Recherche avancée       Liste groupes



      
SPACE OPERA  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Style : ÖxxÖ XÖÖx

OXIPLEGATZ - Worlds And Worlds (1996)
Par LESOMBRE le 7 Février 2008          Consultée 2555 fois

Pour commenter un album d’OXIPLEGATZ, je crois qu’il faut commencer par se donner un minimum de méthode ; ce bougre d’Alf Svensson possède en effet un univers foisonnant dans lequel il serait facile de perdre un pauvre chroniqueur qui n’en demande pas tant. Pour mémoire, rappelons dans un premier temps qu’Alf était membre d’AT THE GATES, maître du death mélodique suédois (avec DARK TRANQUILLITY et IN FLAMES évidemment). Toujours du point de vue liminaire, prévenons que la musique d’OXIPLEGATZ n’a strictement rien à voir avec les groupes susnommés. Pour jouer le jeu des définitions, disons qu’il s’agit d’un « Opera futuriste » (qualificatif que j’emprunte à Possopo), émaillé de passages brutaux, type black, ou plus lourds, type death, et qui alterne chants clairs (féminin, masculin) et chants criés. Bref, un joyeux bordel sur fond de voyage dans l’espace, ce qui fait l’intérêt, mais aussi la faiblesse, d’OXIPLEGATZ.

Tout d’abord les points forts de cet album, qui est le second du groupe, après un "Fairytales" pas vraiment resté dans les mémoires et dont l’auteur même confesse qu’il n’est pas exactement son chef d’œuvre.
Le premier titre de "Worlds and Worlds" est une tuerie. Franchement, c’est probablement un des plus méconnus et, à mon sens, un des meilleurs morceaux de black métal qui ait jamais été composé. « Battles of Species » est d’une rare intensité, dans les textes et dans les riffs. On est immédiatement transporté en pleine guerre entre deux espèces sur une planète dévastée. Alf plante le décor en un peu moins de quatre minutes et on comprend très vite qu’il n’est pas là pour rigoler. Les deux morceaux suivants sont dans la même veine : les compos sont hachées, très sèches, mises en valeur par les synthés. De très bons moments de metal brutal : un art consommé de l’attaque agressive sur riff ultra-violent. Même l’usage de la boîte à rythme, dont je ne suis pourtant guère partisan, donne un coté « machine », qui colle très bien à l’ambiance futuriste d’OXIPLEGATZ. Puis ça se calme un peu, le vaisseau s’éloigne des conflits et navigue vers des contrées désolées, donnant lieu à de touchants moments d’émotion (« The End is Night ») ; le chant de Sara Svensson (épouse du maître d’œuvre) est très plaisant et on se surprend à reprendre en cœur les mélodies mélancoliques portées par sa voix.

L’album contient toutefois quelques imperfections de taille, de nature, je le crains, à décourager les moins férus de SF et d’excentricité musicale d’entre nous. En effet, on se perd assez souvent dans ce projet labyrinthique et sans doute un peu trop personnel.
Les compos sont parfois grandiloquentes, vides pour tout dire, il ne se passe pas grand-chose dans certains titres ; impression accentuée par des nappes de synthés un peu envahissantes qui plombent l’album. On décroche, quand ce n’est pas tout un morceau qui se passe complètement ailleurs. « Graveyard Dream » est exemplaire de ce type de défaut, le titre ne décolle pas et se conclut sur un passage genre fanfare, tout guilleret, et complètement décalé par rapport à la tonalité générale. Autre exemple, « Abandon Earth », qui emprunte manifestement sa structure et certains riffs à la période AT THE GATES ; ce qui s’avère pour le moins déconcertant en plein voyage sidéral. Pour faire simple, disons qu’OXIPLEGATZ, sur ses trois albums, reste confronté au même problème : une harmonisation insuffisante et un défaut de cohérence générale entre les titres.

Au final, on a souvent l’impression qu’Alf ne nous donne pas toutes les clefs pour pénétrer dans son monde et qu’il ne ménage pas les transitions qui pourraient nous permettre d’y accéder. C’est sans doute le danger qui menace tous les groupes composés d’un musicien unique. OXIPLEGATZ reste toutefois un projet audacieux, osé par certains côtés, qui contient de très bons passages. A réserver aux amateurs d’expériences musicales inédites…

A lire aussi en DIVERS :


John NORUM
Play Yard Blues (2010)
Escapade blues inattendue, résultat savoureux




IGORRR
Savage Sinusoid (2017)
Ordo ab chao, biatch

(+ 1 kro-express)

Marquez et partagez




 
   LESOMBRE

 
  N/A



- Alf Svensson (homme-orchestre)
- Uno Bjurling (chant black)
- Sara Svensson (chant clair)
- Tomas Svensson (baryton)


1. Battles Of Species
2. First Contact-conflict
3. Aftermath
4. Quest
5. Graveyard Dream
6. Usurpers
7. The End Is Night
8. Abandon Earth
9. Journey



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod