Recherche avancée       Liste groupes



      
DOOM METAL  |  STUDIO

Commentaires (1)
Metalhit
Lexique doom metal
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

 Myspace (417)

ANGELLORE - La Litanie Des Cendres (2015)
Par VOLTHORD le 7 Septembre 2015          Consultée 4768 fois

Septembre. Les feuilles commencent à peine à tomber. Le ciel bleu ne fait aucun caprice et pourtant le refrain de "Inertia" me reste en tête, tourne en boucle comme cette ritournelle tristesse que j'aurais toujours connue. La saison morte n’a pas encore pointé le bout de ses couleurs fanées, "La Litanie Des Cendres" la précède, comme un invité qui se serait trompé d’heure, ou un vieux romantique qui attendrait avec son bouquet de fleur qu’un miracle n’arrive.

ANGELLORE pratique toujours un art déchu. Il est né comme un vieux meuble de brocante, avec la poussière du Doom romantique des années 90 dans son code génétique. "Errances" était un bel hommage au genre et une lettre signée avec le cœur. "La Litanie Des Cendres" appuie les contours et ajuste les teintes sans forcer les traits. Surtout, il entremêle et se joue de ses influences avec une aisance déconcertante.

Parfois, ANGELLORE tombe dans ses propres pièges. A trop d’occasion, ce petit piano fragile vient fermer la marche. Ça se veut beau et délicat mais la répétition apparaît comme un tantinet forcée. Parfois les riffs trouvent des échos trop forts avec les précédents titres du groupe. Parfois...

Mais là où SHAPE OF DESPAIR moisit dans sa lenteur, où SATURNUS perd progressivement de sa superbe et où DRACONIAN dort encore dans sa caverne, qu’il est bon de voir qu’ANGELLORE peut encore promettre tant dans un genre malheureusement abandonné.


La formation française s’est épanouie, ses pétales de plus en plus colorés et ses épines toujours solides et incisives. La palette s’est enrichie, "A Shrine Of Clouds" commence sur un riff musclé qu’on aurait pu retrouver chez TIAMAT ou le MOONSPELL des débuts, puis dérive sur les voies voluptueuses d’un ALCEST. Au-delà de cela, il devient plus que la somme de ses parties et s’enorgueillit de 13 minutes à la fois lentes et puissantes, éthérées et lourdes. "Twilight’s Embrace" fait quant à lui de ses clins d’œil à EMPYRIUM et AQUILUS une formidable épopée funèbre et forestière.

Le trio se fait quartet et accueille sa troisième voix en la personne de Lucia. Sublime, cristalline, qui mène un "Inertia" presque évident. Elle apporte la touche féminine qui boucle la boucle des influences. Pourtant, ANGELLORE ne se fait pas non plus l'émule de 3RD AND THE MORTAL pour autant. Le chant féminin s’accapare un voile fantomatique, couplé avec une influence légèrement folk qu’on associera davantage à ESTATIC FEAR qu’à THEATRE OF TRAGEDY ("Still Glowing Ashes"). On vous dira sans doute le contraire autre part, mais ce ne sera que preuve que chacun pourra lire à sa guise dans le catalogue incroyable que le groupe convoque.
Seule une dernière piste viendra tirer sur la longueur, en ressassant les effets de style épuisés sur les précédents titres (les suites d’accords de départ prévisibles, la lourdeur funèbre un tantinet caricaturale). Dix-huit minutes inégales mais dont les démêlements finaux parviendront tout de même à mettre un point final satisfaisant à l’album.

"La Litanie Des Cendres" se promène au-delà des ruines de cathédrale et des cimetières, emprunte des chemins forestiers et parfois la voie des nuages. Il est en cela une merveille d’influences et d’atmosphères. Romantique avec un grand R, évasif avec un grand V. L’identité chez ANGELLORE s’acquiert par des hommages en pagaille, réarrangés et transformés avec une aisance formidable. Comme un architecte qui rénove un vieux bâtiment, avec le respect de ses aînés et une dose d’idées personnelles subtiles mais nécessaires. Soutenu par une production faisant honneur à la richesse des compositions, aucune excuse pour passer de nouveau à côté de ce groupe.

A lire aussi en DOOM METAL par VOLTHORD :


ANGELLORE
Errances (2012)
Nostalgie des 90s, quand tu nous tiens...

(+ 1 kro-express)



AGALLOCH
Ashes Against The Grain (2006)
Plombé, alambiqué, poignant, très poignant...

(+ 1 kro-express)

Marquez et partagez








Par VOLTHORD




 
   VOLTHORD

 
   LYRR

 
   (2 chroniques)



- Rosarius (chant, guitare, basse, clavier)
- Walran (chant, clavier)
- Ronnie (batterie)
- Lucia (guest chant)
- Cathy (guest violon)


1. A Shrine Of Clouds
2. Still Glowing Ashes
3. Twilight's Embrace
4. Inertia
5. Moonflower



             



1999 - 2020 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod