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DOOM DEATH ATMOSPHéRIQUE  |  STUDIO

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CELESTIAL SEASON - Solar Lovers (1995)
Par KARL VON KARL le 15 Février 2008          Consultée 2198 fois
Exhumons aujourd'hui un extraordinaire groupe hollandais, j'ai nommé le fantastique CELESTIAL SEASON.
Après un premier album déjà très remarqué: "Forever Scarlet Passion"(1993), le combo revient en 1995 avec un disque majeur qui n'a pas à rougir face aux référentiels "Turn loose the Swans" (MY DYING BRIDE) ou "Wildhoney" (TIAMAT).
Car "Solar Lovers" se révèle sans aucun doute comme un autre chef-d'œuvre de la célèbre mouvance Doom Death du début des années quatre-vingt-dix. Il se hisse sans difficulté dans le peloton de tête de ce style qui fut si fécond et avant-coureur.

Le son se montre relativement atypique dans le registre Doom Death atmosphérique, puisque outre la grande puissance des guitares et de la batterie, il se pare d'influences seventies avec ses effets et ses rondeurs caractéristiques. Ainsi, les titres oscillent entre l'excellence groovy du Doom des pionniers et les humeurs avant-gardistes très prisées à l'époque. Ce subtil mariage fonctionne à merveille et nous sommes véritablement surpris par la déconcertante facilité avec laquelle les compositions s'enchaînent et s'imbriquent les unes aux autres, sans se départir d'une finesse rarement atteinte dans cette catégorie si élitiste.
A cet égard, la qualité des mélodies force le respect, car les titres toujours accrocheurs regorgent de passages remarquables qui érigent "Solar Lovers" au panthéon Doom. L'œuvre est également très aérée, puisqu'elle comprend plusieurs instrumentaux originaux, formant un maillage qui rehausse l'impact et la valeur des titres plus classiques.
Des textes simples et poétiques, parfois inspirés d'œuvres littéraires (le Décaméron de Boccace), non dénués d'une judicieuse sensibilité psychédélique aux contours flous, sont interprétés par un chant grogné, parlé ou murmuré d'une grande maîtrise. La voix Death est grave mais douce et bannit toute forme d'agressivité, en ce sens qu'elle fait véritablement corps avec la pesanteur de la musique.

Ce qui frappe de prime abord l'auditeur, c'est ce violon mélancolique omniprésent qui donne naissance à des volutes mélodieuses de tout premier ordre.
"Decamerone" entame les hostilités et dès les premières notes, nous sommes happés par le thème sublime du violon et l'énergie emphatique des guitares, qui font de ce titre une entrée en matière absolument magistrale. Le morceau "Solar Child" propose un superbe feeling seventies rafraîchissant avec en sus, un génial solo à rallonge au son chatoyant et sucré, avant que n'entame le premier instrumental acoustique, l'intimiste "Body as Cannvas".
Après la grande qualité des titres introductifs, on pourrait croire que la suite du disque tournerait à vide, mais mes pauvres amis c'est évidemment tout le contraire qui se produit. En effet, les chansons suivantes sont proprement hallucinantes, tant leurs constructions et leurs mélodies divines possèdent un pouvoir évocateur et hypnotique hors norme. "Soft Embalmer of the Still Midnight" et "Will you Wait for the Sun ?", deux bijoux Doom aux breaks ingénieux et aux violons célestes, on atteint sans sourciller le sommet de l'Everest avec Sir Edmund Hillary et son fidèle sherpa.
"The Holy Snake" est à nouveau un court instrumental de transition très agréable, puis nous vient l'entraînant et noble mid-tempo "Dancing to a Thousand Symphonies", encore une fois orchestré de main de maître et agrémenté d'un solo vif et jouissif. Pour continuer, ULTRAVOX vous connaissez ? Moui ? Bah de toute manière il ne s'agit que d'une vieille soupe New Wave crispante et notre CELESTIAL SEASON a digéré l'ultravoxien "Vienna" pour en faire un brûlot Doom énorme tout en retenue grâce à son léger piano, largement supérieur à la mièvrerie originale. "Fandango" sert d'introduction acoustique au majestueux "The Scent of Eve", une dernière perle plus sombre que le reste de l'album, avec en son sein de nombreux moments mémorables, avant qu'un ultime "A Tune from the Majestic Queen's Garden" en forme de conclusion bienvenue, tout en échos et distorsions, nous accompagne délicatement vers la fin.

"Solar Lovers", une œuvre perdue dans la nuit des temps et le brouillard des légendes.
Aujourd'hui, elle revient vers vous, telle une proie liquide qui s'élance et s'abat dans un éclat d'argent.
Si lumineuse, elle attise la fine amertume des dieux. Il ne tient qu'à vous de saisir votre chance, d'étancher votre soif avant qu'elle ne vous échappe à nouveau et ne replonge dans les profondeurs de l'eau noire.
Alors, cœur blafard au-dessus de l'abîme, vous attendrez nuit et jour d'embrasser son reflet.
Car elle demeure magnifique et sans pareille, humaine et tragique.

Note : 4,5/5.




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   KARL VON KARL

 
  N/A



- Robert (guitars)
- Jiska (violins)
- Olly (bass)
- Stefan (vocals)
- Pim (guitars)
- Jason (drums)
- Maaike (violins)


1. Decamerone
2. Solar Child
3. Body As Canvas
4. Soft Embalmer Of The Still Midnight
5. Will You Wait For The Sun ?
6. The Holy Snake
7. Dancing To A Thousand Symphonies
8. Vienna
9. Fandango
10. The Scent Of Eve
11. A Tune From The Majestic Queen's Garden



             



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