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ELECTRIC WIZARD - Electric Wizard (1995)
Par LONER le 18 Mai 2011          Consultée 3675 fois

Chaque jour compte son lot de naissances et de décès. Et chaque jour, il en est l'un ou l'autre pour oser un premier contact avec le Doom Metal et plus particulièrement avec son plus fier représentant actuel à tendances traditionnelles, ELECTRIC WIZARD, proclamé "heaviest band in the whole fucking universe" depuis l'exceptionnel "Come My Fanatics...". C'est à toi, ami, qui t'apprêtes à franchir le portail et à pénétrer dans un monde où l'espoir n'est pas permis, que je dédie cette chronique.

...

On sera forcément tenté de sauter cette étape. Ne pas s'embarrasser d'un quelconque prologue pour entrer directement dans le vif du sujet. A l'instar de la chronique musicale (ah, ce n'est pas ce dont il était question jusqu'ici ?), la découverte d'un artiste nous confronte à un désir d'essentiel. Nous aspirons au substantifique. Ce n'est qu'au prix d'un certain effort que nous consentons à aborder l’œuvre dans son ensemble, à accepter sa pluralité, à considérer avec attention ses multiples facettes, même les moins reluisantes ou les moins abouties.

Ainsi, pour le néophyte à la curiosité candide et au bagage à la consistance douteuse (nostalgie des jeunes années...), ELECTRIC WIZARD c'est avant tout "Dopethrone". Voire exclusivement. A qui la faute ? Je suis le premier à vanter la sublime noirceur de cette bouillie clapotante aux fragrances délicieusement putrides. L'alliance ultime entre un Doom malade dopé au Stoner des landes et un Sludge du bayou origine certifiée. Mais ce qui reste l'indispensable étape du pèlerinage est en réalité déjà bien éloigné du tracé originel. Pas étonnant qu'ils soient si nombreux à se heurter à cette masse compacte comme autant de moustiques sur le pare-brise d'un semi-remorque, on n'a pas idée d'aiguiller la bleusaille vers pareil bourbier, le Pantanal à côté c'est la mare aux canards.

S'assurer un premier séjour agréable dans l'univers du trio du Dorset, c'est entamer le périple par, une fois n'est pas coutume, le commencement. Les débuts du doyen de Rise Above Records sont en effet beaucoup plus digestes pour les estomacs fragiles. Les narines délicates apprécieront les subtiles nuances de chanvre mêlées d'encens en comparaison des miasmes étouffants qui suivront.
Et les chastes oreilles ne manqueront pas de se tendre (si autre chose se tend, c'est votre affaire...) au son d'une production plus aérée, plus claire, laissant tout loisir à l'auditeur de cerner la musique de la formation, mettant en relief chaque brique constitutive de l'édifice avant son envahissement par les ronces, le lierre, et avant que le brouillard environnant et les tourbières n'en rendent l'accès beaucoup plus problématique.

ELECTRIC WIZARD, un groupe sous influence ? Toujours. Sauf qu'ici, le dealer s'appelle Lee Dorian, proposant tel un marchand d'armes au lendemain de la dislocation du Bloc soviétique, tout un arsenal de plans lourds et autres riffs blindés hérités du SAB'. C'est donc sous l'égide de l'imposant CATHEDRAL (et sous les mêmes couleurs, la pochette de ce premier opus étant signée Dave Patchett) que Jus Oborn et ses sbires érigeront leur donjon solitaire, se démarquant très vite d'autres bâtisseurs par l'utilisation de matériaux plus massifs, adoptant la pierre grossière plutôt que les arcs sculptés qu'affectionnent les adeptes d'un Doom plus ouvragé (certains diront plus funéraire).

A l'humidité du mausolée, ELECTRIC WIZARD préférera donc la sérénité de sa tour d'astronomie.
Pourquoi donc quitter cette retraite ? "Je peux voir un millier d'univers sans sortir de mon lit". Profiter de ce point de vue unique pour s'évader, la réalité rampante aura vite fait de nous rattraper ("Pas d'espoir, pas d'avenir, pas de putain de travail"). Encore chargées d'un optimisme de circonstance, les élucubrations d'Ozzy sur "Children Of The Grave" ne faisaient que nous mettre en garde. Avec "Mourning Prayer", Jus scelle notre destin, qui sera comme de bien entendu funeste, se languissant d'un hypothétique paradis perdu ("Mountains Of Mars"). L'espace serait-il la clef ? Un thème développé sur les cinq cents trente-six albums du vénérable HAWKWIND.

Dans ce scénario en tous cas, l'exil serait synonyme de salut puisque nous autres pauvres mortels connaîtront le jugement de Béhémoth et l'avènement du fils du Malin. Faisant coïncider l'Apocalypse avec le retour des Grands Anciens venus réclamer leur dû, Jus Oborn nous condamne à une éternité de souffrance. Et de son côté, qu'en est-il ?

Un jour que conseil nous tenions
Nous interrogeant sur nos maux
D'en haut vint un dragon
Un magicien sur son dos
Il nous dit : Levez-vous céans
Dans mon périple je vous emmène
Et volant vers l'espace nous surplombant
Nous passâmes les portes astrales sans peines


Et les voilà partis pour quelque destination cosmique, s'élevant toujours plus haut, s'enfonçant dans les confins du néant. Et sous l'impulsion du sorcier, des galaxies entières naquirent de leur musique et emplirent le vide sidéral, dunes fluorescentes s'étendant à perte de vue...

Ce mélange unique de pessimisme lovecraftien typique du Doom et de psychédélisme sombre, ELECTRIC WIZARD le développera dès ce premier album, se contentant par la suite d'en accentuer l'un ou l'autre aspect (la mise en orbite de "Come My Fanatics..." opposée au calvaire fangeux de "Dopethrone"), jouant sur les rythmes, les sonorités, les thèmes. En ce sens, nous revenons à ce qui avait été esquissé dans le paragraphe introductif : ici se trouve le noyau de toute l'affaire, la moelle dont il convient de se repaitre et d'aspirer goulûment pour apprécier le festin à venir, l'entrée avant le plat de résistance. La boucle est bouclée, vous voilà remis en selle.


Note : 3,5/5.

...

Si vous avez lu cette chronique dans son intégralité, ce dont je vous félicite, et que vous en avez apprécié l'indéniable force évocatrice et toute la puissance raisonnante, alors vous voilà rompu aux codes et à l'univers d'ELECTRIC WIZARD, prêts à affronter les plus ignobles paysages, forts d'une invincibilité conférée par ce nouveau savoir... Comment ? Mes chevilles ? Elles vont très bien merci.

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   LONER

 
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- Jus Oborn (guitare, chant)
- Tim Bagshaw (basse)
- Mark Greening (batterie)


1. Stone Magnet
2. Mourning Prayer
3. Mountains Of Mars
4. Behemoth
5. Devil's Bride
6. Black Butterfly
7. Electric Wizard
8. Wooden Pipe
- bonus Tracks Réédition 2006
9. Illimitable Nebulie
10. Mourning Prayer, Part 1



             



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