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HEAVY METAL  |  DVD

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Lexique heavy metal
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- Membre : Rainbow, Wami
- Style + Membre : Black Sabbath, Dio, Iommi

HEAVEN & HELL - Live From Radio City Music Hall (2007)
Par ALANKAZAME le 22 Novembre 2010          Consultée 3614 fois

HEAVEN & HELL était très certainement l'un des groupes de Heavy parmi les plus marquants de la fin des années 2000. Techniquement, artistiquement et conceptuellement parlant, c’était vraiment l’uns des groupes majeurs du Heavy Metal de ce début de millénaire. Et pourtant ça n’est pas parti de grand-chose. Qui aurait en effet put croire un seul instant, lorsque Ronnie James Dio, Tony Iommi, Geezer Butler et Vinny Appice se sont retrouvés pour jouer sur scène, que le line-up le plus populaire de BLACK SABBATH après celui avec Ozzy Osbourne allait à nouveau rencontrer un tel succès ?

La raison est évidente et tient à quelque chose qui ne s’invente pas : le talent. Les deux premières expériences de cette formation qui a sévi sous le nom de BLACK SABBATH au début des années 80 puis au début des années 90 ont été brèves, mais extraordinairement prolifiques. Jugez plutôt : trois albums enregistrés en l’espace de cinq petites années, le tout cumulé. Trois albums qui sont en ce qui me concerne des œuvres majeures du Heavy Metal et auxquels j’accorde les yeux fermés cinq étoiles, sans la moindre hésitation. Lorsqu’en 2006 on demande aux quatre compères s’ils veulent bien soutenir la réalisation d’une compilation regroupant le meilleur de leur œuvre ("Black Sabbath : The Dio Years", ils acceptent sans plus d’arrières pensées. Dio et Iommi, la soixantaine bien entamée, ont même réussi à mettre de côté leurs différends pour coécrire ensemble trois nouveaux titres dont deux d’entre eux sont en ce qui me concerne devenus des classiques (et d’ailleurs ça tombe bien, puisqu’ils font partie de la set-liste du DVD dont il est ici question).

A partir de là les évènements s’enchainent et après que le batteur « classique » de SABBATH, Bill Ward, en mauvaise santé, eut jeté l’éponge pour être remplacé par Vinny Appice, le groupe part en tournée internationale sous un nouvel acronyme, HEAVEN & HELL. Cela pour plusieurs raisons, la principale étant motivée par la volonté de s’émanciper de l’ombre d’Ozzy Osbourne qui manie comme personne les magouilles juridiques, et surtout pour ne pas être obligé de reprendre les chansons de son répertoire. Le 30 mars 2007, nos papys rockers bourrés d’enthousiasme font salle comble dans la magnifique salle du "Radio City Music Hall" de New York. L’incroyable show de deux heures délivré sur place a été enregistré pour rendre hommage à l’Histoire… Et c’est peu dire !
Je suis beaucoup plus jeune que les premières générations de fans du SAB’ et de Ronnie. Je n’ai donc pas connu le groupe lors de ses périodes fastes, je n’ai jamais été familier de l’heure de gloire du quartet le plus cultissime de l’histoire du Heavy Metal et je ne suis donc pas forcément le mieux placé pour donner cette appréciation. Mais sans déconner, ce live est très certainement l’un des tous meilleurs concerts enregistrés que je possède dans ma CDthèque.

Plusieurs qualités sont à mettre au crédit du premier DVD live de HEAVEN & HELL. Déjà le son est tout simplement irréprochable. C’en est même bluffant tellement le résultat est exceptionnel : ce live enterre littéralement un bon paquet d’albums studios, et pas forcément parmi les moins récents. Ayant eu l’occasion de voir le groupe en concert, je peux témoigner qu’il ne s’agit pas que d’une question de mixage et d’arrangements en studios : le son de H&H était vraiment énorme, d’une limpidité à toute épreuve. Je pense même que du haut de ma petite expérience il ne m’a jamais été donné d’entendre un groupe jouer avec un son d’une telle précision. Rien de mieux pour appuyer le talent de nos quatre artistes.

Ensuite, et là aussi le doute n’a pas sa place : la set-liste est géniale. Aucune période du groupe n’a été négligée, et même si l’album "Dehumanizer" se résume ici à trois titres, ce sont sans conteste les trois meilleurs. Tous les grands classiques sont là, et on retrouve en sus deux des trois titres enregistrés en 2006, les excellents "Devil Cried" et "Shadow Of The Wind" (sur lequel Dio se livre à une magnifique impro en phase conclusive). Quinze titres avec parmi eux de grosses surprises comme "Lady Evil" et "Lonely is The World". J’ose même pas imaginer à quel point les fans de la première heure ont put être comblés en entendant ça. Il n’y a rien de mauvais, on prend son pied du début à la fin et la plupart des chansons gagnent en puissance et souvent même en intérêt par rapport à leurs versions d’origine. Has been les papys ? Mais putain si seulement la moitié des jeunes groupes avait leur talent !

Car il faut bien le dire à un moment donné, ce groupe avait aussi la chance de comprendre en son sein à la fois celui qu’on décrit sans peine comme le plus grand guitariste de l’Histoire du Heavy Metal et bien entendu celui auquel on attribuait la plus belle voix du genre. Et en voyant ces images, en entendant ce son, on comprend pourquoi. Iommi et Dio sont tout simplement extraordinaires, des artistes au talent indescriptible, qui balayent littéralement tout sur leur passage.

A plus de 65 ans, Ronnie n’avait encore rien perdu de ses capacités vocales. Avec l’âge sa voix s’était même embellie : plus grave, plus chaude, moins éraillée. Le farfadet de RAINBOW nous inonde d’un festival de registres soutenu par un timbre merveilleux d’une incroyable pureté ; on hallucine littéralement de le voir interpréter l’intégralité de son set avec une passion, une maestria qu’on désespérait de retrouver un jour dans le cadre de son projet solo, qui battait de l’aile depuis plusieurs années. Émouvant à nous en tirer les larmes des yeux sur "Sign of The Southern Cross", d’une efficacité assassine sur des brûlots comme "Mob Rules" et "Lady Evil", Ronnie James Dio, petite taille et immense talent, est tout bonnement impérial sur un "After All (The Dead)" d’anthologie qui met tout le monde d’accord dès l’ouverture.

Et Iommi… Ah lala Iommi, la classe à l’état pur. Le type ne paye pas de mine et a bien du mal à bouger sa vieille carcasse (ses problèmes de dos n’étaient d’ailleurs un secret pour personne tout au long de l’activité du groupe)… Mais nom de Dieu de bon Dieu, il transpire le charisme par tous les ports !! Visiblement comblé d’avoir repris de l’activité, l’illustre monstre de la guitare électrique envoie une sauce digne des flammes de l’enfer et balance à loisir des riffs sombres enveloppants et surtout une pléthore de soli épiques avec une aisance ahurissante. Magistral, lui aussi, sur "After All", surprenant sur une version bouleversante de "Sign Of The Southern Cross" (le titre préféré du groupe), il se fend au plus fort du concert d’un solo beau à pleurer en introduction de "Die Young". Et quand je dis ça je ne métaphorise pas : à chaque fois que j’écoute ce flot de pincés de cordes en me plongeant dans l’atmosphère du concert ça ne rate pas, je suis littéralement submergé par l’émotion…

Bien que les deux autres zikos fassent un peu figure de seconds couteaux à côté de prodiges pareils, il faudra vraiment être un sacré ingrat pour affirmer qu’ils ne sont là que pour témoigner. La boulle de nerfs Butler ne démérite pas en faisant hurler sa basse d’un bout à l’autre du set, et Appice, imperturbable, à fond dans son jeu au point d’en avoir le visage déformé par d’horribles rictus, martèle ses caisses avec un entrain communicatif. Les deux compères forment une session rythmique assassine, d’une efficacité chirurgicale et qui, couplée aux guitares sombres et pesantes de Iommi, contribue beaucoup à donner à la musique d’HEAVEN & HELL ces incursions Doom Metal qu’on retrouvera en pagaille sur l’album studio qui sortira par la suite. Et quel plaisir, franchement, de voir Ronnie, Geezer et Tony chahuter et se balancer des vannes entre deux titres. Quel plaisir de les voir interagir en aussi bonne intelligence après tant d’années de frustrations !

Alors certes, le quatuor est un peu rouillé au niveau des articulations et à part Ronnie, il n’y a pas grand monde qui se bouge sur scène (si l’on fait parfois abstraction de Butler dont on a l’impression qu’il va imploser tellement il gigote sur place). Mais le tout est interprété avec une telle passion, une telle envie qu’on ne peut pas ne pas se laisser prendre au jeu. Comblé comme rarement il ne l’a été tout au long de sa carrière, Dio couvre la foule de remerciements, souvent sur un ton affectueux saisissant de sincérité, en particulier lorsque la foule scande son nom entre deux chansons. L’immense "Radio City Music Hall", plein à craquer, contient d’ailleurs pas mal de fans mûrs, qui sont restés fidèles à leurs idoles après plus de quinze ans d’absence. La plupart sont aux anges, reprenant en chœurs les paroles de leurs titres préférés, acclamant des papys qui assènent une véritable leçon de Rock’N’Roll à cent lieues de tous ces jeunes groupes aux albums surproduis, aux synthés niaiseux tonitruants et aux voix suraiguës ridicules.

Côté technique, l’image rend hommage de manière exemplaire à l’impressionnant arsenal d’éclairages et de décors pseudo-médiévaux contribuant à créer une ambiance mystique, un peu surnaturelle, parfaitement en phase avec l’esprit général de la musique d’HEAVEN & HELL. Les caméras ont su capturer, dans les moindres détails et avec une précision et une finesse parfaites, les moindres faits et gestes du quatuor. Des embouts en silicone que Iommi, gaucher, porte aux doigts meurtris de sa main droite, aux petites finesses auxquelles se laisse aller Butler et sa pédale d’effets sur les couplets de "Sign Of The Southern Cross", rien n’a été négligé. Les musiciens en herbe ont tout intérêt à visualiser ce concert, rien de mieux qu’une vraie leçon donnée par les maîtres de tout un genre musical pour trouver l’inspiration !

Au final tout semble parfait et très franchement j’ai bien du mal à trouver quelque chose à reprocher à cet enregistrement, si ce n’est le côté un peu statique des musiciens, qui compensent leur vieillerie par un professionnalisme et un talent à toute épreuve. A l’heure où j’écris ces lignes, le tant regretté Ronnie James Dio repose six pieds sous terre, et HEAVEN & HELL a été définitivement dissout. En très peu de temps, ce groupe aura encore laissé une immense contribution au monde de la musique. "Live At Radio City Music Hall" en fait partie : c’est un immense concert, interprété par un immense groupe, et de mon point de vue, il fait déjà partie des indispensables du genre. A posséder absolument par vous tous, chevelus de tous poils, quelles que soient vos orientations metallistiques. Bien plus qu’un simple concert, ce DVD est une véritable leçon de Heavy Metal, de Rock’N’Roll, de musique et, en fin de compte d’art. En somme, la classe ultime.

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   ALANKAZAME

 
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- Ronnie James Dio (chant)
- Tony Iommi (guitare)
- Geezer Butler (basse)
- Vinny Appice (batterie)


1. E5150/after All (the Dead)
2. The Mob Rules
3. Children Of The Sea
4. Lady Evil
5. I
6. The Sign Of The Southern Cross
7. Voodoo
8. The Devil Cried
9. Computer God
10. Falling Off The Edge Of The World
11. Shadow Of The Wind
12. Die Young
13. Heaven And Hell
14. Lonely Is The Word
15. Neon Knights



             



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