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- Membre : Doro, Coracko, Rainbow

WARLOCK - Triumph And Agony (1987)
Par GEGERS le 3 Février 2016          Consultée 2210 fois

On a tort de vouloir qualifier le bonheur. On parle de petit bonheur, de grand bonheur, en oubliant que ce sentiment de satisfaction et de plénitude mêlées que nous ressentons parfois ne peut en aucun cas être mesuré, ou ainsi évalué. Le bonheur tout personnel que représente l'écoute d'un album-fétiche revêt ainsi un caractère parfois incongrus pour qui ne partage pas ce moment de béatitude qui enivre alors l'auditeur convaincu. Au risque de passer pour un fou, l'écoute d'une pépite oubliée d'un artiste, la redécouverte d'un album décrié, procurent parfois la délicate impression d'être un hédoniste incompris, un amateur de bonne choses qui ne sauraient être partagées.

Il en va ainsi du "Triumph And Agony" de WARLOCK. Non pas que l'album soit mésestimé, il connu un très beau succès commercial à sa sortie, en Europe et de l'autre côté de l'Atlantique, et permit de faire de Doro Pesch le plus grand espoir féminin de la scène hard rock de la fin des années 80. Mais le temps passant, la qualité intrinsèque de cet album se vit quelque peu oubliée, distillée au sein du très fourni répertoire solo de DORO, dont les setlists live sont pourtant constituées de nombreux morceaux de cet opus. "Triumph And Agony" est un classique du Hard Rock, c'est une évidence, mais on ne se rappelle pas toujours vraiment pourquoi.

Dernier album d'un WARLOCK par ailleurs largement remanié (seuls le batteur Michael Eurich et Doro restent alors du line-up originel), c'est opus est également le plus efficace et varié de la formation allemande. Tout ici transpire l'envie de porter plus haut la musique du groupe, de lui faire côtoyer les sommets. La rage avec laquelle Doro crie, hurle, sur la fin de "Touch Of Evil" est du genre de celle à vous coller des frissons, près de 30 ans après l'enregistrement du morceau. Le Hard Rock ici présenté témoigne d'un énergie dévastatrice, qui se fait bien plus radicale et violente que ce que les grands noms du genre proposent alors. Bien aidé par le producteur Joey Balin (qui œuvrera également sur le premier album de DORO et sur le "Big Thrill" d'AXXIS), WARLOCK propose une dizaine de morceaux, dotés chacun d'une personnalité propre, qui forment un tout dont on ne se lasse jamais.

Il y a là les inoubliables tubes qui sont passés à la postérité. "All We Are", avec son intro a cappella et ses chœurs gonflés de testostérone, qui transcendent un refrain percutant et imparable. "I Rule The Ruins" et son riff destructeur, "East Meets West", tourné vers les States, "Metal Tango", un hymne que l'on verrait bien repris dans les stades, et bien sûr la ballade qui reste le plus gros succès du groupe, la splendide "Für Immer", sur laquelle l'emploi de la langue allemande apporte simultanément un surplus de douceur et de rugosité.

Cinq titres que tous les Hard Rockers connaissent, auxquels s'ajoutent cinq morceaux qui, s'ils n'ont pas obtenu le statut des morceaux précités, participent à conférer une délectable substance à cet album. On retient essentiellement de ces brûlots supplémentaire le survolté "Three Minute Warning", sur laquelle Doro, impériale, livre un duel endiablé avec la guitare déchaînée de Niko Arvanitis. "Kiss Of Death", très enlevé, témoigne de l'orientation future de la carrière de DORO, tandis que le rugueux "Cold, Cold World" met de côté l'impact des mélodies au profit d'une énergie époustouflante. Finalement, seule la ballade "Make Time for Love", écrasée sous l'aura de sa glorieuse concurrente "Für Immer", s'avère dispensable, portée par un piano langoureux qui ne parvient pas à faire naître l'émotion malgré un très bon refrain.

Après trois très bons albums, voici donc LA perle de WARLOCK, l'album-imparable qui confirme tout le talent de la formation de moins en moins germanique. si la chanteuse devra poursuivre sa carrière sous son propre nom, laissant celui du groupe à ses anciens camarades de jeu (qui n'en feront pas grand chose), cet opus marque à la fois la fin d'un chapitre fondateur dans la carrière de la vocaliste, mais marque également le début de l'ascension de DORO sur la scène Hard Rock, et le premier d'une pelletée d'albums d'excellente facture. Un moment de bonheur, tout simplement.

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   (2 chroniques)



- Doro Pesch (vocals)
- Tommy Bolan (guitars)
- Nico Arvanitis (guitars)
- Tommy Henriksen (bass)
- Michael Eurich (drums)


1. All We Are
2. Three Minute Warning
3. I Rule The Ruins
4. Kiss Of Death
5. Make Time For Love
6. East Meets West
7. Touch Of Evil
8. Metal Tango
9. Cold, Cold World
10. Für Immer



             



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