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POWER METAL  |  STUDIO

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- Style : Stratovarius, Sonata Arctica
- Membre : Northern Kings
- Style + Membre : Ultimatium

DREAMTALE - Epsilon (2011)
Par BAST le 7 Octobre 2011          Consultée 2798 fois

« Assieds-toi, petit. Ton apprentissage progresse comme le cumulonimbus roule dans le ciel d’été. Parfois il masque le soleil, à d’autres moments il se charge d’électricité et tance la terre de ses éclairs. Mais surtout, il continue sa route.
- Merci, Maître. Vos compliments sont le baume sur la brûlure de mes incertitudes.
- Aujourd’hui, j’aimerais t’entretenir de DREAMTALE et pour cela te conter une histoire.
« Il y avait une botte de foin et tout contre elle il y avait DREAMTALE. Lui la fouillait et elle se démenait pour maintenir inatteignables ses trésors. Lui recherchait avec concentration une aiguille et elle n’avait cure de l’application mise dans l’intrusion faite en sa masse. Car vu de son râtelier, seul lui importait le mérite. Du reste, la botte, droite dans ses baskets, avait sa propre théorie sur le mérite. Toujours vu de son râtelier, le mérite, invariablement, procédait de l’inné.
« Hélas, DREAMTALE n’avait pas d’inné. Des acquis à la pelle mais point d’inné. Alors la botte restait insondable. Et l’aiguille destinée à DREAMTALE introuvable.
Neuf années de recherche infructueuses n’ont rien entamé des motivations de DREAMTALE. C’est qu’il faut bien vivre, vois-tu, manger, regarder la télé, raconter sa vie sur les réseaux sociaux.
- Ce n’est pas parce que l’on n’a pas d’inné qu’il est interdit de diner. Ai-je bien compris, Maître ?
- Ou de souper, mais peu importe, tu es en effet sur la voie de l’entendement. Donc, dépourvu de son aiguille, sous l’œil goguenard de la botte inexpugnable, DREAMTALE sortait ses albums, malgré tout.
- …
- Tu ne me poses pas de question ?
- J’attendais que vous m’y invitiez, Maître.
- Je t’y invite.
- Une aiguille, mais pour quoi faire ?
- Sais-tu répondre ?
- J’ai bien une idée, mais…
- Hasarde toujours quelque chose, mon garçon. Il peut arriver que la grâce illumine les innocents comme le soleil baigne de sa chaleur les brebis paissant sans se soucier du loup qui rôde.
- Repriser ?
- Tiens donc… Te lancerais-tu toi aussi sur les chemins de l’analogie ? Dis m’en plus. Repriser quoi ?
- Un caleçon ?
- Il peut aussi arriver que la grâce choisisse de s’installer ailleurs… Bref. Ce que j’essaye de t’expliquer, mon apprenti, c’est que rares sont les groupes à disposer d’une identité, d’une personnalité propre, à pouvoir se vanter d’une différenciation définie, à pouvoir jouir d’une indépendance artistique leur permettant de composer des titres qui ne ressemblent pas à d’autres, qui ne trahissent pas de menus emprunts. C’est cette aiguille-là dont je te parle, dissimulée, inaccessible. Beaucoup la convoitent, ignorant que le simple fait de la chercher condamne à ne jamais la trouver. Vois-tu, ne pas en disposer aux premières secondes de ton existence constitue une quête sans espoir.
- Alors DREAMTALE ne sera jamais mieux que l’ombre d’un autre ?
- L’ombre des autres, en fait. DREAMTALE a emprunté assez de chemins pour que sa carrière brinqueballe plus que ne file droit. "Beyond Reality" puis son sosie "Ocean's Heart" mêlaient STRATOVARIUS à des sonorités progs globalement mal négociées car, vois-tu, alourdir des titres conçus au premier chef pour accrocher sitôt le refrain enclenché fonctionnait inégalement. En 2005, "Difference" le bien nommé voyait une chape sombre le recouvrir tandis que "Phoenix" lorgnait à mirettes fiévreuses sur le décolleté d’HELLOWEEN, un "Keeper" dans chaque bonnet.
- Je suis mineur, Maître. Vos propos me choquent.
- Désolé. Si tu me promets de ne rien dire à tes parents, je te laisse toucher mes bourses.
- Cet accord me convient.
- Brave petit. Inconstance ou remise en question, reste que ces tentatives d’épanouissement à géométrie variable n’ont jamais pleinement fonctionné pour DREAMTALE. Et, mon bras à couper, aucune chance pour qu’un futur proche ou lointain réserve à ces Finlandais meilleure fortune en la matière. Ils sont des suiveurs et le resteront. Toi qui écoutes peu de Speed mélodique Made in Finland, je suis certain que si je te faisais écouter "Epsilon", tu ne sauras faire la différence entre DREAMTALE et la ruche de groupes suspendus aux testicules de Timo Tolkki.
- Vos propos me choquent de nouveau, Maître.
- Je te laisse lécher mes aisselles et on n’en parle plus.
- D’accord.
- A présent, on surprend DREAMTALE risquer un pied en Suède, puisant au creux de cette scène assez riche son sens de l’épique mise en valeur par des mélodies tirant sur le Doom. "Epsilon", c’est du STRATOVARIUS ("Reasons Revealed"), du NOCTURNAL RITES ("Fly Away") et du HELLOWEEN (le refrain et le solo de "Each Time I Die").
« Pourtant, malgré une incapacité à se fixer à demeure, la formation basée à Tampere, conforte deux qualités déjà bien entrevues sur "Phoenix" : maitrise et optimisation. Maitrise dans la composition de titres pêchus et faciles d’accès, le genre à faire mouche sitôt les tympans mis en vibration. Optimisation dans l’aptitude à ne laisser sur la feuille que les parties les plus intéressantes, n’hésitant plus à pousser vers la corbeille le superflu. Il n’est pas un titre, qu’il plaise ou non, dont on ne valide la moindre quotité. Les chœurs féminins sur "Where Eternal Jesters Reign", par exemple, provoquent une rupture mélancolique satisfaisante. DREAMTALE aurait pu céder à la tentation d’en abuser, de tirer cette intervention plus longuement afin d’en renforcer l’impact. Pourtant, il l’écourte assez rapidement, permettant au titre de conserver sauf une certaine intégrité stylistique ; le dynamisme qui le caractérise prévaut sur tout le reste.
- Alors "Epsilon" est bon ?
- Pour le consommateur insatiable, je dirais que ses compositions sont en effet assez bien assemblées pour qu’il y trouve son compte. Le refrain de "Firestorm" me pousse chaque fois qu’il emplit ma cellule monacale à tomber la robe et me lancer nu comme un exhibitionniste dans la nature pour m’y laisser caresser par l’herbe fraichie de rosée. La ballade "Reasons Revealed" quant à elle évoque en moi cet amour, le seul, de mes jeunes années lorsque je me suis épris d’une douce jouvencelle de mon village natal mais aussi le déchirement ressenti lorsque ma vocation pour le recueillement m’a éloigné définitivement d’elle. Dieu qu’elle était bonne. Une paire de seins à se faire greffer douze doigts supplémentaires à chaque main.
- Vos propos me heurtent, Maître. Et m’excitent un peu aussi…
- Veux-tu me laisser l’initiative de faire retomber le soufflet de cette soudaine chaleur qui investit tes intérieurs ?
- Vos mains calleuses provoquent plus de douleurs que de plaisir, Maître.
- Tu ne sais pas encore ce qui est bon, petit. Pour finir, "March To Glory", en clôture de l’album, est ce genre de compositions épiques dont il aurait fallu abreuver les croisés de la grande époque. Avec ce refrain fédérateur pour porter nos combattants, les armées ennemies auraient été anéanties avant même que le moindre embryon d’espoir pût germer dans leurs esprits corrompus de blasphèmes.
- Il me semble donc bien qu’"Epsilon" est bon, Maître.
- C’est parce que tu ne sais entendre que ce que l’on te livre. Si mes paroles étaient un recueil, je te demanderais de puiser entre les lignes la source de mes pensées. Ton exercice du jour débute, à présent : tire la conclusion appropriée sur ce cinquième album de DREAMTALE.
- Je m’exécute, Maître. Puissent mes mots rendre justice à votre enseignement.
- Lance-toi, mon apprenti.
- En dépit d’un travail abouti, d’une réflexion menée à son terme, l’absence d’originalité est comme la muselière sur un pitbull de combat. Malgré quelques passages intéressants, doués à atteindre des objectifs globalement simples, les titres échouent à s’émanciper de mélodies entendues, d’enchainements convenus, risquant de nourrir la lassitude trop hâtivement. Ce genre d’album est à réserver aux amateurs boulimiques incapables de patienter entre deux sorties de formations majeures. Seulement, dans une volonté de récompenser une carrière assidue, dans cette honnêteté de ne pas plonger davantage dans l’anonymat une formation qui parvient à chaque album à provoquer en vous un durcissement de contentement, la note finale devra être rehaussée d’une moitié d’unité.
- Pour le moment, mon garçon, c’est un sans faute. Pour finir, quelle note ai-je attribué à cet album ?
- La moitié de cinq astres, Maître.
- Petit, en dépit d’un manque de fantaisie manifeste en dehors des cours qui t’empêche de profiter comme il se doit des arguments physiologiques de ton Maître, je ne peux que m’incliner devant ta clairvoyance. »

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   BAST

 
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- Petteri Rosenbom (batterie)
- Rami Keränen (guitare)
- Akseli Kaasalainen (clavier)
- Seppo Kolehmainen (guitare)
- Erkki Seppänen (chant)
- Heikki Ahonen (basse)


1. Firestorm
2. Angel Of Light
3. Each Time I Die
4. Where Eternal Jesters Reign
5. Fly Away
6. Reasons Revealed
7. Strangers' Ode
8. Mortal Games
9. Lady Of A Thousand Lakes
10. March To Glory



             



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