / A.O.R   |  STUDIO

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Kip WINGER - Songs From The Ocean Floor (2000)
Par MULKONTHEBEACH le 5 Décembre 2013          Consultée 1491 fois

La carrière de WINGER, le groupe, a débuté sur les chapeaux de roues à la fin des années 80 avec un succès retentissant et immédiat.

Issue de la seconde mouture du dit Glam US, avec SLAUGHTER et consorts, il est inutile de préciser que ces formations sont loin d’arriver aux chevilles de leurs aînés, notamment MÖTLEY CRÜE et POISON.
Néanmoins, on pourra remarquer que Jani Lane de WARRANT et donc Kip Winger, architecte multi-fonction du groupe, ont su tirer leur épingle du jeu en vieillissant.

Troisième album solo sorti en 2000, ce "Songs From The Ocean Floor" est très particulier… D’abord parce qu’il fait référence dans son intégralité à l’accident de la route mortel dont a été victime la femme de Kip quelques années plus tôt, mais aussi parce qu’il s’inscrit dans une veine aux antipodes de ce qu’on pouvait attendre de quelqu’un comme lui.

Loin, très loin du style pratiqué par son groupe d’alors, qui ne se souvient pas de cet hymne désuet destiné à la gente féminine (ou pré-pubère) qu’est "She’s Only 17" ?
L’homme nous parle plus ici que le chanteur à midinettes, et ce pour notre plus grand plaisir… On dit souvent qu’on ne connaît pas vraiment les gens, et c’est parfois vrai pour les Artistes que l’on affectionne. Car il s’agit ici de chansons plus que d’un style, d’ou se dégage une étrange homogénéité…

Cet album est décontenançant à plus d’un titre, et l’adjectif qui me revient souvent en tête à son écoute est « éthéré ». On savait Kip Winger être un grand chanteur, un excellent compositeur et un musicien accompli, mais il en résulte autre chose ici, d’une élévation spirituelle bien sûr évidente, ainsi qu’un songwriting apaisé, plus en phase avec la sensibilité du bonhomme, une seconde nature en quelque sorte… Et cette dualité sur le tard ravit l’auditeur avec cette émotion communicative, qui transcende à elle-seule les a priori que l’on pourrait avoir en écoutant l’œuvre passée de son géniteur.

"Crash The Wall", au titre plus qu’évocateur, est le point central ce ce labeur artistique créé dans la douleur, avec ses arrangements soignés, ce cri primal en forme de rapide préambule, puis avec ces couplets qui racontent, et qui ne sont que prétexte pour éructer une décharge émotionnelle sur le refrain… Magnifique !

Quel surprenant album, qui passe de la colère à l’apaisement, sans être décousu pour autant, puisque des titres tels que "Two Lovers Stand", nous ramènent dans une ambiance plus cosy, plus douce, où l’amour reprend ses droits. Ainsi désarmés par tant d’émotion déployée, nous nous immisçons dans la profondeur de cette musique envoûtante, de cette mélancolie qui nous transporte tout du long.
La musique, lorsqu’elle est bien écrite et orchestrée, est sujette par définition à l’interprétation, et nous, mélomanes, nous y employons avec passion, et c’est bien le cas ici. L’exemple le plus parlant est sans nul doute "Free", instrumental qui se suffit à lui-même, et c’est assez rare pour être souligné. Avec ses consonances indiennes, ses percussions ainsi que ses arrangements de cordes grandioses, celui-ci retranscrit parfaitement la confusion d’alors de Kip Winger, ou une multitude de sentiments se chevauchent, telle une belle évocation d’un cœur éclaté…
"Only One Word" semble être voué au deuil, avec une guitare tout en retenue, et une voix plus apaisée, avec moins de contradictions. "Landslide" et "Resurrection" sont d’ailleurs du même acabit.

Dans le style, puisqu’il faut en parler, il s’agit ici d’un A.O.R. de premier choix, avec des arrangements classieux, une excellente production qui met avant tout en lumière les chansons plus que les instruments. D’autant que les invités sont nombreux, mais ont eu l’intelligence de servir les chansons, qui ne demandaient d’ailleurs que ça, en faisant oublier leur pedigree sans doute délibérément, au vu de la musique proposée. C’est d’autant plus appréciable, que la crème des musiciens de studio est présente ici.

En définitive, une guitare électro-acoustique en toile de fond, des compositions intimistes, parfois épiques, mais toujours empreintes d’une certaine pudeur bienvenue, un chant clair très maîtrisé, des chœurs parcimonieux mais à propos.

Album atypique, lorsqu’on connaît un tant soit peu la carrière somme toute méritante du musicien. Du très haut niveau, quand bien même s’il on essaie de se défaire du (non ?) concept quelque particulier du disque, qui pourrait nous diriger parfois vers l’empathie. De l’or en barre, et j’en suis le premier surpris.

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   MULKONTHEBEACH

 
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- Kip Winger (chant, guitare acoustique, basse, claviers)
- Andy Timmons (guitare, e-bow)
- John Roth (guitare)
- Rod Morgenstein (batterie)


1. Cross
2. Crash The Wall
3. Sure Was A Wildflower
4. Two Lovers Stand
5. Landslide
6. Faster
7. Song Of Midnight
8. Free
9. Only One Word
10. Broken Open
11. Resurrection
12. Everything You Need



             



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