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BETRAY-ED - Forsaken Fairytales (2010)
Par FIGHTFIREWITHFIRE le 25 Janvier 2011          Consultée 3197 fois

Si Walran, le pseudo derrière BETRAY-ED, précise que sa priorité créatrice reste et restera toujours allouée à son travail au sein d’ANGELLORE il ne faudrait surtout pas en déduire que l’entité qui nous intéresse ici représente une formation de détente, tel un projet parallèle pris à la légère. Car un vrai travail de fond, fourni avec minutie et perfectionnisme, nourrit ce projet, dont "Forsaken Fairytales" est déjà le sixième représentant !

Ce qui frappe dans BETRAY-ED c’est ce perfectionnisme de la spontanéité, quelque chose qui semble paradoxal mais se comprend au gré des écoutes. La production pour commencer s’avère somme toute artisanale, même si le son est le plus abouti de la formation à ce jour, et l’on sent rapidement que les compositions sont le fruit de sessions de jeu libéré, parfois improvisé, mais par la suite réarrangées et assemblées de manière très réfléchie, ce qui fonde ce paradoxe et explique en partie le charme du duo.

L’autre particularité du groupe réside dans la forte hétérogénéité de ses productions. Une multitude d’influences musicales se côtoient, parfois peut être même à la limite de la cohérence : ici se mélangent des ambiances flirtant avec le rock ("Optokinetic Nystagmus", assurément le morceau le plus accrocheur du disque), l’ambiant inquiétant évoquant la démarche d’ELEND avec ses expérimentations presque industrielles ("Night Of Torment"), l’atmosphérique pur et planant ("The Flight"), ou encore le Folk pour la deuxième moitié du disque.

Cet album est une véritable boîte de Pandore renfermant des contes extrêmement variés.

Et en effet, comment ne pas évoquer un conte à l’écoute d’une pièce telle que "L’orchestre Sous La Pluie" (seul titre en français) ? Avec son accordéon en staccato évoquant Yann Tiersen, ses parties de guitare subtiles et fragiles (assurées par Rosarius, guitariste d’ANGELLORE et du projet solo ABYSSANCTUM) qui nous offre l’un des points forts du disque.

Un léger bémol cependant avec l’utilisation d’une boîte à rythmes, celle-ci présente un décalage très particulier, ses beats au son éminemment artificiel tranchent avec le côté très humain, parfois même maladroit (dans le bon sens du terme, à comprendre brut), des guitares : quelques plans étrangement accordés et des fluctuations dans l’interprétation viennent traduire le côté très spontané de cette démarche créatrice.
C’est notamment flagrant sur le titre "Above The Sea Of Clouds". Les guitares semblent sur le fil, prêtes à flancher et maintiennent une atmosphère de légère oppression mêlée à l’expression beaucoup plus assurée des claviers, tout en retenue et en grâce, un effet qui fait assurément mouche tant la sincérité du propos finit par envahir.

Comme de coutume avec ce projet de nombreux guests viennent émailler les créations de leur touche (violon, cithare, chœurs,guitare) avec une réussite certaine, notamment la très pure "Begynnelse (Norwegian Legend)" qui touche au classique via une interprétation médiévale soufflante.

Seuls quelques passages chantés (en grande majorité de solennels chœurs féminins et masculins à la saveur gothique) sont parsemés dans ce récit musical, ceux-ci intervenant sur ce que l’on pourrait presque décrire comme le tournant du disque : le passage d’un ambiant soyeux à un folk plus énergique et direct. Alors qu’"Omen Of Victory", ode celtique/viking évoquant la force et la majesté des contrées nordiques, assure la transition, c’est "Totentanz, A Shadowplace In Two Acts" qui continue sur la lancée. Majestueuse, solennelle, son chant clair flirte parfois avec la limite mais sert l’ensemble de belle manière via une ligne intelligemment écrite. Le chant black s’avère quant à lui plus classique et semble légèrement retenu, ce qui est probablement imputable au mixage.

La conclusion de l’oeuvre se veut plus proche des ambiances naturalistes, à la fois bucoliques et furieusement tristes que peut offrir BETRAY-ED (telles qu’on peut les entendre sur ses précédents opus et notamment "Woods Of Eternity"), avec en point d’orgue le morceau titre, sa guitare plaintive, son break au piano sublime, ces vagabondages parsemés de chœurs féminins tels de douces présences féériques qui guident le voyageur au détour d’un chemin sinueux.

Car c’est peut être ça la personnalité de BETRAY-ED : une sincérité pure, parfois presque naïve, une personnalité sensible palpable à tout instant qui, pour peu que l’on se laisse porter, finit par toucher profondément et représente l’élément qui lie tous les morceaux en un tout cohérent. La force de ce disque fascinant et réellement attachant.

Note réelle : 3,5/5

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   (2 chroniques)



- Walran (chant, claviers, choeurs)
- Adelaïde (guitares)


1. D(r)ead
2. Optokinetic Nystagmus
3. Night Of Torment
4. The Flight
5. Above The Sea Of Clouds
6. L'orchestre Sous La Pluie
7. Totentanz, A Shadowplay In Two Acts
8. Begynnelse (norwegian Legend)
9. Omen Of Victory
10. A Shepherd's Fable
11. Forsaken Fairytale
12. Voices From The Other World



             



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