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XENTRIX - For Whose Advantage ? (1990)
Par SHUB-NIGGURATH le 5 Janvier 2008          Consultée 4019 fois

"Shattered Existence", premier album des Anglais de Xentrix, avait placé la barre très haut. Production excellente, riffs acérés et rythmique en béton armé, le groupe nous offrait là une petite merveille de Heavy/Thrash, à l’ambiance californienne délicieusement barbouillée par la grisaille mancunienne du chant puissant de Chris Astley.

Une petite année passée, que pouvait-on attendre de plus ?

A défaut de quelque chose de mieux, on se serait volontiers satisfait de quelque chose du même calibre. Cela n’aurait pas été la première fois qu’une formation, après avoir mis toute la gomme au démarrage, dérape dès le premier virage et laisse sa créativité sur le bas-côté pour repartir plan-plan dans une banalité laborieuse. Les exemples ne manquent pas, à chacun de choisir le sien. Fort heureusement, "For Whose Advantage ?" ne mange pas de cette médiocrité et XENTRIX nous claque à nouveau la gueule avec ce deuxième album.

De toute évidence, l’inspiration est encore là. Le groupe a conservé sa marque de fabrique et fait état d’une pleine possession de ses moyens pour s’autoriser à creuser davantage les idées caressées sur "Shattered Existence" et illustrant la très nette influence exercée par le « Master of Puppets » de METALLICA. Les compositions sont toujours empreintes de ce feeling si particulier, de même que les riffs, percutants et recherchés, avec le souci permanent de couper court à toute linéarité. Non content de trouver à chaque occasion les harmonies et le rythme qui vont bien, XENTRIX s’amuse à broder des variations autour de cet axe pour mieux en casser la ligne et le tempo. Une musique brisée, à l’aune des textes, défaitistes, qui étoffent le sentiment d'amertume que l’on pouvait déjà déceler dans les abrupts « Balance of Power » ou « Crimes ».

Dans ces conditions, « Questions » ouvre l’album de la meilleure des façons. Les guitares chauffent progressivement pour hoqueter alors des riffs bien gras et nerveux, dont les accords suffisent à soutenir un refrain entêtant et l’envolée du couplet final. Arrive là-dessus le titre éponyme, qui résume à lui seul l’efficacité de la technique élaborée par le groupe. L’intro est déjà singulière, avec ses samples étranges et sa ligne de basse en toute légèreté. Elle est suivie d'un solo très inspiré sur fond de rythmique rageuse et d'harmonies soignées. Puis accélérations passagères tout en retenue et accords tranchants traduisent le bouillonnement d’une colère sourde mais maîtrisée. Le refrain, ainsi que le second solo, libèrent le trop plein de pression accumulée, à entendre la voix rauque, presque cassée de Chris Astley. La conclusion, désabusée, laisse finalement une sensation d'apaisement inachevé. Une perle, dont on comprend volontiers que chaque membre du groupe y voit la meilleure pièce de toute sa discographie.

Les titres suivent pour la plupart cette construction sinueuse et torturée, ce qui ne manque pas, à froid, de donner le tournis. « Human Conditions », « False Ideals », « Bitter End » ou « Kept in the Dark », autant d’intitulés ne respirant pas vraiment la joie de vivre, regorgent de trouvailles dont la mélodie nous plonge aussitôt dans une ambiance sombre et pessimiste, puis trotte immédiatement dans la tête avant d’être bousculée par la suivante.

Pourtant, cette démarche ne nuit pas à la puissance de XENTRIX, car les morceaux contiennent leur lot de riffs frénétiques (gaffe à la tendinite, les gars) qui donnent envie de déménager le buffet du salon dès qu’ils déboulent. Elle en affecte par contre la violence, qui s’extériorise de façon plus éparse, voire plus feutrée en raison d’une production moins agressive et d’un chant plus sec, aux intonations moins variées. On retrouvera quand même avec plaisir des traces épaisses de la brutalité véloce et directe de "Shattered Existence", sur le brûlot Heavy Speed « Desperate Remedies » et le Thrash implacable de « Black Embrace ».

Seul deux titres dérogent à la règle générale. « New Beginnings », court instrumental acoustique du plus bel effet mélancolique, et « Running White Faced City Boy », une reprise de GILLAN, qui donne grosso modo un Heavy Rock à la RAINBOW abrasé à la toile émeri. De quoi néanmoins conclure sur une note plus légère.

Déroutant à la première écoute, l’album ne donne jamais l’impression d’un éparpillement incohérent et semble, au contraire, bien plus homogène que le précédent. Celui-ci nous plaçait, certes, presto en orbite avec ses trois premiers titres, avant que le bazar ne perde quelques boulons par la suite. "For Whose Advantage ?" a besoin de plus de piste pour décoller, tant la poussée qu’il fait ressentir encourage à découvrir progressivement toutes ses subtilités. Un disque qui demande donc à être apprivoisé, au terme d’une approche patiente. Sans doute l’album le plus recherché de XENTRIX, qui pourra peut-être en laisser certains dubitatifs. Ils se consoleront avec les six titres de l’EP "Dilute to Taste" (incluant la fameuse reprise déjantée de « Ghostbusters »)qui sont intégrés à la réédition CD.

On peut comprendre que le groupe soit sorti exsangue d’un tel exercice, car le suivant, "Kin", sans être mauvais, n’aura pas la même vigueur. A noter que le line-up originel s’est reformé en 2006, à l'occasion de deux petits concerts locaux, tout en annonçant qu’il n’avait pas l’intention de reprendre l’aventure pour de bon. Quelques extraits disponibles sur le net laissent pourtant deviner un entrain proche de celui de 1990.

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   SHUB-NIGGURATH

 
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- Chris Astley (chant & guitare rythmique)
- Kristian Havard (guitare)
- Paul Mackenzie (basse)
- Dennis Gasser (batterie)


1. Questions
2. For Whose Advantage ?
3. The Human Condition
4. False Ideals
5. The Bitter End
6. New Beginnings
7. Desperate Remedies
8. Kept In The Dark
9. Black Embrace
10. Running White Faced City Boy



             



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