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ANGELLORE - Rien Ne Devait Mourir (2020)
Par LYRR le 24 Février 2020          Consultée 2643 fois

"Rien Ne Devait Mourir" est un aboutissement. L’aboutissement de longues années de conception, d’assemblage et de retouches ; l’aboutissement d’un cheminement musical dont on eût pu douter de la finalité — jouer aujourd’hui du Doom atmosphérique/gothique ressuscité des années 1990, qui aurait parié dessus ? ; l’aboutissement enfin d’un développement artistique, qui atteint ici une maturité certaine dans son expression. "La Litanie Des Cendres", bien qu’excellent, présentait quelques imperfections ; cinq ans plus tard, le niveau a encore augmenté, avec des compositions ambitieuses de très haute qualité, présentées dans un écrin au doux charme désuet.

Ce troisième opus d’ANGELLORE porte haut ses couleurs, héraut du son des cimetières et des anges déchus : bienvenue dans le monde de la nuit, celle qui fait remonter les souvenirs douloureux des tréfonds de l’oubli. Compagnon des jours de pluie, du vague-à-l’âme et des instants perdus, il dessine les contours d’un univers d’une beauté fragile comme le chrysanthème et froide comme le marbre. Il est une bribe d’hiver figée dans l’espace et le temps, une feuille morte enveloppée par une fine couche de givre immaculé, préservée de la vacuité du monde des Hommes dans une éternité de songes éthérés. Tout y est fin, subtil, léger : une parenthèse dans l’agitation de la réalité. Une parenthèse que l’on ouvre avec une impatience non dissimulée.

"A Romance Of Thorns" donne le coup d’envoi de l’album. Et quel coup d’envoi ! Un mastodonte de vingt minutes, une aventure bouleversante aux multiples visages, exposant les différentes facettes du groupe sans pour autant en paraître décousu. Chants clair et guttural, chœurs, violons, riffs aériens, et même un passage acoustique : ce titre est un véritable condensé de ce qu’ANGELLORE sait faire de mieux. Quelques suites de notes ne sont pas sans évoquer "Still Glowing Ashes" de l’album précédent, mais cela n’altère en rien son impact sur l’auditeur : commencer par autant de mélodies mélancoliques et de variations stylistiques d’un seul coup libère rapidement l’esprit et prépare pour la suite, qui s’annonce des plus poignantes.

On enchaîne avec le quasi-instrumental "Dreams (Along The Trail)" dont le nom reflète bien la nature, pour attaquer un "Drowned Divine" assez Doom dans son essence. Ce titre est peut-être le moins rêveur du disque, avec sa progression lente de marche funèbre et ses sonorités plus graves qui tranchent un peu avec le reste des morceaux. Il est la pièce la moins convaincante de l’album ; pas qu’il soit mal composé ou exécuté, mais il détonne un peu trop par rapport aux couleurs dépeintes par les autres chansons— quoique certains passages instrumentaux, ainsi que la prestation vocale de Lucia, s’intègrent bien dans l’œuvre. Bien que décontenançant, c’est un titre intrigant, qui mérite que l’on s’y attarde afin de mieux l’appréhender, surtout par rapport à la structure des paroles, qui forment un échange vocal inspiré de l’opéra "Lucia Di Lammermoor" de DONIZETTI.

Mais toutes ces considérations sont bien vite oubliées : comme pour redonner un peu d’entrain à l’auditeur, "Blood For Lavinia" vient remplir ses oreilles avec un riff entêtant et une atmosphère gothique que PARADISE LOST n’aurait pas reniée. Après un instrumental d’une triste douceur vient finalement la dernière étape du voyage, "Que Les Lueurs Se Dispersent". Seul titre chanté intégralement en français, il laisse la part belle aux violons dans une ambiance aérienne et apaisée, amenant la fin de l’album sans brusquement. Le silence qui le suit semble presque faire partie intégrante de "Rien Ne Devait Mourir", tant la transition se fait dans la douceur et la légèreté.

Il faut plus d’une écoute pour pleinement apprécier ce disque. Non pas parce qu’il s’enferme dans un hermétisme artistique par snobisme, mais parce qu’il lui faut du temps pour se révéler : il s’agit là d’un disque pudique, qui a besoin de se sentir à l’aise pour s’ouvrir à l’auditeur, lequel doit avoir la patience de simplement l’écouter, sans l’interrompre, comme une douloureuse confession qui se résout enfin à résonner dans l’oppressant silence de la réalité. Il faut certes un peu de persévérance, mais la récompense est des plus gratifiantes : une heure de voyages en terres oniriques, entre larmes et sourires, ombre et espoir.

À l’instar de "La Litanie Des Cendres", cet album n’est pas spontané et « easy-going », mais il devient un ami fidèle au fil des écoutes, un ami sur qui l’on peut compter lorsque tous les autres se seront évanouis dans les brumes de l’existence. Si ce disque est effectivement un aboutissement, l’on ne peut qu’espérer qu’il soit également un commencement, celui d’un long et brillant avenir dans l’univers du Doom Metal.

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   (2 chroniques)



- Rosarius (chant, guitare, claviers)
- Walran (chant, claviers)
- Ronnie (batterie, choeurs)
- Celin (basse, chant)
- Lucia (chant)


1. A Romance Of Thorns
2. Dreams (along The Trail)
3. Drowned Divine
4. Blood For Lavinia
5. Sur Les Sentiers De Lune
6. Que Les Lueurs Se Dispersent



             



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