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ANGELLORE - Errances (2012)
Par VOLTHORD le 23 Janvier 2013          Consultée 3470 fois

Le Doom metal français se réveille d’une longue nuit de sommeil. Il regarde sa montre, voit qu’on est aujourd’hui. Ça l’énerve. Il baille avec confort en jetant un œil par la fenêtre. Il voit l’ombre du passé, qui promène son chien aux aurores. Il lui dit Bonjour de haut, furtivement − il sait que le passé est bon prince mais qu’il ne faut pas trop en faire non plus pour avoir son respect. Il boit son café, un peu amer (lui, pas le café…enfin, le café peut-être un peu aussi). Il enfile sa plus belle veste, manchettes en dentelle noire, comme pour un jour d’enterrement royal. Mais il n’a rien à pleurer. Bien au contraire, il célèbre un bref mais exquis renouveau.

Ce mois de janvier est un mois de grâce pour ceux qui ont la larme au cœur, qui voient des fantômes du bon œil, qui élèvent des roses dans leurs placards comme des drogués de mélancolie, et dont les costumes ne se marient qu’avec les célébrations funèbres. ANGELLORE sent le lendemain d’apocalypse de feuilles mortes, et le premier album de nos franco-françois est une ode sourde à un automne couleur cimetière, couleur doom, couleur années 90, couleur clair obscur.

ANGELLORE est rétro par définition, il ne s’apprivoise que par l’acceptation que la nostalgie pure réside dans une frange du doom romantique devenue désuète. Référencé comme une vieille bibliothèque où il fait bon étudier, ANGELLORE dépoussière large, de SATURNUS à MOONSPELL, en passant par DRACONIAN ou FUNERAL ou même les premiers pas d’un TRISTANIA. Pourtant le trio ne laisse jamais son savoir visiblement encyclopédique du genre jouer en sa défaveur. Peut-être qu’une touche de chant féminin aurait pu parfaire le tableau des références et encore renouveler les capacités du groupe à réutiliser leurs inspirations autant qu’ils réussissent à recréer leurs univers sans apparaître comme une vieille copie-carbone à l’encre baveuse, mais ce jugement de valeur strictement personnel n’entachera en rien mon avis sur cet album, aux titres tous plus géniaux les uns que les autres – des hymnes à la mise en scène à la fois vive et lascive, solide et pourtant frissonnante, préférant l’obscurité pour mieux profiter des percées de lumière.

Dès l’introduction de l’impeccable "Dans les Vallées Eternelles", ANGELLORE sort déjà le piano et le violon, et le riff cristallin dans les oreilles. L’alternance entre une voix grave et douce, peut-être un peu poussive mais maîtrisée (et l’exagération n’est-il pas une caractéristique du Metal gothique ?), et un chant guttural de première classe ne fait que nous transporter dans une dimension sonore qu’il fait tellement bon retrouver. Qu’il est bon de brasser du vent en compagnie de ses bons vieux fantômes. Tempi qui ne se reposent pas sur leur lourdeur, comme un combat perpétuel contre la lassitude et l’abattement, vite rattrapés par un orgue funèbre venant ironiquement couronner le tout. Ce titre symbolise l’album tout entier, sa délicatesse tout autant que sa violence, dans un flot perpétuel, qui se renouvèle à l’infini tout en gardant une couleur distincte.

Même si chaque titre évitera tout formatage, renouvelant à chaque fois la formule d’une mélancolie précieuse, seul "I Am Agony" aura le défaut d’un ‘morceau à refrain’ (mais quel refrain, tout de même), se terminant au moment où l’on aurait espéré un renouveau, mais il en deviendra du coup le titre le plus accessible et le plus représentatif, si ce n’est du potentiel, au moins des possibilités du groupe.
Seul "Shades Of Sorrow" semble un peu arriver après le déluge, succédant à un "...Where Roses Never Die..." jusqu’au boutiste et fabuleusement ficelé…et pourtant, on ne résiste pas à des démêlés de piano et d’arpèges absolument fantastiques, et du dernier défilé de tout ce qui fait la richesse et la splendeur de la musique d’ANGELLORE. Les influences folkisantes du hurleur/compositeur/musicien Walran (opérant en solo dans BETRAY-ED, groupe fortement influencé par l’EMPYRIUM maître du nom) se feront quelques peu entendre dans un "Weeping Ghost" charmeur, mais elles semblent hésiter à prendre le dessus, ce qui sera un peu dommage.

Sur ces maigres critiques, je me dois de saluer bien bas ce premier album, qui, dans ses choix formels aurait pu sonner comme un vieux cliché attendrissant, mais s’impose au final comme le dévoilement d’un souvenir riche, plein d’une chaleur nouvelle. Les Français nous donnent là un album-hommage aussi solide (et durable!) que ses modèles (parfois plus), qui souffrira bien sûr de son principal atout, tout en nous laissant de très larges espoirs pour se construire une identité sonore d’autant plus prégnante dans l’avenir.

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   VOLTHORD

 
   KARL VON KARL

 
   (2 chroniques)



- Rosarius (chant, guitare)
- Walran (chant, claviers)
- Ronnie (batterie)


1. Dans Les Vallées Éternelles
2. Tears Of Snow
3. I Am The Agony
4. Weeping Ghost
5. Errance
6. ...where Roses Never Die...
7. Shades Of Sorrow



             



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