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HAMFERÐ - Támsins Likam (2018)
Par LYRR le 10 Avril 2018          Consultée 662 fois

HAMFERÐ, en bon groupe de Doom qu’il est, a pris son temps pour pondre un successeur à "Evst". Il faut dire que Jón Aldará n’a pas chômé durant les cinq ans qui séparent son dernier disque avec le sextet féroïen du présent "Támsins Likam" : un album avec BARREN EARTH en 2015, puis un autre en cette année 2018, plus deux participations au collectif de Doom atmosphérique CLOUDS, sans parler des concerts avec tout ce petit monde. Alors on ne va pas se plaindre de l’attente, ç’aurait clairement pu être pire. Et puis, si c’était pour lâcher une bouse dans le jardin après avoir excellé sur "Evst", autant ne rien produire du tout.

Mais "Támsins Likam" n’est pas une bouse, bien au contraire. L’on a ici un disque qui s’inscrit dans la suite logique du précédent, avec la même approche musicale, le même son, les mêmes atmosphères, et cela est positif tant il est vrai que "Evst" faisait montre d’une grande maîtrise des codes du Doom tout en se les appropriant à sa manière. L’on ne peut que se réjouir que le groupe ne se soit pas reposé sur ses lauriers et ait décidé de continuer sur sa lancée en continuant de composer du Metal de qualité.

L’entrée en matière est puissante. "Fylgisflog" concentre toute la force de l’inéluctabilité du Doom, avec sa longue introduction brutalement interrompue par un riff extrêmement bien senti, évoquant le rythme des rames frappant la surface de l’eau. La griffe d’HAMFERÐ est immédiatement reconnaissable : son univers sent bon les embruns et le stockfish ; il évoque les mers du Nord, les superstitions des pêcheurs, les légendes narrées le soir au coin du feu. Pas l’ombre d’un doute : nous sommes sur la même ligne directrice que "Evst".

Tantôt le groupe se fait funèbre, tantôt il se fait exalté ; il navigue entre les ambiances, entre le chant clair et les growls, entre la lourdeur des riffs et le lyrisme des mélodies. Que ce soit sur "Tvístevndur Meldur" ou le très SWALLOW THE SUN-ien "Hon Syndrast", l’on retrouve toujours cette dualité entre une agressivité très Death Metal et une douceur plus proche du Doom épique, souvent accompagnée de chœurs pour rajouter un peu d’intensité dramatique à la chose.

Même si HAMFERÐ ne s’aventure pas hors des sentiers battus, il impressionne par sa capacité à immerger l’auditeur dans sa musique sans jamais faiblir, ne donnant aucunement le sentiment de linéarité ou de redite entre les titres. L’on notera tout de même une petite répétition dans la structure des chansons : "Fylgisflog", "Frosthvarv" et "Vápn Í Anda" suivent toutes trois le même schéma « longue introduction très calme – rupture brutale » qui, s’il est excellemment exécuté en soi, ne surprend plus au bout de la troisième fois. Un peu plus d’originalité aurait été appréciée à ce niveau-là.

C’est là d’ailleurs le plus gros reproche que l’on peut adresser à cet album : l’on sent que le groupe ne souhaite pas prendre de risque outre mesure, mais cela l’empêche d’aller explorer plus loin pour enrichir ses compositions. Ce point est partiellement le corollaire d’une autre caractéristique du disque qui a quelque peu déçu l’inconditionnel de Doom en moi : il ne dure même pas trois-quarts d’heure. "Evst" était également court, mais là l’on a encore plus cette impression de par le fait que le titre d’ouverture prend plusieurs minutes pour s’envoler et que celui de fermeture fait de même pour s’éteindre. L’on aurait voulu en savoir plus, avoir des pièces centrales plus longues ; plus de matière à écouter, en somme. Composer des titres plus longs mais toujours substantiels n’est certes pas simple, mais l’exercice est valorisant : le Doom profite de cette longueur pour mieux se développer, diffuser son atmosphère pesante et hypnotisante et emmener l’auditeur dans ses méandres. L’on aurait pu apprécier qu’HAMFERÐ s’essayât à l’exercice sur plus que deux titres ("Fylgisflog" et "Vápn Í Anda"), cela aurait peut-être apporté à "Támsins Likam" la touche d’originalité qui lui fait défaut.

Mais il faut rester honnête : c’est album est très bon. Il est absolument formidable que de jeunes groupes de Doom parviennent encore à composer de la musique de cette qualité, quand certains vieux creusent leur tombe un peu plus profondément à chaque nouvelle sortie (un certain sorcier électrique par exemple, pour ne pas le nommer). "Támsins Likam" est donc un album à écouter ; facile d’accès, jamais mou, il a tout pour convenir à un large public. Même si "Evst" reste un cran au-dessus, ce nouveau disque mérite toute votre attention. Du grand Doom !

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- Remi Johannesen (batterie)
- John Egholm (guitare)
- Theodor Kapnas (guitare)
- Esmar Joensen (claviers)
- Jón Aldará (chant)
- Ísak Petersen (basse)


1. Fylgisflog
2. Stygd
3. Tvístevndur Meldur
4. Frosthvarv
5. Hon Syndrast
6. Vápn Í Anda



             



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