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HEAVY METAL  |  STUDIO

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- Membre : Rainbow, Wami
- Style + Membre : Black Sabbath, Dio, Iommi

HEAVEN & HELL - The Devil You Know (2009)
Par ALANKAZAME le 27 Avril 2009          Consultée 12886 fois

- « Heaven & hell »… Sacré bon dieu ça me dit quelque chose… Ah mais ça ne serait pas un album de BLACK SABBATH par hasard ? – vérifie sur le net – Aaaaah mais oui bien sûr, c’est le premier album du Sab’ enregistré avec Ronnie James Dio, alors démissionnaire de RAINBOW, au micro ! Excellent album largement entré dans la postérité, l’un des meilleurs du groupe. Mais attendez, il date de 1980 cet album, qu’est ce que c’est que cette histoire, on nous le réédite cette année ? Ah ben non. C’est un nouveau groupe qui a repris ce nom alors… Oui c’est ça, voyons voir, y’a qui dans ce groupe ? Ah mais la vache ! Dio, Iommi, Butler, Appice… Le line-up qui a composé « Mob Rules » et « Dehumanizer » de BLACK SABBATH, Appice n’ayant pas encore remplacé Ward lors de l’enregistrement de « Heaven & hell » !! Mais comment ce fait-ce ? BLACK SABBATH ne s’est-il pas déjà reformé, en 1997, avec Ozzy Osbourne au chant ? – vérifie sur le net… Damned ! C’est parce que ce boulet d’Osbourne ne fout strictement rien pour le quartet que Iommi a décidé de contacter Dio en 2006 pour ne pas continuer à se tourner les pouces. Mais comme Osbourne reste le chanteur « officiel » de BLACK SABBATH, la formation prend un autre nom histoire de s’en démarquer, évidemment ! Merde alors… -

Oulaaaa, vous avez du retard à rattraper vous hein ? Eh bien oui, non seulement le SAB’ de l’ère Dio s’est reformé, mais en plus il se fend d’un album totalement inédit, boosté qu’il a été par le succès phénoménal qu’à rencontré sa récente tournée internationale. Exit le projet pour le moins douteux de Ronnie de poursuivre son aventure en solo pour composer deux suites à son album « Magica », et exit les tortillages du cul typiquement Osbourniens, il était plus que temps de revenir aux choses sérieuses ! A l’origine, HEAVEN & HELL ne devait être qu’une parenthèse, une réunion éclaire visant à donner quelques concerts avant que tout le monde ne reparte bien sagement de son côté. Mais quand un aussi grand groupe retrouve une telle harmonie, un tel engouement de la part de son public, il ne peut qu’être incité à aller plus loin dans son idée. Dès lors, tout est allé très vite : le courant passe à nouveau entre Dio et Iommi et les deux gaillards composent trois titres inédits pour agrémenter la compilation « The Dio Years », rassemblant les meilleurs titres des albums « Heaven & hell », « Mob rules » et « Dehumanizer » de BLACK SABBATH. Le succès ne s’est pas fait attendre, il a remotivé les troupes, et c’est maintenant un véritable album de dix pistes, flambant neuf, qu’on a entre les mains !

Si le BLACK SABBATH à la sauce Dio a choisi comme nouveau nom HEAVEN & HELL, c’est avant tout pour s’émanciper totalement de l’ombre d’Ozzy Osbourne. En renvoyant à l’album mais aussi au titre le plus emblématique de la période Dio, Iommi voulait se consacrer tout entier, sur scène, aux trois albums enregistrés avec le farfadet. Le talentueux guitariste a choisi d’aller au fond des choses avec « The devil you know », un album dans la droite lignée de « Dehumanizer », agrémenté d’un retour aux fondamentaux posés par « Heaven & hell ». A quelques exceptions près, il est donc inutile de rechercher ici de quelconques traces du BLACK SABBATH pré-Dio.

Les dix titres se partagent à partir de là en plusieurs « catégories » couvrant des styles différents mais tous propres à part entière au répertoire des trois albums auxquels « The devil you know » est censé renvoyer. On distingue tout d’abord une première catégorie de titres en mid tempo, au ton dramatique quelque peu grandiloquent, dotés d’une certaine classe. « Atom & evil » et « Breaking into heaven », qui, respectivement, ouvre et ferme la marche, s’inscrivent totalement dans cette démarche. Le premier constitue une ouverture idéale, aux antipodes d’une vulgaire mise en bouche. L’album commence ainsi sur les chapeaux de roue par un riff lourd et pesant qui n’est pas sans rappeler celui de « Heaven & hell », le titre. Le son est énorme et la production irréprochable, on est beaucoup plus proche de la qualité technique d’un « Magica » que du son crade des premiers albums de BLACK SABBATH. Je ne vais certainement pas m’en plaindre, car je trouve, au-delà de toute forme de considérations artistiques relevant du purisme que certains adeptes du metal crado, du « vrai » metal comme ils disent, ne manqueront pas de reprendre à leur compte, que ce nouveau décor donne beaucoup de relief au gigantisme de la guitare de Iommi et à l’ambiance, à la fois sinistre et monumentale, qui se dégage de l’ensemble des compositions de cet album. De toutes manières « The devil you know » est un album très académique et traditionnel, du heavy metal pur, sans fioritures et fidèle à l’identité de BLACK SABBATH. Loin de renier son passé, HEAVEN & HELL le réhabilite dignement et lui donne un nouveau souffle en l’adaptant aux enjeux contemporains.

L’odyssée se poursuit tambours battant sans accrocs et sans temps morts. Entre les deux titres précédemment évoqués se succèdent ainsi huit pistes aux identités marquées, parmi lesquelles « Fear » et « Follow the tears », du BLACK SABBATH pur et dur qui comblera à n’en pas douter les mordus de « Mob rules ». Le second est à mon sens plus intéressant que le premier, trop classique à mon goût. Le modérément gothisant « Follow the tears », avec son intro à base de gros riffs sur fond d’orgue et son refrain grandiloquent sinistre au possible, est en ce qui me concerne une grande réussite artistique, un titre de heavy puissant aux compositions fouillées et relativement fines. « Bible black », avec son intro acoustique particulièrement réussie, met encore mieux en avant cet intact géni de composition dont jouissent encore Dio et Iommi. La bible noire met en outre en valeur l’intégrité des performances vocales de Ronnie, qui, malgré ses 67 ans (!!!), n’a absolument rien perdu de ses capacités. Tantôt sentimental, tantôt théâtral, tantôt agressif, Dio s’adapte à tous les cas de figures avec brio et fait montre d’une diversité de registres, qui n’incitera pas ceux qui l’ont sacré plus grand chanteur de heavy metal à renier leurs propos.

« Rock And Roll Angel », plus proche du hard rock que du heavy metal et « The turn of the screw », avec sa recette mainte fois éprouvée du chant posé sur un lit de basse ponctué par quelques riffs bien sentis en guise de couplets, forment une catégorie à part de titres particulièrement faciles d’accès, plus ouverts que les autres. C’est du même coup les moins intéressants. Loin de moi l’idée d’affirmer qu’ils sont mauvais, mais l’apparente simplicité de leurs structures, les soli fusant de toutes parts sur le second, LE solo sur fond de guitare acoustique certes magnifique mais franchement clichièsque sur le premier, et leurs refrains assez basiques sont autant d’éléments qui contrastent avec la complexité et l’académisme – toutes proportions gardées cela va de soi – des autres pistes. Qu’on se rassure, ça reste quand même du très bon dans l’ensemble. « Fear » et « Neverwhere » ont à priori certains de ces défauts en commun, mais leur rythme enlevé évoquant la fusée en plein élan en font une autre catégorie à part, elle aussi somme toute assez traditionnelle, à savoir le titre survolté à gros riffs qui ravage tout sur son passage du début à la fin. C’est efficace, ça défoule et ça injecte une dose de variété dans un album qui, BLACK SABBATH oblige, privilégie des rythmiques plus posées.

On termine cette vue d’ensemble par mon coup de cœur, « Double The Pain », qui réunit, de mon point de vue, toutes les qualités requises. Gratifié d’une intro angoissante à la basse qui laisse augurer du meilleur, ce titre de haute volée bénéficie en outre de couplets incomparablement efficaces, qui doivent tout à un riff assassin, particulièrement agressif. Dio, magistral, explore l’essentiel de sa palette de registres, à l’occasion, notamment, d’un pré-refrain qui fait merveilleusement bien la jonction entre les différents éléments du morceau. Et, bien entendu, Iommi nous achève comme il se doit en balançant une sauce lors de passages instrumentaux qui ne manqueront pas d’égayer l’esprit du headbanger aux cheveux longs. Jouissif, tout simplement !

Alors, au final, le BLACK SABBATH de la grande époque est-il de retour ? Si l’on se limite au cas Dio, oui, incontestablement. Cet album est très probablement le meilleur du SAB’ depuis « Mob rules ». La collaboration retrouvée entre deux pionniers du heavy metal a ici donné naissance à un excellent album, typique de ce qu’on attend d’un bon heavy traditionnel, sombre, lourd et théâtral à la fois, aux antipodes des mièvreries à base de synthétiseurs qui ont pourrit tant de grands groupes ces dernières années (au premier rang desquels SAXON qui a récemment accouché d’un album superficiel au possible). HEAVEN & HELL n’augure rien de nouveau, ses membres n’inventent pas grand-chose sinon l’approfondissement de leur propre œuvre. Mais des produits d’une qualité pareille, de nos jours, ça ne court pas les rues. « The devil you know » est un album fort de sa propre diversité, mais homogène, complexe sous bien des aspects, qui se décortique minutieusement et ne lasse pas ses auditeurs. Alors oui, et je ne pense pas me tromper en l’affirmant, il est très probablement l’un des tous meilleurs albums de heavy metal de ces dernières années. A posséder absolument pour les adeptes du genre, qui ne trouveront toutefois pas en lui d’innovations majeures ou d’originalité flagrante, il est en outre tout indiqué pour les autres, ceux qui ne connaissent pas BLACK SABBATH version Dio ou qui répugnent à se farcir un heavy metal trop pacifié et acidulé. Une franche réussite, donc, mais pas plus de 4/5, car, dans le fond, c’est du déjà vu, à quelques exceptions près.

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   ALANKAZAME

 
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- Ronnie James Dio (chant)
- Tony Iommi (guitare)
- Geezer Butler (basse)
- Vinny Appice (batterie)


1. Atom & Evil
2. Fear
3. Bible Black
4. Double The Pain
5. Rock & Roll Angel
6. The Turn Of The Screw
7. Eating The Cannibals
8. Follow The Tears
9. Neverwhere
10. Breaking Into Heaven



             



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